Dérèglements climatiques

Page - 21 décembre, 2009

Qu'est-ce que l'effet de serre ?

A l'origine, l'effet de serre est un phénomène naturel. Comme son nom l'indique, il fait de la Terre une serre, au même titre qu'une serre de jardinier. La chaleur du Soleil rentre dans la serre. Elle est piégée par des gaz (les « gaz à effet de serre ») et fait monter la température du globe. Nous avons ainsi une température moyenne de 15°C à la surface de la Terre. S'il n'y avait pas cet effet de serre naturel, la température moyenne serait de -18°C. Il n'y aurait pas de vie humaine sur la Terre.

Mais depuis 1850 et les débuts de l'ère industrielle, les activités humaines se sont mises à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre (GES). Les transports, l'industrie, la production d'énergie, la déforestation... sont à l'origine d'émissions de GES que la Terre ne peut plus absorber

Les dérèglements sont déjà là

Le 7 avril 2009, en Antarctique, la plaque de Wilkins s'est rompue. C'est le plus grand effondrement de glace jamais enregistré en Antarctique : 16 000 km2. L’année 2012 a battu le triste record du niveau minimum de la banquise en Arctique. Avec 3,41 millions de km2 de kilomètres carrés, l’étendue des glaces atteint son plus bas niveau depuis le début des observations satellite en 1972. C'est le résultat direct de la hausse des températures. Au pôle Sud, elle est de 3°C sur les cinquante dernières années! Cette transformation des contours du pôle Sud est un des signes les plus spectaculaires des dérèglements climatiques en cours.

La planète est déjà en train de changer. Le niveau moyen des océans s'est élevé de 17 cm au cours du XXème siècle. Les événements météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents, de plus en plus intenses : canicules, sécheresses, inondations, tempêtes, etc.

Les dérèglements à venir

Le 5e rapport du GIEC a abouti à des constats sans appel :

  • il est sûr à plus de 95% que la plus grosse part du réchauffement climatique observé depuis 1951 soit dû à l’activité humaine
  • si on ne fait rien on se dirige vers un réchauffement de presque 5 degrés et une élévation du niveau des mers de près de 1 mètre.
  • à 5 degrés d'augmentation il se peut que le nord de l’Europe soit plus arrosé et que les régions arides connaissent plus de famine
  • à 1 mètre d'augmentation du niveau des mers le danger sera réel pour des villes comme New York, un pays comme la Hollande qui érige des barrages, pour les îles telles que les Maldives
  • la décennie 2000/2010 est la plus chaude jamais enregistrée
  • l’Arctique perd sa glace plus rapidement que ce à quoi on s’attendait (6 fois plus vite dans les années 2000 que 90 et 5 fois pour l’Antarctique)
  • les océans s’acidifient à un taux alarmant
  • les émissions de GES accélèrent (les émissions dues aux fossiles et au ciment ont grossi 3 fois plus vite dans la décennie 2000 que les années 90)

Si la hausse de la température moyenne mondiale dépassait les 2°C d'ici 2100 (toujours par rapport à 1850), les conséquences pour la planète seraient catastrophiques.

La liste en est longue :

  • les événements climatiques extrêmes seraient de plus en plus nombreux et puissants (inondations, vagues de chaleur, cyclones, tempêtes, feux de forêts, etc.)
  • la biodiversité serait mise en péril (20 à 30% des espèces végétales et animales seraient menacées d'extinction)
  • les glaciers en Arctique et dans les zones montagneuses disparaîtraient, entraînant la montée du niveau des mers
  • la montée du niveau des mers et les inondations engloutiraient certaines zones côtières et de petits Etats insulaires
  • ailleurs, les pénuries d'eau seraient de plus en plus fréquentes
  • les ressources agricoles diminueraient du fait de la désertification, des sécheresses et des inondations
  • d'où famines et malnutrition
  • à quoi s'ajouteraient le développement des maladies infectieuses (malaria en Afrique, choléra en Asie) et la surmortalité due aux événements climatiques extrêmes.

Tous ces phénomènes auraient à leur tour d'autres conséquences :

  • de très importants mouvements de populations (des centaines de millions de « réfugiés climatiques »)
  • un accroissement des inégalités économiques et sociales partout dans le monde
  • des conflits entre les pays, entre les régions et des tensions internationales.

Mais le rapport du GIEC nous apprend aussi que l'on peut rester sous les 2 degrés !

En quelques mots simples  : la plupart des réserves fossiles doivent rester dans le sol (on ne peut émettre plus que 990 GT de CO2 d’ici à 2100 / réserves connues 2500 gt),
en réduisant les émissions de GES pour arriver à un niveau proche de zéro en 2070 (aujourd’hui on est à + 3,2% / an)

Et en France ?

Au cours du XXème siècle, la France s'est réchauffée d'environ 1°C. Ces dernières années, nous avons connu des étés de plus en plus chauds et des hivers de moins en moins froids. Ceci ne pourrait être qu'un avant-goût de ce qui nous attends au cours du XXIème siècle.

Si les températures augmentent de 3 ou 4 degrés d'ici 2100, les canicules estivales seront de plus en plus fréquentes. Les événements climatiques extrêmes (tempêtes, inondations, feux de forêts, etc.) se multiplieront. La plupart des glaciers alpins et pyrénéens disparaîtront. Les littoraux seront sérieusement menacés par l'érosion et la submersion (notamment en Camargue). La sécheresse au sud de la Loire fera baisser les rendements agricoles. Les conséquences sanitaires seront dramatiques : surmortalité due à la hausse des températures, vagues d'épidémies...

Ce scénario d'une augmentation de 3-4°C n'est en aucun cas une fiction. Il peut très bien se réaliser, si on ne fait rien...

Il faut agir maintenant

L'augmentation de la température moyenne mondiale par rapport à 1850 ne doit pas dépasser 2°C d'ici 2100. Pour cela, il faut que les émissions mondiales de GES baissent à partir de 2015.

Nos documents sur le sujet

L’année 2011 va battre le triste record du niveau minimum de la banquise en Arctique. Avec 4,24 millions de kilomètres carrés, l’étendue des glaces est inférieure d’environ 0,5 % à celle du précédent record enregistré en septembre 2007 et atteint son plus bas niveau depuis le début des observations satellite en 1972