Ce que nous faisons ?

Page - 6 octobre, 2010

Greenpeace agit : contre le nucléaire

 

Greenpeace continue d’agir avec vigueur contre l’énergie nucléaire. D’abord parce que c’est une énergie dangereuse et sale, comme nous l’a rappelé la catastrophe de Fukushima, survenue en 2011 et dont les effets se font toujours sentir. Ensuite parce qu’il s’agit d’une énergie coûteuse. Enfin parce qu’elle bloque, en France, tout développement conséquent des énergies renouvelables.

 

Greenpeace agit de deux façons : en pointant les failles de sûreté qui minent le parc actuel et les EPR nouvelle génération promus par EDF, et en dénonçant les coûts délirants qui attendent l’énergie nucléaire, qui fait figure aujourd’hui d’industrie en faillite. Areva a dû se restructurer en urgence et EDF ne va pas beaucoup mieux : endetté à plus de 30 milliards d’euros, incapable d’exporter sa technologie sur un marché mondial en perte de vitesse, le groupe doit également investir 55 milliards d’euros pour maintenir le parc français vieillissant. Daprès une étude du cabinet Wise, le coût de ce “grand carénage” devrait être environ quatre fois plus élevé, autour de 200 milliards d’euros, pour garantir un niveau de sûreté le plus élevé possible.

 

Une première victoire d’étape a été obtenue à l’été 2015, puisque pour la première fois, une loi a été votée qui prévoit la réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique français.

 

Greenpeace agit : pour les énergies renouvelables

 

La « révolution énergétique » que nous défendons passe par une promotion massive des énergies renouvelables.

 

Greenpeace agit d’abord en tant qu’expert en développant divers modèles et scénarios qui montrent la voie à suivre pour passer à 100% d’énergie renouvelable en 2050. Nous agissons ainsi au niveau des pouvoirs publics et des acteurs économiques pour contribuer au développement concret d’un plan de transition énergétique, au niveau français comme au niveau mondial.

 

Nous maintenons notamment une pression constante sur le législateur pour que la loi prévoie la mise en marche d’une transition vers 100% d’énergie renouvelable. Notamment, nous portons la demande de la société civile auprès du président français, François Hollande, pour un changement de mix énergétique.

 

Greenpeace agit également en soutenant des projets engagés dans la transition énergétique qui fleurissent un peu partout sur le territoire grâce à la volonté d’hommes et de femmes impliqués. Greenpeace agit ainsi pour promouvoir la transition énergétique tant au niveau national qu’au niveau local, comme un partenaire en capacité d’amplifier le message et le changement culturel mis en œuvre concrètement par des pionniers ordinaires.

Greenpeace agit : contre les énergies fossiles

 

La crise climatique et la diminution des réserves de pétrole dit conventionnel devraient nous pousser à sortir du pétrole et du charbon. Si l'on veut garder la hausse des températures en dessous des deux degrés, moins d'un quart des réserves prouvées de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) peuvent être consommées d'ici à 2050. Nous ne pouvons donc pas pomper jusqu'à la dernière goutte de pétrole (qui représente aujourd’hui 38% de la consommation énergétique mondiale).

 

Le pétrole non conventionnel

 

Notons que le pétrole est responsable d’environ 41% des émissions de carbone liées aux énergies fossiles. Or, les compagnies vont chercher l'or noir de plus en plus loin, dans des conditions de plus en plus difficiles et dans des zones de plus en plus reculées. C'est ce qu'on appelle le pétrole « non conventionnel ». Ce pétrole est plus difficile à extraire, plus cher, plus sale et plus risqué.

 

Des forages très profonds aux sables bitumineux, voici quelques illustrations du problème :

 

Le forage profond en Arctique

 

L'Arctique, un des derniers endroits protégés de la planète, est l'habitat d'oiseaux et de mammifères marins uniques au monde. Mais la région Arctique renfermerait 90 milliards de barils de pétrole qu'il est techniquement possible de récupérer, dont 84 % se trouvent en mer.

Les réserves offshores extractibles de l'Arctique pourraient être à l'origine d'un volume d'émission de CO2 comparable à ce qu'émet chaque année l'ensemble des pays de la planète. En cas de marée noire, des nappes de pétrole pourraient se trouver enfermées sous d'épais manteaux de glace pendant un à deux ans.

 

Depuis le mois de juin 2012, l'ensemble des bureaux de Greenpeace dans le monde mène campagne pour empêcher les géants du pétrole de s'attaquer à l'Arctique. Cette campagne Save The Arctic  rassemble et mobilise les citoyens de la planète. Avec une belle victoire, puisque Shell a abandonné la course à l’Arctique en octobre 2015. Dans la foulée, le président des Etats-Unis suspendait toute nouvelle concession en Arctique et renforçait drastiquement les contraintes sur les permis en cours, rendant tout forage improbable dans un futur proche. Preuve que notre mobilisation sans faille, appuyée par les citoyens du monde entier, peut contribuer à produire de grands résultats. Nous continuerons de faire campagne jusqu’à ce que l’Arctique soit définitivement protégé et sanctuarisé.

 

Les sables bitumineux en Alberta

 

Les sables bitumineux sont un mélange de pétrole et de sable, d'eau et d'argile,

exploités dans des mines à ciel ouvert (20%) ou dans des gisements souterrains (80%). Dans le premier cas ils sont extraits à l'aide de pelles mécaniques et de camions géants. Dans l'autre, il faut forer, chauffer le bitume en injectant de la vapeur et des solvants en profondeur. Puis il faut mélanger le sable extrait avec de l'eau chaude pour le rendre moins visqueux, et enfin le faire décanter pour en extraire le pétrole.Pour produire un baril de pétrole, il faut deux tonnes de sables bitumineux, plus de cinq barils d’eau et l’équivalent en gaz naturel de la consommation d’un foyer pendant une journée et demie. L'extraction d'un baril issu des sables bitumineux émet jusqu'à cinq  fois plus de gaz à effet de serre qu'un baril de pétrole conventionnel.

 

Exploiter les sables bitumineux est donc la façon la plus chère, la plus sale et la plus énergivore de produire du pétrole. C’est pourquoi Greenpeace mène campagne pour stopper le développement des sables bitumineux, notamment au Canada, premier pays extracteur du monde.

Les centrales à charbon

 

Le charbon est aujourd'hui la deuxième source de production d'énergie dans le monde (après le pétrole), mais la plus polluante et la plus émettrice de CO2 (30% des émissions mondiales). La combustion du charbon émet des particules fines responsables de maladies pulmonaires : selon une étude menée pour Greenpeace par H. Andrew Gray, un spécialiste américain de la pollution, les 192 centrales à charbon de la région de Jingjinji (Beijing, Hebei, et Tianjin) sont responsables des maladies respiratoires de près de 90 000 personnes et du décès prématuré d’environ 10 000 personnes par an.

 

C’est pourquoi nous avons plusieurs campagnes, en Allemagne, en Inde, en Pologne, aux Etats-Unis, en Australie ou en Chine notamment, qui s’attaquent au charbon.

 

L’exemple chinois

 

Le charbon continue de dominer le mix électrique chinois avec 66,6% de la capacité totale en 2013. Au-delà des effets néfastes sur le climat, c’est un véritable enjeu de santé publique.

 

Conscient du problème, le gouvernement chinois prévoit de plafonner l'utilisation du charbon à 62% de la consommation totale d'énergie d'ici à 2020, soit la faire légèrement reculer par rapport au niveau actuel. L’agence nationale de l'énergie de la Chine prétend que l'utilisation du charbon a chuté de 64,2% dans la consommation d'énergie en 2014. Le gouvernement chinois a fixé un objectif d'élever la non-consommation d'énergie fossile de carburant à 15% du mix énergétique d'ici 2020 et à 20% en 2030, dans un effort pour alléger la dépendance du pays au charbon. Le temps du boom charbonnier semble bel et bien se résorber.

 

Le travail effectué par Greenpeace en Chine, qui n’a eu de cesse ces dernières années de documenter les effets ravageurs de la pollution atmosphérique sur la santé et d’alerter les pouvoirs publics, a contribué à ces évolutions qui sont positives, bien qu’encore trop timides.

 

L’exemple allemand

 

L’Allemagne a une dépendance importante au charbon, depuis toujours. Mais cette dépendance est en diminution. En 2014, le mix allemand de production d’électricité se composait de 43% de charbon (-3% par rapport à l’année précédente), 15,8% de nucléaire (stable), 9,5% de gaz (-11%) et plus de 26% de renouvelables (+9%).

 

Le gouvernement allemand a annoncé en mars 2015 son intention de s’attaquer plus activement à la production d’électricité à base de charbon. Son plan ne fixe pas des fermetures de centrales charbon, mais limite les émissions autorisées par unité de production, selon leur âge. Une manière d’entamer fortement la rentabilité des centrales les plus vieilles et d’augmenter les coûts de production de l’électricité issue du charbon.

 

Greenpeace mène là-bas un travail de campagne sans relâche : occupation des mines et des centrales à charbon, tentatives de rachat de celles-ci pour laisser le lignite dans le sol, actions aux sièges des différents opérateurs. Vattenfall, un énergéticien suédois, troisième exploitant du charbon allemand, a annoncé en 2015 qu’il cessait ses activités en Allemagne.

 

En 2010 déjà, nous bloquions le siège de l’opérateur à Stockholm. En 2015, rebelote : nous avons affiché un gigantesque portrait du ministre des entreprises, Mikael Damberg, sur la façade de son ministère avec pour message : « Laissez le charbon de Vattenfall dans le sol. »

 

En résumé, Greenpeace se mobilise pour :

 

  • Sortir rapidement des projets à hauts risques : forages en eaux profondes, sables bitumineux, huiles lourdes…

  • Sortir progressivement des fossiles d'ici à 2050.

  • Réduire la demande en pétrole, notamment dans le secteur des transports.

  • Supprimer les subventions allouées aux énergies fossiles et développer celles aux renouvelables.

 

Greenpeace agit : pour un mouvement écologique mondial

 

Enfin, Greenpeace, membre du Climate action network, continue de participer partout aux mobilisations contre les projets climaticides, et œuvre à la prise de conscience des citoyens et à la coordination d’un mouvement mondial de la société civile pour sauver le climat, la planète et l’espèce humaine. Elément central d’un système de contre-pouvoir, Greenpeace se pose en relais des combats menés par les citoyens et inscrit la question écologique dans le débat démocratique.