Tout le monde se souvient des campagnes « anti-gaspi » menées dès la fin des années 1970 par l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie (ancêtre de l'Ademe).
Suite aux deux chocs pétroliers, la France a déjà mené avec succès une politique d'économies d'énergie. Dans une note datant de 1987, la Direction générale des matières premières (DGMP) calcule que le programme d'économies d'énergie mené depuis 1973 a coûté 100 milliards de francs et a permis d'économiser 34 millions de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) pour l'année 1987. Dans le même temps, le programme nucléaire lancé par Pierre Mesmer a produit 56 Mtep, soit une quantité d'énergie du même ordre de grandeur, pour un coût de... 500 milliards ! Et la DGMP de conclure : « Cette comparaison met en évidence l'intérêt des économies d'énergie pour la collectivité nationale. »
Pourquoi la France n'a-t-elle pas persévéré dans cette voie ? Parce que, en 1985, le prix du baril s'est effondré, les pouvoirs publics ont baissé la garde et sont repartis dans une logique de consommation. Depuis, aucune politique d'économies d'énergie ambitieuse, contraignant les entreprises à mettre sur le marché les produits les plus effaces et incitant les consommateurs à les acheter, n'a été menée.