En mars 2007, lors du sommet de Printemps, les chefs des États européens ont entériné l'objectif d'économiser 20 % de la consommation énergétique de l'UE par rapport aux projections établies pour l'année 2020. Mais, contrairement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et au développement des énergies renouvelables, cet objectif d'efficacité énergétique ne revêt pas de caractère juridiquement contraignant. Le paquet « énergie climat », la feuille de route de la politique énergétique européenne, ne traite pas de la maîtrise de la demande.
Or les mesures incitatives existantes (directive sur les bâtiments, sur l'efficacité énergétique dans les utilisations finales de l'énergie…) ont fait la preuve de leur inefficacité : l'Europe gaspille aujourd'hui au moins 20 % de son énergie. Industriels du bâtiment, de l'éclairage, de l'électroménager ou encore de l'automobile ne contribueront à la réalisation des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que s'ils sont suffisamment contraints. Ils ont également besoin de signaux forts et clairs pour réorienter leurs investissements et développer de nouveaux produits et services. Les experts du Giec confirment que « la majorité des accords [volontaires] n'a pas conduit à des réductions significatives des émissions au-delà de celles correspondant à la poursuite des activités en cours ». À l'inverse, les experts internationaux notent que « des réglementations et des normes fournissent une certaine certitude sur les niveaux d'émission » (rapport 2007).
Pour réduire sa consommation comme elle s'y est engagée, l'Europe doit rendre contraignant l'objectif de 20 % d'économies d'énergie d'ici 2020, à l'image de celui concernant les 20 % d'énergies renouvelables. Ainsi, l'ensemble des textes traitant des économies d'énergie devra être révisé et renforcé, pour s'inscrire en cohérence avec cet objectif global et contraignant. La France peut jouer un rôle majeur en ce sens durant sa présidence de l'Union européenne : Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy doivent mettre à l'agenda européen une proposition sur le caractère contraignant des 20 % de réduction de la consommation d'énergie.
D'autant qu'un objectif contraignant en matière d'efficacité facilite la réalisation de l'ensemble des ambitions européennes en matière de protection du climat. En effet, il est plus facile de développer les renouvelables à hauteur de 20 % de notre consommation d'énergie si cette consommation est maîtrisée – voire réduite – que si elle est galopante !