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La plupart des réacteurs nucléaires ont été conçus et construits pour utiliser des combustibles à l'uranium. Lors de sa combustion, le MOX atteint une température et une activité supérieure à celles des combustibles normaux à l'uranium, ce qui réduit la sûreté des réacteurs qui en utilisent et accroît les risques d'accidents nucléaires. Un réacteur "moxé" est donc un réacteur moins sûr !
Selon une étude récente du Nuclear Control Institute, un accident grave dans une centrale nucléaire causerait deux fois plus de morts par cancer si les réacteurs utilisaient un quart de coeur de MOX plutôt qu'un coeur uniquement composé de combustible à l'uranium faiblement enrichi*.
En plus de poser des problèmes de sûreté au niveau des réacteurs, la radioactivité supérieure du combustible au plutonium entraîne des risques sanitaires plus importants pour les travailleurs impliqués dans sa production. Les mesures supplémentaires devant être prises pour réduire l'exposition des travailleurs aux radiations rend la production de MOX plus coûteuse que celle des combustibles normaux à l'uranium.
En France, 20 réacteurs peuvent utiliser du MOX. Cette utilisation de combustible MOX est contesté même au sein d'EDF. La Suisse, l'Allemagne, la Belgique ont aussi commencé à utiliser du MOX dans certains de leurs réacteurs. Le Japon est le seul autre pays projetant d'utiliser du combustible MOX au plutonium.
Si ces pays veulent utiliser du MOX, il faut y voir une tentative désespérée de donner l'impression de savoir quoi faire du plutonium tiré du retraitement. Les stocks de plutonium séparé issus du retraitement ne cessent de grossir. Le seul moyen d'arrêter la croissance des stocks de plutonium séparé est de mettre fin au retraitement.
Le combustible MOX usé est beaucoup plus radioactif et chaud que les combustibles usés normaux, ce qui accroît les problèmes de gestion des déchets hautement radioactifs.
La folie des transport de plutonium
L'utilisation du MOX dans les réacteurs nucléaires nécessite le transport de plutonium (sous forme d'oxyde) et de MOX frais sur de longues distances. En France ces transports engendrent un véritable trafic de plutonium entre l'usine Cogema de La Hague et l'usine de fabrication de MOX, Melox dans le Gard, de même qu'un flux important de MOX frais entre cette même usine Melox et les centrales "moxées".
Ces transports qui traversent la France de part en part constitue une véritable menace pour les populations traversées. Les risques de contaminations d'une région suite à un accident ou pire à un acte terroriste ne sont pas de simple vu de l'esprit comme le confirme les récentes déclarations de terroristes. De telle contamination aurait un impact environnementale et sanitaire catastrophique sachant que les transports traversent des zones fortement peuplées comme la banlieue de Lyon et Paris.
Autre risque : la prolifération. Le MOX constitue un risque en matière d'armement nucléaire. Le combustible MOX "frais" (non-irradié) est classé comme "matière utilisable en armement".
Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), 4 à 5 fois moins de temps sont nécessaires pour transformer le plutonium contenu dans du MOX frais en composant pour arme nucléaire que le plutonium "piégé" dans les combustibles usés.
Temps estimé nécessaire pour convertir diverses formes de plutonium en composants métalliques pouvant servir à la préparation d'armes nucléaires
Matière d'origine / Temps de conversion
- Plutonium métallique => 7 à 10 jours
- PuO2, Pu(NO3)4 ou autre composé de plutonium pur => 1 semaine
- Mélanges purs non-irradiés avec du plutonium (MOX par ex.) => 2 semaines
- Plutonium dans les déchets ou dans divers composés non-purs => 3 semaines
- Plutonium dans les combustibles nucléaires usés => 1 à 3 mois
Source: AIEA : Glossaire du contrôle des matières nucléaires de l'AIEA, Vienne 1987
* LYMAN Edwin S., "Comments on the criteria for the storage and disposal of immobilized plutonium". Intervention lors de la Conférence ISIS sur les stocks civils de plutonium séparé ("Civil Separated Plutonium Stocks – Planning for the Future"), 14-15 mars 2000.