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Paysans boliviens et leur récolte de pommes de terre

Paysans boliviens et leur récolte de pommes de terre

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A l'occasion du "Sommet mondial de l'alimentation, cinq ans après", qui se tenait du 10 au 13 juin 2002 à Rome, sous les auspices de l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Greenpeace a effectué une tournée d'information dans une dizaine de villes françaises sur le thème : les OGM sont-ils une solution à la faim dans le monde ?

La faim dans le monde est en effet le thème qu'ont choisi d'exploiter les firmes agrochimiques pour redorer le blason des OGM et surmonter la résistance des consommateurs européens. Il est urgent d'expliquer et de dénoncer cette manipulation médiatique si l'on ne veut pas que ce Sommet aboutisse à un catalogue de grandes déclarations et à un permis de polluer pour l'industrie agrochimique.

Malgré l'augmentation de la production alimentaire de ces trente dernières années, malgré les engagements de la communauté internationale lors du premier Sommet Mondial de l'Alimentation en 1996, 800 millions de personnes dans le monde souffre toujours de la faim. Les conflits armés, la répartition inégale des ressources et la pauvreté, premières causes de malnutrition, n'ont guère régressé. Les " solutions " mises en œuvre jusqu'à présent pour mettre fin à cette situation ont surtout profité au secteur agro-industriel. Prétendre que la planète ne pourra se nourrir qu'en généralisant l'agriculture industrielle des pays du Nord ou à la seule condition que les firmes agrochimiques soient autorisées à disséminer leurs OGM, constitue une dangereuse supercherie. La libéralisation des marchés agricoles, imposée aux pays du Sud depuis les années 1980 par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, a favorisé l'instabilité de ces marchés et a considérablement déstabilisé les filières locales de production. Malgré un bilan négatif, cette pression à la libéralisation s'est encore accrue depuis la signature, en 1994, de l'Accord agricole à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Pendant ce temps-là, les Etats-Unis et l'Europe continuent de subventionner massivement leur agriculture et d'exporter leurs excédents.

Il faut au contraire permettre aux petits paysans du Sud, qui constituent les trois-quarts des malnourris, de mettre en oeuvre des pratiques agricoles adaptées à leur milieu, viables sur le long terme, et qui ne les rendent pas dépendants des firmes agrochimiques. L'agriculture durable a déjà permis à des centaines de communautés villageoises d'assurer leur sécurité alimentaire grâce à des méthodes qui préservent la biodiversité et la diversité des cultures, sans faire appel à de coûteux engrais ou pesticides. L'étude commandée par Greenpeace à l'Université d'Essex révèle par exemple plus de 200 projets d'agriculture durable et productive, qui ont entraîné une réelle amélioration des conditions de vie des habitants.

L'initiative de ces projets revient souvent aux habitants eux-mêmes. Encourager l'agriculture durable suppose que chaque pays soit libre de se protéger de la concurrence déloyale des pays du Nord et libre de mettre en oeuvre la politique agricole de son choix. Nous irons donc à la rencontre du public pour expliquer les enjeux de ce nouveau Sommet Mondial de l'Alimentation et rappeler la nécessité d'encourager des formes durables d'agriculture. Greenpeace sera également présent lors du Sommet à Rome, où nous demanderons aux chefs d'Etat présents de reconnaître le droit de chaque pays de choisir un type d'agriculture adapté aux besoins de sa population, et d'interdire, au niveau international, toute forme de dumping économique, social et écologique.