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POP : transmission de la mère au foetus et au nourrisson.

POP : transmission de la mère au foetus et au nourrisson.

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Les substances chimiques de synthèse (c'est-à-dire de fabrication industrielle) sont omniprésentes dans notre environnement. Libérées au cours des opérations de production industrielle, ou par l'usage et l'usure des biens de consommation, ou encore lors de l'élimination des déchets et des eaux usées, elles ont envahi tous les compartiments environnementaux, nappes phréatiques et cours d'eau, atmosphère, sols et sous-sols, jusqu'aux plus reculés comme les océans, les zones arctiques ou les sommets alpins.

Certaines substances comme les métaux lourds et les polluants organiques persistants ont tendance à s'accumuler dans les sédiments et les tissus végétaux et animaux empoisonnant ainsi l'ensemble de la chaîne alimentaire jusqu'à l'homme. On peut ainsi détecter plusieurs centaines de molécules chimiques différentes dans les parties adipeuses du corps humain. Les plus persistantes y séjournent plusieurs années voire toute une vie et sont transférées directement d'une génération à l'autre par la contamination du fœtus ou lors de l'allaitement du nourrisson. Or ces substances chimiques sont susceptibles d'exercer des effets toxiques à long terme à des doses d'exposition très faibles : cancers, mutations cellulaires, troubles de la reproduction, perturbations de la régulation hormonale. Il ne fait aujourd'hui plus de doutes que l'exposition environnementale aux substances chimiques contribuent à la recrudescence des cancers prématurés et à la baisse spectaculaire de la qualité du sperme observée en Europe depuis 20 ans. On peut donc parler de véritable crise toxique à l'échelle mondiale.

Deux facteurs contribuent à alimenter la crise toxique. D'une part, une mauvaise gestion de la matière, symptomatique de notre civilisation industrielle immature et de la société de consommation, engendrant pollutions et gaspillages. D'autre part, l'absence de connaissances et de compréhension (doublée aussi d'une absence de responsabilité) sur les conséquences de la commercialisation massive de milliers de substances chimiques de fabrication humaine. Sur le marché européen circulent environ 100 000 substances différentes dans des quantités supérieures à une tonne par an, dont 30 000 produites en Europe. Des données sanitaires et environnementales complètes sur leurs effets chroniques (à long terme) ne sont disponibles que pour à peine une centaine d'entre elles.

Par ailleurs, lorsqu'un problème sanitaire apparaît, la victime doit porter la charge de la preuve ; c'est à dire qu'il lui incombe de démontrer que, par exemple, son cancer est bien le résultat d'une exposition à telle ou telle substance. La plupart du temps, cette démonstration est impossible, trop compliquée ou trop coûteuse à faire. L'industrie responsable n'est jamais inquiétée sauf en rares cas, reconnus officiellement, comme c'est le cas aujourd'hui partiellement pour les impacts sanitaires de l'amiante. Il s'en suit alors de lourdes procédures judiciaires pour obtenir réparation des préjudices occasionnées.

Les autorités sanitaires et environnementales, quant à elles, estiment qu'une action préventive ou réparatrice ne peut être engagée qu'à la suite d'une longue et complexe évaluation des risques. Cette évaluation des risques se heurte à l'absence de données fiables et le système se mord la queue. Les mécanismes d'exposition aux substances chimiques sont très difficiles à établir et sont parfois imprévisibles. De nombreux polluants dangereux, à l'instar des dioxines, semblent ne même pas présenter de seuils de toxicité, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de "dose acceptable". Encore faut-il considérer, même en l'absence d'effets toxiques, qu'il est acceptable de laisser des substances synthétiques s'accumuler dans notre corps ou notre environnement.

Nous avons le droit de vivre et de travailler dans un environnement sain. Nos enfant ont le droit de naître et de grandir sans être soumis dès le stade foetal à ces expositions multiples.