Captage et stockage du CO2: une très mauvaise idée

Page - 7 décembre, 2009

Le captage et stockage de CO2 (le « CSC ») est encore au stade expérimental. Il s'agirait de piéger le CO2 émis par les centrales thermiques et de le stocker sous terre ou dans la mer. Concrètement, il faudrait capter le CO2 qui sort des cheminées des centrales, en faire un flux concentré et transporter ce flux via des gazoducs jusqu'à des sites de stockage (en profondeur : dans la terre ou sous les fonds marins).

L'idée peut sembler séduisante, mais il s'agit en fait d'un projet dangereux, pour plusieurs raisons.

Trop lointain

La technologie du CSC n'en est qu'à ses débuts. Elle sera disponible à grande échelle au plus tôt en 2030. Ce sera beaucoup trop tard au vu de l'urgence climatique. Nos émissions de gaz à effet de serre doivent baisser à partir de 2015. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre vingt ans.

Trop énergivore

Le captage et le stockage du carbone consomment une quantité importante d'énergie : entre 10 et 40% de la capacité d'une centrale électrique. Pour compenser ces pertes, il faudrait construire de nouvelles centrales thermiques. Il faudrait donc plus de charbon, c'est-à-dire plus d'émissions de CO2 ! Le CSC ne permet pas de réduire ces émissions. Il les augmente !

Trop cher

Ce gaspillage a un coût. Il s'ajoutera aux sommes colossales investies dans la recherche sur le CSC et aux frais d'installation des infrastructures. Le ministère américain de l'Energie a calculé que cela entraînerait une augmentation de 21 à 91% des prix de l'électricité !

Il serait plus judicieux de consacrer ces fonds au développement des énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique.

Trop dangereux

Il est impossible de garantir un stockage sûr et permanent du CO2. Les risques de fuites existent, même si personne ne peut les quantifier avec précision dès aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est que toute fuite a des conséquences sur l'environnement, le climat et la santé humaine. Des écosystèmes seraient menacés. L'acidification des océans pourrait s'accélérer.

Le CSC est un remède pire que le mal. Pourquoi financer une technologie qui ne sera pas disponible à temps, va coûter très cher et risque d'être polluante ? Les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique n'ont aucun de ces défauts. Elles s'inscrivent dans une révolution énergétique indispensable au vu des changements climatiques actuels. Le CSC conforte au contraire un modèle dépassé : recours au charbon, émissions de gaz à effet de serre, dangers pour l'environnement.

Pour Greenpeace, le captage et le stockage du charbon ne peuvent pas être une solution. C'est une option à abandonner.

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