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Les filets dérivants
Les murs de la mort. Plongeur de Greenpeace libérant un poisson-lune 
pris dans un filet dérivant japonais.

Les murs de la mort. Plongeur de Greenpeace libérant un poisson-lune pris dans un filet dérivant japonais.

En 1990, le "Rainbow Warrior II" sillonne la mer de Tasmanie, entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie, avec à son bord photographes et plongeurs. Ils prirent les premières photos sous-marines des dégâts occasionnés par les filets dérivants de grande taille. En 12 jours, Greenpeace examina 126km de ces filets sachant qu'ils couvraient une surface de 6000km dans cette zone, où, à l'époque, 44 chalutiers japonais opéraient. Dans ces derniers, destinés à la pêche au thon, l'équipe de Greenpeace trouve évidemment, une multitude d'autres animaux : de nombreux dauphins empêtrés dans les mailles, des makaires rayés, des requins…ils parvinrent à sauver deux poissons-soleil géants ainsi qu'un spécimen rare de cétacé. Une équipe de biologistes marins, sollicitée par Greenpeace, estimait qu'en trois mois de temps, 20 chalutiers utilisant cette méthode de pêche ramassaient 6400 dauphins, 3000 poissons soleil, et 20000 raies de brème. De plus, le thon pêché était très souvent gaspillé ; au moins 10% des prises étaient rejetées en mer par les pêcheurs les jugeant inaptes à la vente.

En juin, le "Rainbow" quitte Hawaï pour contrecarrer les flottes japonaises et coréennes à l'origine du massacre, dans le Pacifique Nord. La campagne durera six semaines. En parallèle, Greenpeace encourage l'opinion publique à réagir en organisant des forums nationaux et internationaux, si bien qu'en 1992, le moratoire sur les filets dérivants de grande taille, adopté précédemment par l'Assemblée Générale des Nations Unies, passera à l'interdiction mondiale. Après de longues années d'un militantisme acharné, cette nouvelle fut une grande satisfaction pour Greenpeace.

Rejets toxiques
En 1999-2000, le "Rainbow Warrior" effectue une importante tournée en Asie pour militer contre les rejets toxiques industriels, en Inde, en Thaïlande, aux Philippines, à Hong-Kong, puis au Japon. La campagne avait pour but de révéler les lieux contaminés par les polluants organiques persistants (POP) et autres produits chimiques, ainsi que de promouvoir, dans un avenir proche, une zone exempte de toute prolifération toxique. En effet, l'industrialisation et la croissance économique, fulgurantes, qui ont fait de l'Asie du Sud-Est une des régions les plus dynamiques du monde, sont par contre à l'origine d'une alarmante pollution des écosystèmes de la région. Usines pétrochimiques ou de destruction des bateaux, fabriques de ciment et exploitations minières… toutes ces industries ne présentent aucun système de sécurité et de contrôle adéquat, permettant de prévenir d'éventuels accidents ou fuites.

En avril 2002, le "Rainbow" navigue le long des côtes japonaises, et fait escale à Hiroshima, Takamastu et Kagawa Préfecture, où le public pourra le visiter. A son bord, l'équipage organise des activités pédagogiques afin de sensibiliser et alerter les populations sur l'impact des substances toxiques sur l'environnement et la santé humaine. Cette tournée aura permis de mettre en évidence plus d'une douzaine de cas de contamination des écosystèmes dans quatre des pays visités par le "Rainbow Warrior".

Importations frauduleuses de bois
Le Rainbow Warrior bloque le MV Honour devant le port de Valence en 
Espagne. Ce navire transporte des grumes issues de la destruction des 
forêts du Cameroun.

Le Rainbow Warrior bloque le MV Honour devant le port de Valence en Espagne. Ce navire transporte des grumes issues de la destruction des forêts du Cameroun.

Le célèbre trois-mâts a également entrepris de nombreuses actions pour sensibiliser l'opinion publique au problème de l'exploitation illégale du bois, qui sévit un peu partout dans le monde. Dans cette optique, à partir de 2002, le "Rainbow Warrior" entame une tournée de la méditerranée afin de mener une succession d'actions contre la déforestation.

En février 2002, le "Rainbow Warrior" est à Sète pour empêcher un navire de décharger ses cargaisons de bois illégaux en provenance du Libéria, et destinées à approvisionner les industries françaises.

En juin 2003, des militants de Greenpeace pénètrent dans le port de Valence en Espagne, à bord du même bateau afin d'intercepter le "MV Honour", un cargo transportant du bois issu des forêts tropicales du Cameroun. Au terme de cette action, le navire de Greenpeace sera retenu par les autorités espagnoles, et libéré à l'unique condition qu'une caution de 300000 euros lui soit versée.

En 2004, le "Rainbow Warrior" poursuit cette camapagne en organisant un Tour d'Indonésie, pays où plus de 90% du bois est coupé, vendu, et souvent exporté illégalement. Un mois durant, les militants de Greenpeace photographient et documentent les exactions commises dans les environs, avec pour objectif d'en apporter aux autorités locales les preuves irréfutables. Le "Greveno", par exemple, transportait du bois coupé illégalement, provenant du Parc National Tanjung Puting. La police, alertée par l'organisation, décidera ensuite de dépêcher des patrouilles sur les lieux : elles saisiront alors, à la grande joie de Greenpeace, un autre cargo, lui, en partance pour le Vietnam, chargé de bois indonésien.

La lutte contre les OGM
De même, en 2004, Greenpeace décide d'intensifier sa campagne concernant les OGM en envoyant sa flotte bloquer des cargos suspectés d'en contenir, dans les ports du monde entier : en Espagne, au Brésil, en Australie…

Au mois d'avril, au Brésil, des militants investissent le "Saturn V", bateau en partance du port de Rio Grande avec un chargement suspecté de contenir du soja contaminé. Pour alerter l'opinion publique, les activistes  inscrivent à la peinture, le message "OGM", sur la coque du cargo. En parallèle, en Australie, le Rainbow Warrior décharge deux tonnes de soja non OGM dans le port de Newcastle, destinées à l'industrie avicole et à son principal représentant, Inghams, afin qu'elle s'engage à utiliser uniquement du soja non OGM. Il entreprend, par ailleurs, de bloquer pendant huit jours un bateau transportant du soja transgénique provenant des Etats-Unis et à destination de Melbourne.

La campagne vise particulièrement le soja, dans la mesure où celui-ci est une denrée agricole très fréquemment utilisée dans l'alimentation humaine et animale, et, également, parce que la moitié du soja produit dans le monde est génétiquement modifié. Durant cette campagne, les trois bateaux de Greenpeace, dont le Rainbow Warrior, arboraient fièrement le message : "le futur est sans OGM".


Le Rainbow Warrior, le plus fameux des bateaux de Greenpeace, reste aujourd'hui encore un précieux instrument permettant à l'association de mener à bien ses campagnes. Il a été impliqué sans exception dans tous les domaines pour lesquels œuvre l'organisation : pour la protection des océans, la préservation des forêts primaires, afin d'enrayer la dissémination des OGMou des substances toxiques dans l'environnement, mettre fin à l'utilisation du nucléaire civil ou militaire générateur de déchets et responsable de la contamination des écosystèmes... Depuis près de 30 ans, il symbolise la volonté pacifiste de l'association de voir les entreprises et les gouvernements se responsabiliser en matière d'environnement, par respect pour le vivant.

Le plastiquage du bateau, cette violence subie par Greenpeace en 1985 qui coûta une vie humaine, n'aura pas entravé cette détermination, bien au contraire. Le "Rainbow Warrior II", tel son prédécesseur, garde pour mission d'intervenir auprès des pollueurs, d'éveiller les consciences, de faire en sorte que les médias alertent l'opinion publique. Les succès remportés par Greenpeace à l'aide de ce bateau, notamment dans les domaines du nucléaire, de la surpêche, des déversements de déchets en mer ou encore des importations illégales de bois, et ce, malgré les interventions musclées des commandos de la marine ou les campagnes visant à déconstruire l'association, sont bien la preuve qu'il est de toute façon "impossible de couler un arc-en-ciel", un bateau né d'un mouvement de paix.

Janvier 2005, Greenpeace apporte son aide à Médecins sans Frontière 
pour l'aide mécicale d'urgence aux victimes du Tsunami.

Janvier 2005, Greenpeace apporte son aide à Médecins sans Frontière pour l'aide mécicale d'urgence aux victimes du Tsunami.

En janvier et février 2005, le principal navire de Greenpeace se trouve au Nord de Sumatra en Indonésie afin de prêter main forte à Médecins Sans Frontières où les deux associations travaillent en binôme. Des vivres, des médicaments, du combustible et des médecins sont acheminés, à l'aide du "Rainbow Warrior", dans des zones difficiles d'accès par les secours et destinés aux victimes du tsunami de décembre 2004. Le vaisseau légendaire de Greenpeace continue sa lutte pour la paix et la sauvegarde de notre planète.

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