Les demandes de Greenpeace pour un accord sur le climat

Page - 21 décembre, 2009

D'ici la fin du siècle, la température moyenne mondiale pourrait avoir augmenté de 4 à 7°C par rapport aux débuts de l'ère industrielle. La Terre ne pourra pas supporter une telle hausse. Les dérèglements climatiques seraient dramatiques.

Il faut impérativement que l'augmentation soit inférieure à 2°C. Pour y arriver, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) doivent baisser à partir de 2015. Cette date a été au cœur de la discussion à Copenhague, puisqu'il s'agissait d'y négocier les réductions d'émissions de GES après 2013. Le sommet a été un échec. Mais nos demandes pour le climat restent les mêmes :

La baisse de 40% des émissions de GES dans les pays industrialisés

D'ici 2020, les pays industrialisés doivent réduire d'au moins 40% leurs émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990. Cette baisse est le seul moyen de contenir à coup sûr l'augmentation de la température moyenne mondiale en-dessous de 2°C. Si les émissions de GES dans les pays industrialisés ne baissent que de 20% ou de 30%, la température pourrait augmenter de plus de 2°C, avec toutes les conséquences que l'on sait.

Les pays industrialisés doivent s'engager à réaliser cet effort sur leur territoire national. Il ne faut pas qu'ils se dérobent systématiquement à leurs obligations en contrebalançant leur excès chez eux par des programmes de compensation dans les pays en développement.

Le soutien aux pays en développement

Il doit avoir deux objectifs :

- aider ces pays à faire face aux conséquences des dérèglements climatiques

Nous sommes dans une situation d'«  injustice climatique ». Ce sont les pays du Nord qui sont historiquement responsables des dérèglements climatiques actuels. Mais ce sont les pays du Sud qui sont les plus touchés par ces dérèglements. En outre, ces pays n'ont pas les moyens financiers et technologiques de faire face à ces changements. C'est donc un devoir moral pour les pays industrialisés de soutenir ces pays. Il faut organiser des transferts de fonds et de technologies.

- proposer à ces pays un autre modèle de société

Si les nations industrialisées réduisent leurs émissions de GES, ce n'est pas pour que les pays du Sud augmentent les leurs. Il ne faudrait pas que ces pays en développement répètent les erreurs commises depuis la révolution industrielle par les pays riches. Ils doivent développer des solutions énergétiques propres. Pour cela, il faut les aider à mettre en place des programmes d'efficacité énergétique et de recours aux énergies renouvelables (sans que le nucléaire soit une option). Ces pays, en particulier la Chine, l'Inde et le Brésil, doivent contribuer à la réduction mondiale des émissions de GES.

La lutte contre la déforestation

La déforestation est responsable de 20% des émissions mondiales de GES. L'accord qui sera signé à Copenhague doit intégrer cette réalité. Greenpeace défend l'objectif «  Zéro déforestation » d'ici 2020 et propose la création d' un fonds «  Forêts pour le climat ».

Ce fonds financerait la réduction des émissions de GES liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (là où la déforestation est la plus dramatique: en Amazonie, dans le bassin du Congo, en Asie du Sud-Est notamment).

110 milliards d'euros de financement par an

Les pays industrialisés doivent s'engager sur un financement annuel de 110 milliards d'euros.

Cette somme serait répartie de la façon suivante :

  • 40 milliards d'euros pour aider les pays en développement à mettre en place un système énergétique fondé sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique
  • 40 milliards d'euros pour soutenir ces pays à faire face aux conséquences des dérèglements climatiques
  • 30 milliards d'euros dédiés au fonds «  Forêts pour le Climat ».

Pour la France, cela représente un effort de 4 milliards d'euros par an.

Ces sommes peuvent sembler démesurées. Elles représentent en effet 1% du PIB mondial. Mais le coût de l'inaction serait bien plus élevé. En 2006, le rapport Stern estimait que ne rien faire, c'était risquer une récession de 20% du PIB mondial. Peut-on vraiment se permettre d'attendre ?

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