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Le 'Pacific Teal', bateau de transport de plutonium, quitte Barrow 
Lock à destination de Cherbourg.

Le 'Pacific Teal', bateau de transport de plutonium, quitte Barrow Lock à destination de Cherbourg.

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Le retraitement est l'une des causes principales des transports nucléaires et surtout de matières hautement radioactives sur de longues distances. Pour arriver jusqu'à La Hague ou Sellafield, en Grande-Bretagne, ces matières extrêmement dangereuses traversent des continents entiers quand ce n'est pas la Terre entière et ce, au mépris de la contestation de nombreux pays soucieux des risques sanitaires et environnementaux. Areva et sa filiale la compagnie du commerce de plutonium Cogema qui exploite les usines de La Hague, compte en effet parmi ces pays clients, des pays européens, mais aussi le Japon et l'Australie !

Des transports nucléaires en tout genre

De l'usine de La Hague sortent et entrent tous les jours des matières nucléaires parmi les plus dangereuses au monde : combustibles irradiés, déchets vitrifiés hautement radioactifs, plutonium usé ou frais… Rien que pour les réacteurs français, 1200 tonnes de combustibles usées sont transportés à La Hague chaque année, soit environ deux transports par jours. Un seul wagon de transport de combustibles usés contient presque 10% de l'inventaire radioactif d'une centrale nucléaire soit des millions de milliards de becquerels !
Ces matières nucléaires sont transportées sous de nombreuses formes physiques (poudres, liquides vitrifiés, assemblages métalliques...) et utilisent aussi bien les trains que les camions ou les cargos.

Danger rime avec opacité

Les transports de matières si dangereuses ne sont pas sans risques. Pourtant, c'est seulement en octobre 1999 qu'a été créé un groupe permanent d'experts pour évaluer les risques - énormes - de ces transports. Le système de protection actuel se base uniquement sur la sûreté du conditionnement, c'est à dire des conteneurs (Castor ou château). Les industriels mettent en avant l'exceptionnelle résistance de ceux-ci, qui pèsent parfois plusieurs dizaines de tonnes de plomb et d'acier, et qui sont testés sur des scénarios d'accident. Cette approche unique est insuffisante. Les scénarios statistiquement rares ont été éliminés, alors que certains indiquent que des rejets radioactifs auraient lieu. De plus, d'autres facteurs sont négligés comme l'état du réseau ferroviaire emprunté, la formation et l'information des personnels affectés et des autorités locales qui devront réagir face à une situation d'urgence, et plus généralement toutes les négligences qui jalonnent le parcours d'un convoi. Au lieu de cela, pour camoufler le danger couru par les populations traversées, les déchets sont transportés dans la plus grande opacité et dans l'ignorance la plus totale. Même les autorités locales sont mal informées quand elles le sont, pourtant se sont elles qui doivent réagir en premier en cas d'accident. Il suffit de voir des agents des forces de l'ordre se tenir à quelques centimètres des châteaux (alors qu'en Allemagne, consigne leur est donnée de ne pas s'approcher à moins de sept mètres !) pour comprendre le manque de formation et d'information.

Le système de sûreté des transports nucléaires est basé sur une approche déterministe tenant plus compte des aspects économiques que de sûreté. Divers scénarios négligés, comme la collision avec un transport d'hydrocarbure ou le naufrage en mer, indiquent que des rejets radioactifs auraient lieu. La dispersion d'un gramme de plutonium en zone urbaine obligerait à évacuer des milliers de personnes.

A ce titre, l'affaire des conteneurs contaminés illustre parfaitement la volonté de secret qui entoure les transports de déchets nucléaires. En mai 1998 éclatait en France un scandale nucléaire exemplaire. Depuis plus de dix ans un fort pourcentage des conteneurs et des wagons servant au transport des combustibles usés issus de centrales françaises, allemandes, suisses ou belges étaient contaminés. L'affaire, tenue secrète par les exploitants nucléaires, n'a été rendue publique que grâce à l'intervention d'experts indépendants et de la presse. Tous les transports de combustibles usés étaient par la suite stoppés, même en France, M. Jospin allant même jusqu'à promettre à cette occasion la sortie rapide d'une loi sur la transparence nucléaire. Les transports ont repris en France quelques mois plus tard mais on attends toujours la loi...

Du plutonium autour du monde

En mettant en circulation du plutonium à travers le monde, le retraitement est de plus la source principale de risque de prolifération d'armes nucléaires militaires ou terroristes.

Stop au trafic de déchets nucléaires

Greenpeace agit sur le terrain pour dénoncer ce trafic dangereux. Sur terre comme sur mer nous tentons d'interpeller l'opinion et les pouvoirs publics pour informer les populations mais aussi les Etats sur les transports nucléaires qui les traversent ou les longent, et les risques qu'ils encourent. Depuis la reprise des transports de déchets nucléaires avec l'Allemagne en mars 2001, Greenpeace avec le réseau "Sortir du Nucléaire" a mis en place un site internet donnant en ligne les horaires et les itinéraires des transports intra-européens. Ce site a pour vocation d'informer le public mais aussi de lui donner les moyens d'agir pour s'opposer à ce dangereux trafic qu'on lui impose.