La quantité de produits électroniques mis au rebut dans le monde a fait un bond ces dernières années. De 20 à 50 millions de tonnes d'e-déchets sont en effet générées à travers le monde chaque année. Ils représentent désormais 5% de la totalité des déchets municipaux solides mondiaux, soit presque autant que les emballages plastiques.
Et les pays développés ne sont pas les seuls consommateurs d'électronique; l'Asie génère également environ 12 millions de tonnes de déchets électroniques chaque année.
Les e-déchets représentent aujourd'hui le secteur du flux de déchets municipaux solides qui croît le plus rapidement. En Europe, par exemple, ils augmentent de 3% à 5% par an, presque trois fois plus rapidement que le flux total des déchets. D'ici 2010, les pays en développement tripleront leur production d'e-déchets. Parmi eux, téléphones portables et ordinateurs constituent le gros du problème puisqu'ils sont remplacés environ tous les 2 ans.
Comment le marché a-t-il évolué ?
Dans les années 90, les gouvernements de l'UE, du Japon et de certains Etats américains ont mis en place des systèmes de recyclage des e déchets. Incapable de gérer les e-déchets (trop de quantité), de nombreux pays ont donc commencé à exporter le problème vers les pays en développement où les lois protégeant les travailleurs et l'environnement sont inadaptées ou inappliquées. De plus, cela revient moins cher. Exemple : le coût de recyclage du verre des écrans d'ordinateurs s'élève à 0,50 USD par livre aux Etats-Unis contre 0,05 USD en Chine.
La demande asiatique de déchets électroniques a commencé à croître lorsque les chantiers de récupération de ferraille ont découvert qu'ils pouvaient extraire des substances de valeur comme du cuivre, du fer, du silicone, du nickel et de l'or pendant le processus de recyclage. Un téléphone portable contient par exemple 19% de cuivre et 8% de fer.(mettre en illustration photos 6380117)
Qu'y a-t-il dans les appareils électroniques ?
Les appareils électroniques sont composés d'un mélange complexe de plusieurs centaines de matériaux dont un grand nombre contiennent des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, béryllium) ainsi que des substances chimiques dangereuses, comme les retardateurs de flamme bromés - polybromodiphényles (polybrominated biphenyls, PBB), éthers diphényliques polybromés (polybrominated diphenylethers, PBDE) et tétrabromobisphénol-A (tetrabromobisphenol-A, TBBPA ou TBBA).Un téléphone portable, par exemple, contient de 500 à 1000 composants.
Ces substances chimiques dangereuses génèrent une forte pollution et des risques sanitaires pour les travailleurs qui les produisent ou les éliminent. L'exposition au plomb et au mercure des enfants et des femmes enceintes est particulièrement préoccupante. Même à faible niveau d'exposition ces métaux sont extrêmement toxiques et peuvent porter atteinte aux enfants et aux fœtus .