Déclin des abeilles
Un fléau aux causes multiples et aux conséquences catastrophiques.

Page - 18 décembre, 2013
Fiche thématique

Les abeilles : clef de voûte de notre sécurité alimentaire.

Une alimentation saine dépend de pollinisateurs en bonne santé. Il suffit de quelques chiffres pour s'en rendre compte :

- 4000 variétés de fruits et légumes n'existeraient pas sans la pollinisation.
- 35% de la production mondiale de nourriture dépendent des insectes pollinisateurs.
- 80% de la pollinisation sont pris en charge par les abeilles et les guêpes.
- 265 milliards de dollars : c'est la valeur annuelle estimée du service rendu par la pollinisation dans le monde.

Et pourtant, elles disparaissent.

20% de mortalité en moyenne en Europe et jusqu'à 53% dans certaines régions du monde : la situation est dramatique.

Les principales raisons

Elles sont multiples et s'entretiennent les unes les autres: dérèglements climatiques, nouveaux virus et agents pathogènes, acariens (varroa destructor), parasites (nosema ceranae), disparition des habitats naturels liée aux monocultures, et bien évidemment traitements phytosanitaires.

Les effets effroyables des pesticides.

Ralentissement du développement, malformations, perte d'orientation (les abeilles ne retrouvent plus leur ruche), incapacité à reconnaître les fleurs, affaiblissement des défenses immunitaires.... Sans oublier que les pollinisateurs sont exposés aux risques des cocktails chimiques. Les abeilles peuvent se nourrir de pollen contenant jusqu'à sept pesticides différents !

Une toxicité avérée

La toxicité d'un contact direct n'est pas niée par les fabricants. Mais les effets d'une exposition répétée à de faibles doses doivent aussi être pris en compte. Les résidus de pesticides dans le nectar, le pollen et même l'eau des plantes traitées sont aussi un danger mortel.

Sept tueurs à bannir de toute urgence !

L'imidaclopride, le thiaméthoxame, la clothianidine, le fipronil, le chlorpyriphos, la cyperméthrine et la deltaméthrine : autant de noms barbares qu'il faut rayer définitivement des listes !

Trois de ces insecticides (l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine) font partie de la classe des néonicotinoïdes (cent fois plus toxiques que d'autres insecticides) et des pesticides dits systémiques, particulièrement dangereux car ils pénètrent dans toute la plante. 80 000 abeilles peuvent être tuées par un seul grain de maïs enduit de 0,5 mg de clothianidine !

Il faut agir vite et sur le long terme.

En plus de l'interdiction immédiate de ces poisons, il faut soutenir et promouvoir les pratiques agricoles favorisant la biodiversité (y compris dans les champs) et les services de pollinisation (cultures mixtes, surfaces d'intérêt écologique, rotation des cultures...), améliorer la conservation des habitats naturels et semi naturels et augmenter les crédits en faveur de la recherche, du développement et de l'application de pratiques agricoles écologiques. Greenpeace s'y emploie !