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Greenpeace effectue des prélèvements de poussières afin de détecter la 
présence de substances chimiques dans notre environnement quotidien

Greenpeace effectue des prélèvements de poussières afin de détecter la présence de substances chimiques dans notre environnement quotidien

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DEPOUSSIERONS l'INDUSTRIE CHIMIQUE ! Lorsque l'on évoque les produits chimiques dans l'environnement domestique, il vient en premier lieu à l'esprit ces préparations chimiques dont nous disposons pour faire le ménage ou la lessive, déboucher l'évier, peindre ou bricoler. Chacun est généralement conscient des dangers de ces produits, voire de leurs effets potentiels sur l'environnement, et peut choisir d'en minimiser l'usage ou de choisir des produits moins nocifs. Mais il existe une facette moins visible de l'exposition chimique domestique.

De nombreux produits de consommation que nous utilisons ou avec lesquels nous sommes en contact, à la maison, au bureau, à l'école, à la crèche, etc. contiennent des additifs chimiques. Ces additifs confèrent des propriétés particulières aux produits que nous achetons : moquette, rideaux, cosmétiques, télévision ou jouets. Par exemple, certains additifs donnent aux plastiques leur caractère flexible, d'autres ignifugent les textiles, empêchent le développement des moisissures, s'attaquent aux acariens ou servent d'agent odorant. Bien entendu, nous ne voyons pas ces substances chimiques. Nous ne suspectons pas non plus leur présence dans les produits que nous utilisons quotidiennement.

Une exposition invisible et quotidienne
Le fait est que de nombreuses substances incorporées dans les biens de consommation sont intrinsèquement dangereuses, c'est-à-dire toxiques pour les mammifères et l'ensemble de la faune, et dénuées de mécanismes naturels de dégradation. De plus, elles ne demeurent pas confinées dans les plastiques, les textiles ou autres matériaux qui les contiennent. Ainsi, tout en rendant les services justifiant leur incorporation, de nombreux additifs constituent également un danger qui, s'il est invisible, n'en est pas moins significatif. Sans que nous en ayons conscience, nous sommes quotidiennement exposés à ces dangers chimiques, à travers l'utilisation des biens de consommation, le contact avec les poussières où s'accumulent les substances et même, dans une certaine mesure, à travers l'air que nous respirons dans l'environnement domestique. En effet si, pour les substances les plus bioaccumulables, l'alimentation constitue la voie majoritaire d'exposition, pour d'autres, la contamination par le contact cutané avec les produits ou par la respiration de l'air ou des poussières domestiques pourrait être autant voire plus significative.

Prélèvements de poussières à travers l'Europe
Greenpeace a donc décidé de défricher ce territoire négligé qu'est l'environnement domestique par le biais d'une étude portant sur les poussières de 50 foyers français. Nous nous attendons à détecter dans ces poussières des substances chimiques parmi les plus préoccupantes.

Au cours de l'année 2000, Greenpeace avait déjà mené une série de prélèvements de poussières dans des locaux parlementaires de plusieurs pays européens. Tous les échantillons avaient révélé la présence de retardateurs de flamme bromés et de composés organoétains, deux familles de substances toxiques, persistantes et bioaccumulables.

Plus récemment, nous avons décidé de renouveler l'opération dans 100 foyers anglais, trois foyers danois, trois foyers finlandais, deux foyers suédois, un foyer espagnol et un foyer français.

Nous avons pu détecter dans cet échantillon-témoin français les composés suivants entre autres :
- Des organoétains, comme le très toxique TBT, un composé dont Greenpeace avait obtenu l'interdiction d'usage dans les peintures marines ;
- Du nonylphénol, un perturbateur du système hormonal capable de forcer la féminisation des poissons ;
- Des phtalates dont les DEHP et DiNP, classés "toxiques pour la reproduction"

Au cours du mois de mai 2003, cette étude sera étendue à 50 nouveaux foyers français et 50 foyers espagnols. Répartis sur 5 villes (Paris, Nantes, Lille, Lyon, Toulouse), les foyers ont été recrutés sur la base d'un appel à volontaires. Les poussières sont récoltées par des bénévoles des groupes locaux de Greenpeace à l'aide d'un aspirateur muni d'un sac vierge pour chaque foyer.

Dépoussiérer l'industrie chimique
En passant l'aspirateur chez les gens, c'est surtout l'industrie chimique que Greenpeace veut dépoussiérer. Il est vital de garantir la sûreté d'utilisation des biens de consommation et, pour ce faire, l'absence de substances chimiques dangereuses dans ces produits. La protection contre les incendies, qui justifient communément l'usage des retardateurs de flamme bromés ou chlorés, peut déjà être assurée par l'utilisation d'alternatives moins dangereuses, y compris par l'utilisation de matériaux différents ou un changement dans la conception qui rendent les produits moins inflammables. De plus, de nombreux dangers chimiques domestiques pourraient être évités par l'utilisation d'alternatives plus sûres et plus soutenables que le plastique PVC, une source de phtalates, d'organoétains et d'autres additifs dangereux. De telles alternatives sont déjà disponibles pour tous les usages domestiques de produits en PVC.

En 2003, l'Union européenne a l'occasion d'agir de façon décisive et efficace pour résoudre la crise chimique et prévenir cette exposition domestique aux substances chimiques. La Commission et le Parlement ont déjà dressé le constat de la situation et mesuré l'urgence de sa résolution. Face à une industrie chimique partagée entre immobilisme frileux et irresponsabilité assumée, les instances européennes doivent tenir le cap et incorporer dans la législation en cours d'élaboration une exigence de substitution des additifs dangereux par des alternatives sûres. Il n'y a pas d'autre moyen d'assurer la sécurité sanitaire dans l'environnement domestique.