Problèmes

Page - 29 septembre, 2010

Les dérèglements climatiques sont avérés

Les experts sont désormais unanimes : nous sommes entrés dans l’ère de l’anthropocène, ce qui signifie que c’est bien l’être humain qui, de par ses activités, ses échanges, son mode de société, est à l’origine des dérèglements climatiques que connaît la planète et de l’élévation des températures constatée depuis 1950.  

 

Et le niveau de certitude ne cesse d’augmenter : dans son dernier rapport publié en 2014, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) jugeait le lien entre changements climatiques et activités humaines "extrêmement probable", contre "probable" en 2001. Ce qui signifie que c’est aux êtres humains d’agir, que leur destin est entre leurs mains.

 

Les principales conclusions présentées par le GIEC dans son dernier rapport sont les suivantes:

 

  • Il est encore possible de limiter l'élévation des températures à 2 °C en moyenne planétaire par rapport à l’ère pré-industrielle, à condition de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre « de 40 à 70% entre 2010 et 2050 ».

 

  • Le CO2 issu des combustibles fossiles joue un rôle majeur dans les émissions de gaz à effet de serre.

 

  • Si les réserves de combustibles fossiles disponibles étaient entièrement utilisées, on assisterait à des augmentations de température de l'ordre de 4 à 5 °C en 2100, ce qui entraînerait une poursuite de ce réchauffement au siècle suivant jusqu'à 7 ou 8 °C.

 

  • L’augmentation importante des réserves de combustibles fossiles avec les pétroles et gaz non conventionnels réfute l'idée qu'un épuisement rapide des fossiles pourrait éviter le problème climatique.

 

Pour en savoir plus, voir le site du Réseau Action Climat qui suit et décrypte le rapport du GIEC : http://leclimatchange.fr/

 

Un enjeu de civilisation

La planète en a vu d’autres : quelle que soit la température atteinte dans l’atmosphère, elle continuera paisiblement son orbite. Les choses seront nettement plus compliquées pour l’espèce humaine. Famines, flux migratoires désordonnés, guerres… Telles sont les difficultés qui ne manqueront pas de résulter des sécheresses, de l’épuisement de l’eau potable, de la montée des eaux, des phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, etc.) provoqués par une hausse des températures au-delà du seuil des 2 °C. Sans compter les atteintes irréversibles à la biodiversité.

 

Il faut agir vite : car rien ne dit que les processus écologiques engendrés par les activités humaines soient réversibles, ni, pire, qu’ils puissent être immédiatement endigués, étant donné qu’ils se caractérisent par une inertie forte.

 

Le GIEC n’est pas le seul à tirer très fort le signal d’alarme

Les pays du Sud sont ceux qui sont le plus durement touchés par les catastrophes climatiques qui procèdent d’ores et déjà de l’élévation des températures. Les Philippines, le Bangladesh, les îles Tuvalu… Autant de pays directement touchés, qui voient leur populations contraintes de se déplacer. Certains endroits du globe auparavant habités deviennent clairement hostiles à toute forme de vie humaine et civilisée. Ces pays du Sud ne cessent d’alerter, en vain pour le moment, les pays du Nord.

 

De grandes institutions internationales reconnaissent aujourd’hui la réalité du dérèglement climatique et la nécessité de réagir vite, de l’ONU à la Banque mondiale en passant par la NASA.

Accord mondial... en panne !

Notre capacité à éviter les pires impacts de ce dérèglement du climat dépend des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui seront adoptés au niveau mondial au cours des prochaines années.

 

Le contexte pour les pays touchés par les changements climatiques, et le recul des grandes puissances économiques du monde industrialisé, laissent l’Europe face à un choix : agir a minima, comme les autres, ou faire le choix de la transition énergétique, seule voie possible pour sécuriser les approvisionnements énergétiques, maîtriser les montants à investir dans l’énergie, créer des emplois pérennes et répartis sur l’ensemble du continent, et lutter contre les changements climatiques.

 

Revoir à la hausse l’objectif européen de réduction des gaz à effet de serre est indispensable. Mais il manque aussi aujourd’hui le moyen obligatoire pour l’atteindre : au niveau français comme au niveau européen, il est nécessaire que soit fixé un objectif de développement des renouvelables ambitieux et contraignant.

Adopter un objectif renouvelables ambitieux et contraignant, c’est aussi garantir une approche positive des politiques climatiques européennes en développant une industrie pourvoyeuse d’emplois.

 

Des COP inefficaces

Les conférences des Nations unies sur les changements climatiques, dites COP, sont nées à Rio en 1992. C’est l’un des seuls cadres institutionnels qui permettent à l’heure actuelle de porter l’enjeu climatique au niveau géopolitique. Et de donner la parole aux pays affectés. Mais pour l’instant, rien de concluant n’est sorti de ces cycles de négociation où chaque Etat continue de faire prévaloir ses propres intérêts au détriment de l’intérêt général. Pendant ce temps-là, la température continue de monter : 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée.

 

Un nouveau rendez-vous a lieu à Paris, pour la COP21, en décembre 2015. Pour qu’il s’agisse d’une réelle avancée, il faut que le texte de l’accord :

 

  • soiit juridiquement contraignant ;

  • fixe des objectifs concrets de long terme, à savoir 100% d’énergies renouvelables en 2050 ;

  • prévoie des mécanismes de financement nord-sud ;

  • instaure des mécanismes d’évaluation transparents des efforts de chaque Etat ;

  • crée un mécanisme de révision pour rehausser les objectifs tous les cinq ans ;

  • envisage des mesures fortes pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et “décarboner” nos économies ;

  • incite les Etats à mettre en place des politiques énergétiques vers 100% de renouvelables.

 

Mais ne soyons pas dupes : les négociations officielles sont encore loin du compte. Pour que les choses avancent, il faut que les citoyens s’en mêlent. Le dérèglement climatique est aussi un enjeu démocratique.

 

Les adversaires

Nos premiers adversaires sont l’indifférence et l’ignorance. Mais ils sont en passe d’être vaincus. En France, une large majorité des citoyens se dit préoccupée par le dérèglement climatique. A nous de faire en sorte qu’à la préoccupation succède l’engagement.

 

Les seconds sont les climatosceptiques de tous bords, souvent motivés par des intérêts financiers. Mais leur contingent ne cesse de se réduire à mesures que s’affinent les modèles scientifiques, aujourd’hui fiables à plus de 95%.

 

Les troisièmes sont toutes les entités politiques qui refusent de mettre les normes écologiques au sommet de la pyramide des normes : la société mondiale ne peut plus fonctionner comme avant. Il faut revenir à des circuits courts, changer de modèle énergétique, repenser nos manières d’échanger pour aboutir à une économie soutenable. Car nous n’avons pas de planète de rechange.

 

Les quatirèmes sont les secteurs industriels réactionnaires, qui engrangent des bénéfices sans se préoccuper des dettes écologiques qu’ils lèguent aux générations futures - au premier rang desquels l’industrie des énergies fossiles, pétrolière notamment, des professionnels du double-langage et du greenswahing, qui font toujours un travail de lobbying intense pour défendre leurs intérêts. Il faudrait aussi citer des pans entiers de l’industrie financière qui continuent d’alimenter les activités climaticides au lieu de se tourner vers les renouvelables, aujourd’hui prêtent à prendre la relève.