Partout dans le monde, Greenpeace lutte contre le
développement du charbon, premier responsable de nos
dérèglements climatiques.
En France, Greenpeace s'oppose à un projet qui consisterait à
faire du port de Cherbourg une plate-forme de transbordement de
charbon. Des navires provenant des pays producteurs (notamment la
Colombie) déchargerait du charbon sur le port de Cherbourg. Le
charbon serait ensuite réexpédié par la mer vers les centrales
thermiques anglaises. Au total, ce serait plus de 4 millions de
tonnes de charbon qui passeraient chaque année par le terminal.
Ce projet déchaine les passions à Cherbourg et dans sa région.
Une première enquête publique a eu lieu au printemps. Elle a fait
émerger de nombreuses oppositions de la part des pêcheurs,
riverains et plaisanciers. De l'autre coté, les élus locaux, la
Chambre de Commerce et d'Industrie et Louis Dreyfus Armateur (qui
doivent mettre en œuvre le projet) avancent l'argument économique.
Une seconde enquête publique s'est avérée nécessaire et s'achève en
novembre.
Selon nous, ce projet doit être abandonné. Pourquoi ?
Il est anachronique
Ce projet est inadmissible dans le contexte de crise climatique
actuelle. Le charbon est en effet la source d'énergie la plus
émettrice de CO2. Il est à l'origine de 30% des émissions mondiales
de CO2. C'est le premier responsable de nos dérèglements
climatiques.
Or, nous devons absolument changer de modèle énergétique et
sortir de l'ère des fossiles, dont le charbon est le pire
représentant.
Ce projet est hasardeux
Le projet spécule sur le développement futur du charbon en
Europe et notamment au Royaume-Uni. Mais la majorité des centrales
à charbon britanniques vont arriver en fin de vie d'ici 2015 et
leur remplacement par de nouvelles centrales est loin d'être acquis
(notamment au vu des engagement britanniques en matière de
réduction des émissions de CO2 et de développement des énergies
renouvelables).
Il ne créera que peu d'emplois
Non seulement, ce projet est aléatoire, mais en plus, il n'est
censé créer qu'une cinquantaine d'emplois. Des investissements
massifs dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique
en créeraient des centaines de milliers.
Ce projet est polluant
Le terminal charbonnier entraînera un grand nombre de nuisances
et contribuera à dégrader l'environnement local. Les millions de
tonnes de charbon qui seront stockées et transbordées vont générer
énormément de poussières, dangereuses pour la santé des
riverains.
Comment défendre dans ces conditions un projet de terminal
charbonnier ? Faut-il rappeler à Nicolas Sarkozy qu'il avait
déclaré, en clôture du Grenelle de l'Environnement, le 25 octobre
2007, que « tous les grands projets seront arbitrés en intégrant
leur coût pour le climat et la biodiversité. Très clairement, un
projet dont le coût environnemental est trop lourd sera
refusé » ?
Faut-il également préciser que le « paquet
Energie-Climat » adopté par l'Union Européenne en 2008 et signé
par la France vise à développer les énergies renouvelables, pas à
promouvoir le charbon ?
Le terminal de Cherbourg va à l'encontre des ambitions
françaises et européennes en matière de lutte contre les
changements climatiques. Il remet en question la crédibilité de la
France à la veille du sommet de Copenhague sur le climat.
Pour toutes ces raisons, Greenpeace demande l'abandon de ce
projet. Elle n'est pas seule dans ce combat. Le 7 novembre, 1 500
personnes ont défilé à Cherbourg pour marquer leur opposition à ce
projet de terminal charbonnier.
Et sur le Web :
« Sortez le charbon de l'ombre »
(page action)
« Collectif CAC 50 »