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Les poissons prélevés dans le lac Schwarzsee Ob Sölden ont montré une 
contamination par les polluants organiques persistants et les 
perturbateurs endocriniens

Les poissons prélevés dans le lac Schwarzsee Ob Sölden ont montré une contamination par les polluants organiques persistants et les perturbateurs endocriniens

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Une étude de Greenpeace indique la présence de nouveaux polluants persistants dans les Alpes Greenpeace a fait analyser les concentrations de six polluants organiques persistants dans des poissons pêchés dans le lac de Scharzsee ob Sölden, situé à une altitude de 2 800 mètres dans les Alpes autrichiennes. Il s'agit du lac le plus élevé d'Europe dans lequel on trouve encore des poissons. Il est très éloigné de toute source de pollution et ne reçoit ses eaux que des sommets montagneux environnants. L'intégralité des polluants ne peut y parvenir que par voie atmosphérique.

C'est la première fois que les concentrations de "nouveaux" polluants persistants (paraffines chlorées, phtalates et retardateurs de flamme bromés) ont été mesurées dans des poissons (omble chevalier, salvelinus alpinus) pêchés dans un lac de haute montagne. Des POP "historiques" organochlorés tels que les PCB, le toxaphène, et les dioxines et furanes ont également été identifiés. Certains polluants avaient des concentrations s'élevant jusqu'à 911 microgrammes par kilogramme de matière grasse (l'équivalent de 82 microgrammes par kilogramme de poisson frais).

Des études sur les mêmes poissons menées en 2001 dans le cadre du projet scientifique européen "MOLAR" (Mountain Lake Research) indiquent également une pollution importante par les polluants persistants "historiques" (DDT, DDE, HCH, HCB et autres PCB). Des poissons et des sédiments prélevés dans un total de 19 lacs de montagne en Europe ont été analysés dans le cadre de ce projet européen. Une corrélation importante a été mise en évidence : les concentrations en polluants persistants dans les lacs augmentent visiblement avec l'altitude et la baisse des températures. Les toxines polluent plus les sommets élevés et reculés que les zones d'altitude moyenne. Une corrélation identique a également été mise en évidence dans les montagnes rocheuses d'Amérique du Nord lors de la mesure des concentrations de polluants persistants dans les neiges.

La contamination de la zone Arctique (faune et populations) par les polluants organiques persistants est un phénomène largement documenté. Dans les Alpes, les concentrations en paraffines chlorées et en dioxines/furanes dans les poissons étudiés par Greenpeace étaient plus élevées que celles mesurées dans des poissons similaires pêchés en Arctique. Les concentrations en PBDE (retardateurs de flamme), en toxaphène et en PCB étaient plus faibles.

Les animaux des zones de haute montagne sont en danger
Certaines des substances détectées, PBDE, phtalates, DDT, PCB et dioxines, peuvent perturber les systèmes hormonaux des animaux et affecter leur reproduction. Certaines peuvent également affecter le système immunitaire, provoquer des cancers et affecter les fonctions d'autres organes.

La distillation globale envoie des toxines dans les zones de haute montagne et les régions polaires
La pollution des zones de haute montagne par des polluants persistants est due, comme pour l'Arctique, avant tout au phénomène de "distillation globale" caractéristique de ces substances semi-volatiles. Les preuves d'une contamination similaire des zones de haute montagne (et des réserves d'eau et de la faune locale) par des polluants persistants sont relativement récentes. D'autres recherches scientifiques menées dans divers lieux reculés des Alpes indiquent qu'une multitude de polluants persistants se déposent également dans les plantes et les tapis forestiers. D'après ce que l'on peut déduire de la composition des polluants présents, ces substances sont à la fois originaires de la région alpine et de régions plus éloignées, d'où elles sont transportées sur de longues distances au-delà des frontières. Ces études confirment aussi l'augmentation des concentrations avec l'altitude, les plus fortes se trouvant non pas dans les vallées mais au sommet des montagnes. Les marmottes vivant dans les pâturages alpins sont également contaminées par des polluants persistants. Si aucune mesure n'est prise pour éliminer les rejets de polluants persistants, il est à craindre que leurs concentrations ne cessent d'augmenter.

Les mesures qui s'imposent
Les découvertes présentées dans ce rapport indiquent qu'une nouvelle génération de POP est en train d'être dispersée à travers la planète pour s'accumuler jusque dans des zones éloignées des grandes agglomérations et des industries, auxquelles on associe à tort un air pur. Ces substances chimiques ont échappé à tout contrôle. Elles doivent être considérées comme des polluants persistants par la Convention POP du PNUE et être soumise à l'interdiction mondiale qui pèse sur les POP. Jusqu'à présent, seuls douze polluants persistants traditionnels (dix pesticides, les PCB et les dioxines/furanes) ont fait l'objet de telles mesures.

Les "nouveaux" polluants persistants ne sont soumis à aucun contrôle, ou très peu. L'industrie chimique les produit à grande échelle et les utilise dans la composition de nombreux produits industriels et de consommation courante. Il est nécessaire d'obtenir de toute urgence l'interdiction mondiale de tous les polluants persistants et l'introduction d'une obligation d'autorisation pour les substances chimiques dangereuses dans le cadre de la législation européenne sur les substances chimiques. De plus, pour l'écrasante majorité des quelques 30 000 substances chimiques mises sur le marché de l'Union européenne, l'évaluation de leur persistance dans l'environnement, de leur capacité de bioaccumulation, et de leur toxicité, est inexistante. La nouvelle législation européenne sur les polluants persistants doit faire en sorte que les données sur ces substances soient rendues accessibles sans délai et qu'elles conduisent, si nécessaire, à des procédures d'autorisation. Le principe "Pas de données, pas de marché" devrait s'appliquer à toutes les substances sur lesquelles l'industrie ne fournit pas d'informations (voir aussi : Sortir de la crise toxique" et La réforme chimique européenne).

Dossier PDF : Les polluants persistants : une menace pour la vie alpine