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Ni nom, ni drapeau... La côte ouest africaine est écumée par les bateaux de pêches pirates.
AgrandirOn regroupe sous le terme "pêches pirates" deux types de pratiques:
- les pêcheries "illégales" qui violent la législation nationale en vigueur à l'intérieur de la ZEE d'un Etat côtier
- les pêcheries "incontrôlées" en ZEE ou en haute mer, conduites sans autorisation de l'organisme régional de pêche, la CCAMLR.
Dans les mes australes...
C'est une armada de navires illégaux de pêche industrielle qui a envahi l'océan austral pour braconner des milliers de tonnes d'une espèce de poisson de fond connu sous le nom de légine australe (Dissostichus eleginoides). Ce poisson est principalement commercialisé au Japon où il peut atteindre des prix de vente très élevés, mais aussi aux Etats-Unis et en Europe. On estime qu'une légine sur deux, vendue sur les marchés locaux ou internationaux, a été pêchée illégalement par des palangriers pirates. Les scientifiques estiment que la population de légine dans l'Océan Austral sera éteinte commercialement dans moins de trois ans.
Les pêcheurs qui braconnent la légine se livrent à de véritables actes de piraterie bravant ainsi les lois internationales qui réglementent les activités maritimes. Lors de leurs exactions, ces pirates des temps modernes dissimulent par tous les moyens possibles leur identité et celle de leur bateau. Ils n'hésitent pas à naviguer sans pavillon au risque d'être poursuivis et arrêtés en pleine mer ou à leur arrivée au port, pour acte de piraterie, par les autorités locales. Véritable plaque tournante, Port Louis sur l'île Maurice alimente les marchés internationaux de légine prélevée illégalement dans les mers australes. Il n'est pas rare d'y voir accostés des navires sous pavillon de complaisance déjà poursuivis pour activités de pêche incontrôlée.
Dans l'Atlantique...
Des sociétés de pêche, notamment coréennes et taiwanaises, naviguent sous pavillon de complaisance (Honduras, Sierra Léone, Côte d'ivoire, Libye...) et braconnent une espèce très prisée sur les marchés japonais: le thon rouge. Elles opèrent dans la plus grande zone de reproduction de cette espèce de thon, le Golfe de Biscaye. La technique de pêche est la même que celle utilisée en Antarctique, à savoir la palangre, longue ligne armée de milliers d'hameçons déroulée sur parfois 100 kilomètres. Durant ces opérations de pêches incontrôlées, des requins et des tortues de mer sont capturés et rejetés morts. L'organisme régional de gestion des pêches, la Convention pour la Conservation du Thon Atlantique (ICCAT), montre ses défaillances en ce qui concerne l'évaluation des taux admissibles de captures et le respect des mesures de protection et de conservation.
Prises accessoires
Au cours de leurs activités de pêche illégale, les pirates ne respectent pas les mesures et les règles de prévention visant à éviter les prises accessoires d'oiseaux de mers. Chaque année, environ 100 000 albatros meurent noyés au bout des hameçons en voulant manger les appâts.