Stress Test des candidats : en savoir plus

Page - 31 août, 2011
Cet outil se veut un outil citoyen et tend à la plus grande objectivité possible. Fonctionnement, choix, notation, interprétation des résultats...

Le fonctionnement de l’outil

Cet outil se veut un outil citoyen et tend à la plus grande objectivité possible.
Chaque candidat est traité d’égal à égal : tous se sont vus adresser le même questionnaire et le même délai pour y répondre. Tous ont fait l’objet de recherches  principalement sur internet afin d’utiliser également leurs déclarations publiques (articles ce presse, interview télé ou radio, ouvrages ou sites internet des candidats…), et continueront de faire l’objet d’une « veille ».

Pour chacune des questions, Greenpeace place les candidats dans le groupe des « engagés », des « attentistes » ou des « rétrogrades », en veillant à être le plus neutre possible. Les engagés ont 1 point, les attentistes 0 et les rétrogrades -1. Certaines questions et réponses laissent place à une marge d’interprétation, assumée par Greenpeace. Suite à cela, un système de pondération est appliqué.

Greenpeace choisit en effet d’accorder une importance plus ou moins forte à certaines questions : c’est le cas de la problématique de l’avenir du nucléaire en France. Greenpeace – et c’est encore plus vrai depuis l’expérience du Grenelle de l’environnement - accorde une place centrale à la sortie du nucléaire comme condition sine qua non de la transition énergétique. C’est le verrou à faire sauter pour laisser la place techniquement, politiquement et économiquement aux alternatives.

De même l’arrêt du chantier de l’EPR de Flamanville constitue, pour Greenpeace, un marqueur fort d’un engagement sincère de sortie du nucléaire. En effet, mettre en service cet EPR, qui ne tire aucune leçon de l’expérience de Fukushima, relancerait le nucléaire pour les 60 prochaines années en France.

Cette pondération des questions permet de placer les candidats dans les différents groupes afin de donner une vision d’ensemble sur le positionnement en matière de transition énergétique.

 

Le choix des partis politiques

Greenpeace n'a pas adressé de questionnaire aux candidates de Lutte Ouvrière et du Front National.
Concernant le Front National, pour l'association, la montée en puissance de l'extrême droite en France et plus généralement en Europe est un réel danger. Les idées avancées par le Front National s'opposent en tous points au respect de l'autre, au souci de la solidarité nationale et internationale, à la globalité des enjeux sociaux et environnementaux défendus par Greenpeace.
C'est l'existence même des contre-pouvoirs et la liberté d'expression de la société civile qui sont menacées.
Quant à LO, elle n'exclut pas -voire promeut- une prise de pouvoir par la force, ce qui est contraire à l'une de nos valeurs identitaires, la non-violence.

Le stress test des candidats à la présidentielle de Greenpeace est un outil qui a vocation à évoluer tout au long de la campagne présidentielle. Par souci de lisibilité, nous n'avons pu à ce stade intégrer l'ensemble des candidats potentiels et officiels à la présidentielle, mais nous allons actualiser le site au fur et à mesure et intégrer un maximum de candidats dans les mois qui viennent, notamment à l'issue des primaires du PS à la mi-octobre et à la mi-mars, date limite de dépôt des 500 parrainages nécessaires aux candidats.

Le traitement des non-réponses

Les candidats qui ne répondent pas à Greenpeace et qui ne se sont pas exprimés récemment sur un sujet sont pénalisés. Ils sont classés parmi les rétrogrades, dans l’attente d’une éventuelle réponse au questionnaire de Greenpeace ou d’une déclaration publique sur le sujet.

Quelques précisions sur les questions posées par Greenpeace


L’avenir du nucléaire en France :


Un candidat se positionnant clairement en faveur de la sortie du nucléaire est considéré comme engagé. S’il se contente de formules évoquant sa nécessité ou son évidence, Greenpeace estime qu’il évite de se positionner sur un engagement politique de sortie du nucléaire, nécessaire pour donner un signal politique et économique fort à l’ensemble des acteurs de la filière énergétique, des étudiants aux industriels. Il est donc jugé attentiste. De même s’il fait le choix du referendum, perçu comme une échappatoire : l’élection présidentielle permettra précisément de décider le maintien ou la sortie du nucléaire de manière démocratique. Rappelons-nous des 110 propositions de François Mitterrand qui promettaient un moratoire sur les nouvelles constructions de centrale suivi d’un référendum. Ce référendum n’a jamais vu le jour et pendant ses deux mandants, pas moins de 16 constructions de réacteurs ont été initiées…  

La réduction de la part du nucléaire :


Au-delà de l’engagement politique de sortie du nucléaire, Greenpeace a interrogé les candidats sur le rythme auquel ils entendent réduire, ou non, la part du nucléaire dans le mix électrique français. Seuls des objectifs ambitieux et de courts termes permettent d’être considéré comme engagé. Des objectifs de sortie trop lents (40-50 ans) sont jugés trop faibles, et ne bénéficient donc pas de la note maximale.

L’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre :


L’objectif actuel de réduire de -20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, soutenu par la France, est jugé insuffisant pour faire face à la crise climatique. D’après le GIEC, les pays industrialisés doivent s’engager sur une réduction d’au moins 25 à 40% de leurs émissions dans le même temps. Un candidat qui se contente de cet objectif est jugé rétrograde. En revanche, s’engager pour un objectif de -30% serait positif en termes climatiques, économiques, et pour l’emploi ; ce serait une manière pour la France et l’Europe d’assumer leur responsabilité dans la crise climatique actuelle.

La rénovation thermique des bâtiments anciens :


Le chantier est tel que Greenpeace estime qu’il est nécessaire d’imposer une obligation de rénover les bâtiments (accompagnée de mesures d’aides aux ménages), et de ne pas se contenter d’un système incitatif qui ne serait pas contraignant. Le soutien au caractère obligatoire de cette rénovation est nécessaire pour être considéré comme engagé.

La contribution climat-énergie :


Pour Greenpeace, la contribution climat-énergie doit pas prendre en considération les seules  émissions de gaz à effet de serre induites par la consommation d’énergie, à la différence de la taxe carbone proposée un temps par le gouvernement Sarkozy avant qu’il n’enterre le projet. Le soutien à la taxe carbone en tant que telle n’est pas suffisant pour être considéré comme engagé : Greenpeace défend l’institution d’une contribution climat-énergie qui n’occulte pas la consommation d’électricité, quelque soit son origine. Elle doit s’étendre à l’ensemble des consommations d’énergie, sans occulter l’énergie nucléaire. Quelle que soit sa source, l’énergie ne doit pas être gaspillée.

Le développement des énergies renouvelables :


Greenpeace estime qu’il n’est pas suffisant de se dire favorable aux énergies renouvelables pour être considéré comme engagé. Des engagements chiffrés, ambitieux, et précis dans le temps sont nécessaires pour ne pas être perçu comme attentiste. Le positionnement des candidats est par ailleurs évalué à la lumière de leur position sur l’énergie nucléaire. Pour Greenpeace, entre les énergies renouvelables et le nucléaire, il faut choisir. L’expérience du Grenelle de l’environnement, qui a mis de côté la question nucléaire à montré toutes ses limites. Il n’est pas possible de prétendre développer les énergies renouvelables sans sortir du nucléaire.