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Alors que certains agriculteurs français pourraient cultiver du maïs OGM, d'autres s'inquiètent des risques de contamination, conscients qu'à l'étranger, de nombreux collègues sont déjà victimes de pollution génétique.
Susan et Mark Fitzgerald, agriculteurs du Minnesota, Etats-Unis:"Depuis 17 ans, nous avons pris toutes les précautions imaginables pour garantir le caractère biologique de nos 40 hectares de maïs. Haies pour protéger notre champ, semences garanties 100% bio... Rien n'y a fait. Une partie de nos cultures a été contaminée par le champ d'un voisin qui cultive du maïs Bt. Nous avons perdu près de 30 tonnes de maïs, soit 2000 dollars. Et quand on proteste, personne ne semble comprendre notre problème... On se sent comme David contre Goliath."Rosabel Ballarín Matute, agricultrice et vice-présidente du Comité d'agriculture écologique d'Aragon, Espagne:"Il est évident que l'on ne devrait pas semer de graines transgéniques. Avec elles, on ne respecte ni l'environnement, ni l'agriculture. Je peux fournir à qui le demande mes registres comptables affichant les pertes de rentabilité que j'ai subies suite à la contamination de mes cultures. Désormais, je suis condamnée à vendre mes récoltes à un prix bien inférieur à celui que j'aurais obtenu si je n'avais pas perdu mon agrément bio."Didier Brûlet, éleveur de volailles bio à Coings, près de Châteauroux (Indre):"Je cultive des céréales, du soja et du maïs bio pour nourrir mes volailles. Si quelqu'un sème du soja ou du maïs transgénique dans ma région, mes cultures risquent d'être contaminées. D'abord à cause des abeilles ou du vent qui transportent du pollen. Mais aussi parce que les agriculteurs ne travaillent pas sous cloche ! Nous partageons notre matériel : camions, silos de stockage, machines... Par exemple, pour mes récoltes, j'emprunte la moissonneuse batteuse d'un de mes collègues. Si un voisin plante des OGM, je ne vois pas comment je pourrais protéger mes cultures et garantir à mes clients que mes volailles sont 100% bio, même en prenant le maximum de précautions. Filière OGM et filière non OGM – biologique ou non – ne peuvent coexister : la première va contaminer la seconde. La seule façon d'éliminer tout risque de contamination génétique consiste à... ne pas cultiver d'OGM du tout ! Voilà ce que serait une application stricte du principe de précaution. Aujourd'hui, à propos de la grippe aviaire, l'Etat invoque ce principe et impose aux producteurs de volailles des actions de prévention. C'est très bien. Mais pourquoi faire deux poids deux mesures et ne pas considérer avec le même sérieux le risque OGM ?"
