Agriculture industrielle : l’impasse

Page - 18 décembre, 2013
Problèmes

Un modèle dépassé

Le modèle agricole dominant a été mis en place dans les années 50 alors que la France souhaitait rattraper son retard d’après-guerre. Il est fondé sur une agriculture très mécanisée, gourmande en intrants chimiques et axée sur la monoculture et les grandes parcelles. Ses maîtres mots sont : productivisme et rentabilité. Mais à quel prix ?

Addiction aux pesticides

Les pesticides sont au cœur du modèle : ils permettent de produire plus, dans un temps réduit, avec moins de main-d’œuvre. Mais ils enclenchent aussi un terrible cercle vicieux : plus de pesticides, c’est plus de rendement à court terme mais une terre de moins en moins fertile, un écosystème déséquilibré et donc… un recours accru aux engrais et aux pesticides !

Résultats ? La France est le 1er pays consommateur de pesticides en Europe et le 3ème au monde et les conséquences environnementales et sanitaires sont effroyables : destruction de la flore et de la faune (dont les abeilles), pollution des sols et de l’eau, mutation des cibles des pesticides (insectes, mauvaises herbes…), maladies professionnelles chez les agriculteurs, maladies chroniques chez les riverains…

OGM, toujours d’actualité

Les OGM sont la quintessence de cette vision productiviste et industrielle du modèle agricole actuel. Ils sont source de pollution génétique, menacent la biodiversité et ne remplissent pas les objectifs qui leur sont officiellement assignés. Ils existent en effet depuis bientôt trente ans et n’ont ni résolu le problème de la faim dans le monde, ni démontré leur valeur ajoutée en termes de rendement.

Par contre, ils standardisent l’agriculture au profit de firmes multinationales, (comme Monsanto), et posent la question de la brevetabilité du vivant et du droit des agriculteurs de vivre de leur métier et d’utiliser leurs propres semences.

La culture des dérèglements climatiques

L'utilisation excessive d'engrais chimiques et de pétrole dans l'agriculture industrielle contribue aussi grandement aux changements climatiques. En effet, ce modèle agricole est responsable de 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit presque l’ensemble des transports mondiaux !

Perte de biodiversité et de savoir-faire

De plus, l’agriculture industrielle favorise la monoculture entraînant l’appauvrissement de la biodiversité, la destruction d’écosystèmes naturels et complexes et la disparition des abeilles et autres insectes pollinisateurs qui pollinisent 2/3 de nos cultures.

La mécanisation, l’agrandissement des parcelles et les produits phytosanitaires ont aussi changé le métier de paysan. Nous sommes passés d’une agriculture familiale à une agriculture industrielle monoculturale, dépendante des industries agrochimiques et à la main-d’œuvre de moins en moins nombreuse (les agriculteurs ne représentent que 3% de la population active française).

En résumé : des conséquences catastrophiques

Pollution de l’air et de l’eau, appauvrissement des sols, perte de la biodiversité, produits alimentaires de piètre qualité, voire toxiques, insécurité alimentaire, émission de gaz à effet de serre, déclin des abeilles, prix de plus en plus élevés, perte d’autonomie et disparition des agriculteurs… Ce modèle a montré ses limites et ne sera plus capable de nourrir correctement l’Humanité dans les décennies à venir. Mais, des solutions existent !