Skip navigation.
Représentants de Greenpeace et membres de l'Institut de zoologie et de 
limnologie de l'Université d'Innsbruck effectuent des prélèvements 
dans le lac de Schwarzsee Ob Sölden pour analyses.

Représentants de Greenpeace et membres de l'Institut de zoologie et de limnologie de l'Université d'Innsbruck effectuent des prélèvements dans le lac de Schwarzsee Ob Sölden pour analyses.

Agrandir

POP est l'abréviation pour Polluant Organique Persistant. C'est une molécule organique - c'est à dire une molécule dont la structure de base repose sur une combinaison d'atomes de carbone et d'hydrogène - dont la dissémination dans l'environnement est devenue problématique du fait de propriétés particulières : faible biodégradabilité (persistance), effets toxiques à très faible dose, capacité à s'accumuler dans la chaîne alimentaire (bioaccumulation). Ce caractère persistant couplé à une certaine volatilité explique qu'on puisse retrouver des POP très loin de leurs lieux d'émission, transportés par les courants marins ou atmosphériques ; ce qui fait de l'élimination des sources de POP un enjeu d'échelle mondiale.

Quelques POP célèbres
Les dioxines demeurent les plus connus des POP, célébrité tragiquement acquise lors de l'explosion d'un réacteur dans l'usine chimique italienne Hofmann - Laroche de Seveso. Cet accident survenu en 1976 devait être à l'origine de toute la réglementation actuelle en matière de sécurité industrielle. Le vocable "dioxines" recouvre un grand nombre de molécules similaires et, par extension, on l'utilise aussi pour désigner les furanes et les PCB qui se forment par les mêmes mécanismes. En France, les principales sources de dioxines sont l'incinération des déchets et l'industrie métallurgique (qui n'est soumise à aucune norme d'émission sur les dioxines). De manière générale, toute opération qui met en oeuvre de la matière organique et du chlore est susceptible d'en produire.

Les PCB furent également fabriqués intentionnellement. Sous le nom de pyralènes, ils servaient de produits ignifuges pour les transformateurs électriques. Extrêmement stables, les PCB se sont érigés en quelques décennies au titre d'ennemi environnemental numéro 1 après qu'on ait découvert les impacts de leur large dissémination dans les lacs et les océans. Un incendie survenu à Reims en 1983 et ses conséquences sanitaires, en particulier sur l'équipe d'intervention, devait persuader la France d'interdire l'usage des PCB dans les transformateurs en plusieurs étapes. Les opérations de décontamination sont encore en cours.

On peut citer, parmi les pesticides organochlorés, le DDT, cet insecticide miracle des années 50 encore utilisé en Afrique dans la lutte anti-malaria malgré une persistance et une toxicité dénoncées dès 1962 par Rachel Carson dans son "Printemps Silencieux". Le lindane est un autre de ces pesticides organochlorés qui, en dépit, de son interdiction en usage agricole peine à disparaître du paysage chimique français et international.

Les HAP, ou hydrocarbures aromatiques polycycliques, constituent une famille de POP, hautement cancérigènes pour certains, dont les émissions sont particulièrement difficiles à maîtriser de par la multiplicité des sources : gaz d'échappement des automobiles, fumées d'incinérateurs, en fait, toute combustion incomplète. Nous avons hérité, au démantèlement des anciennes cokeries et usines à gaz, de nombreuses friches industrielles aux sols pollués par des goudrons riches en HAP.

Exposition aux POP
L'alimentation constitue la principale voie de contamination pour la moyenne de la population ; on estime par exemple en France que l'alimentation fournit 90 à 95% de l'exposition aux dioxines.

D'autres formes de contamination peuvent atteindre des niveaux importants pour les populations les plus exposées : travailleurs des exploitations agricoles (pesticides), des usines chimiques et de l'incinération (dioxines) et populations riveraines de ces activités.

Impacts des POP sur la santé des êtres vivants
Les scientifiques ont pu associer l'exposition aux POP avec un large éventail d'impacts sur la santé des êtres vivants. Toutes les substances chimiques possèdent une toxicité directe dite toxicité aiguë. Cette toxicité, illustrée par les catastrophes industrielles de Bhopal (1984) ou de Seveso (1976), se manifeste aussitôt après une surexposition par divers types de troubles (cutanés, gastriques, nerveux, hépatiques,...) voire le décès (2500 morts en quelques heures à Bhopal).

Les effets à long terme (toxicité chronique) d'exposition à des doses infimes de POP sont plus pernicieux parce qu'ils se déclenchent avec retard et que l'évaluation scientifique se heurte aux intérêts industriels : effets cancérigènes, atteinte à la fertilité, perturbation des systèmes nerveux et immunitaire, perturbation du système endocrinien (système de régulation des hormones).

POP et traités internationaux
Plusieurs traités internationaux visent un ou plusieurs POP à l'échelle régionale ou globale, selon différentes approches.

La convention de l'OMI sur les peintures contenant du TBT et autres composés organostanniques ne réglementera ces produits que pour une application précise.

A l'image de la Convention OSPAR pour la protection de l'Atlantique Nord-Est, la Convention de Barcelone pour la protection de la Méditerranée désigne, famille par famille, les substances prioritaires (dont des POP) pour la cessation des rejets.

La récente Convention POP de Stockholm, au-delà de sa première étape d'interdiction des pesticides organochlorés, constitue le premier outil international qui permettra de s'attaquer à un ensemble de substances chimiques d'après leurs propriétés communes, en l'occurrence, la persistance, la bioaccumulation et la toxicité CMR (Cancérigène, Mutagène, toxique à la Reproduction).