Le terminal charbonnier de Cherbourg

Page - 10 novembre, 2009

Partout dans le monde, Greenpeace lutte contre le développement du charbon, premier responsable de nos dérèglements climatiques.

En France, Greenpeace s'oppose à un projet qui consisterait à faire du port de Cherbourg une plate-forme de transbordement de charbon. Des navires provenant des pays producteurs (notamment la Colombie) déchargerait du charbon sur le port de Cherbourg. Le charbon serait ensuite réexpédié par la mer vers les centrales thermiques anglaises. Au total, ce serait plus de 4 millions de tonnes de charbon qui passeraient chaque année par le terminal.

Ce projet déchaine les passions à Cherbourg et dans sa région. Une première enquête publique a eu lieu au printemps. Elle a fait émerger de nombreuses oppositions de la part des pêcheurs, riverains et plaisanciers. De l'autre coté, les élus locaux, la Chambre de Commerce et d'Industrie et Louis Dreyfus Armateur (qui doivent mettre en œuvre le projet) avancent l'argument économique. Une seconde enquête publique s'est avérée nécessaire et s'achève en novembre.

Selon nous, ce projet doit être abandonné. Pourquoi ?

Il est anachronique

Ce projet est inadmissible dans le contexte de crise climatique actuelle. Le charbon est en effet la source d'énergie la plus émettrice de CO2. Il est à l'origine de 30% des émissions mondiales de CO2. C'est le premier responsable de nos dérèglements climatiques.

Or, nous devons absolument changer de modèle énergétique et sortir de l'ère des fossiles, dont le charbon est le pire représentant.

Ce projet est hasardeux

Le projet spécule sur le développement futur du charbon en Europe et notamment au Royaume-Uni. Mais la majorité des centrales à charbon britanniques vont arriver en fin de vie d'ici 2015 et leur remplacement par de nouvelles centrales est loin d'être acquis (notamment au vu des engagement britanniques en matière de réduction des émissions de CO2 et de développement des énergies renouvelables).

Il ne créera que peu d'emplois

Non seulement, ce projet est aléatoire, mais en plus, il n'est censé créer qu'une cinquantaine d'emplois. Des investissements massifs dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique en créeraient des centaines de milliers.

Ce projet est polluant

Le terminal charbonnier entraînera un grand nombre de nuisances et contribuera à dégrader l'environnement local. Les millions de tonnes de charbon qui seront stockées et transbordées vont générer énormément de poussières, dangereuses pour la santé des riverains.

Comment défendre dans ces conditions un projet de terminal charbonnier ? Faut-il rappeler à Nicolas Sarkozy qu'il avait déclaré, en clôture du Grenelle de l'Environnement, le 25 octobre 2007, que « tous les grands projets seront arbitrés en intégrant leur coût pour le climat et la biodiversité. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé » ?

Faut-il également préciser que le « paquet Energie-Climat » adopté par l'Union Européenne en 2008 et signé par la France vise à développer les énergies renouvelables, pas à promouvoir le charbon ?

Le terminal de Cherbourg va à l'encontre des ambitions françaises et européennes en matière de lutte contre les changements climatiques. Il remet en question la crédibilité de la France à la veille du sommet de Copenhague sur le climat.

Pour toutes ces raisons, Greenpeace demande l'abandon de ce projet. Elle n'est pas seule dans ce combat. Le 7 novembre, 1 500 personnes ont défilé à Cherbourg pour marquer leur opposition à ce projet de terminal charbonnier.

Nos documents sur le sujet

Et sur le Web :

« Sortez le charbon de l'ombre » (page action)

« Collectif CAC 50 »