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Les poissons prélevés dans le lac Schwarzsee Ob Sölden ont montré une contamination par les polluants organiques persistants et les perturbateurs endocriniens
AgrandirDes études sur les mêmes poissons menées en 2001 dans le cadre du projet scientifique européen "MOLAR" (Mountain Lake Research) indiquent également une pollution importante par les polluants persistants "historiques" (DDT, DDE, HCH, HCB et autres PCB). Des poissons et des sédiments prélevés dans un total de 19 lacs de montagne en Europe ont été analysés dans le cadre de ce projet européen. Une corrélation importante a été mise en évidence : les concentrations en polluants persistants dans les lacs augmentent visiblement avec l'altitude et la baisse des températures. Les toxines polluent plus les sommets élevés et reculés que les zones d'altitude moyenne. Une corrélation identique a également été mise en évidence dans les montagnes rocheuses d'Amérique du Nord lors de la mesure des concentrations de polluants persistants dans les neiges.
La contamination de la zone Arctique (faune et populations) par les polluants organiques persistants est un phénomène largement documenté. Dans les Alpes, les concentrations en paraffines chlorées et en dioxines/furanes dans les poissons étudiés par Greenpeace étaient plus élevées que celles mesurées dans des poissons similaires pêchés en Arctique. Les concentrations en PBDE (retardateurs de flamme), en toxaphène et en PCB étaient plus faibles.
Les animaux des zones de haute montagne sont en danger
Certaines des substances détectées, PBDE, phtalates, DDT, PCB et
dioxines, peuvent perturber les systèmes hormonaux des animaux et
affecter leur reproduction. Certaines peuvent également affecter le
système immunitaire, provoquer des cancers et affecter les fonctions
d'autres organes.
La distillation globale envoie des toxines dans les zones de haute montagne et les régions polaires
La pollution des zones de haute montagne par des polluants persistants
est due, comme pour l'Arctique, avant tout au phénomène de
"distillation globale" caractéristique de ces substances
semi-volatiles. Les preuves d'une contamination similaire des zones de
haute montagne (et des réserves d'eau et de la faune locale) par des
polluants persistants sont relativement récentes. D'autres recherches
scientifiques menées dans divers lieux reculés des Alpes indiquent
qu'une multitude de polluants persistants se déposent également dans
les plantes et les tapis forestiers. D'après ce que l'on peut déduire
de la composition des polluants présents, ces substances sont à la fois
originaires de la région alpine et de régions plus éloignées, d'où
elles sont transportées sur de longues distances au-delà des
frontières. Ces études confirment aussi l'augmentation des
concentrations avec l'altitude, les plus fortes se trouvant non pas
dans les vallées mais au sommet des montagnes. Les marmottes vivant
dans les pâturages alpins sont également contaminées par des polluants
persistants. Si aucune mesure n'est prise pour éliminer les rejets de
polluants persistants, il est à craindre que leurs concentrations ne
cessent d'augmenter.
Les mesures qui s'imposent
Les découvertes présentées dans ce rapport indiquent qu'une nouvelle
génération de POP est en train d'être dispersée à travers la planète
pour s'accumuler jusque dans des zones éloignées des grandes
agglomérations et des industries, auxquelles on associe à tort un air
pur. Ces substances chimiques ont échappé à tout contrôle. Elles
doivent être considérées comme des polluants persistants par la
Convention POP du PNUE et être soumise à l'interdiction mondiale qui
pèse sur les POP. Jusqu'à présent, seuls douze polluants persistants
traditionnels (dix pesticides, les PCB et les dioxines/furanes) ont
fait l'objet de telles mesures.
Les "nouveaux" polluants persistants ne sont soumis à aucun contrôle, ou très peu. L'industrie chimique les produit à grande échelle et les utilise dans la composition de nombreux produits industriels et de consommation courante. Il est nécessaire d'obtenir de toute urgence l'interdiction mondiale de tous les polluants persistants et l'introduction d'une obligation d'autorisation pour les substances chimiques dangereuses dans le cadre de la législation européenne sur les substances chimiques. De plus, pour l'écrasante majorité des quelques 30 000 substances chimiques mises sur le marché de l'Union européenne, l'évaluation de leur persistance dans l'environnement, de leur capacité de bioaccumulation, et de leur toxicité, est inexistante. La nouvelle législation européenne sur les polluants persistants doit faire en sorte que les données sur ces substances soient rendues accessibles sans délai et qu'elles conduisent, si nécessaire, à des procédures d'autorisation. Le principe "Pas de données, pas de marché" devrait s'appliquer à toutes les substances sur lesquelles l'industrie ne fournit pas d'informations (voir aussi : Sortir de la crise toxique" et La réforme chimique européenne).
Dossier PDF : Les polluants persistants : une menace pour la vie alpine