Problèmes

Page - 29 septembre, 2010

Les dérèglements climatiques

Fin septembre 2013, les premières conclusions qui mèneront au 5ème rapport du GIEC ont été approuvées. Ce rapport est un signal d’alarme sur la gravité grandissante des impacts des changements climatiques, mais il montre aussi que l’on peut encore agir pour éviter le chaos climatique absolu.

Le GIEC émet différentes hypothèses pour les émissions de gaz à effet de serre et leur impact potentiel. Le scénario qui verrait l’augmentation moyenne des températures rester sous la barre des 2°C, et limiterait les impacts du dérèglement, implique que les émissions de gaz à effet de serre cessent d’augmenter dès 2020, et descendent à zéro à l’horizon 2070. C’est possible, c’est réalisable, et de nombreux signaux nous montre l’urgence de la situation.

Ce 5ème rapport affirme que l’essentiel des énergies fossiles doit rester sous terre et que les émissions de Gaz à effet de serre (GES) doivent être réduites à un niveau proche zéro d’ici 2070.

voir le site du Réeseau Action Climat qui suit et décrypte le rapport du GIEC : http://leclimatchange.fr/


C’est le constat fait par les experts du GIEC : le lien entre les activités humaines et l’accroissement des températures constaté depuis 1950 est extrêmement probable. Le niveau de certitude a augmenté : il était jugé très probable lors du rapport de 2007 et seulement probable dans le 3ème rapport en 2001.


Le GIEC n’est pas le seul à tirer très fort le signal d’alarme.

Les pays du Sud sont ceux qui sont le plus durement touchés par les ravages faits par les catastrophes climatiques. Les Philippines, qui viennent d’être dévastées par le passage du typhon Haiyan font d’ailleurs partie des pays les plus affectés en 2012, en termes de pertes humaines et matérielles, d’après l’étude publiée par GermanWatch, un think tank allemand. La Banque Mondiale a elle aussi alerté sur ce sujet !

Accord mondial... en panne !

Notre capacité à éviter les pires impacts de ce dérèglement du climat dépend des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui seront adoptés au niveau mondial au cours des prochaines années.

Le contexte pour les pays touchés par les changements climatiques, et le recul des grandes puissances économiques du monde industrialisé laissent l’Europe face à un choix : revoir ses ambitions à la baisse comme les autres, ou faire le choix de la transition énergétique parce que c’est la seule voie possible pour sécuriser les approvisionnements énergétiques, maîtriser les montants à investir dans l’énergie, créer des emplois pérennes et répartis sur l’ensemble du continent, et lutter contre les changements climatiques.

Revoir à la hausse l’objectif européen de réduction de gaz à effet de serre est indispensable. Mais il manque aussi aujourd’hui le moyen obligatoire pour l’atteindre : l’Europe doit se fixer un objectif renouvelable ambitieux et contraignant. Sinon ce sera mission impossible.Pour atteindre cette ambition tous les objectifs fixés doivent être contraignants, sur le climat, les renouvelables et les économies d’énergie.

Pourquoi ce trio ? Parce qu’un mécanisme seul reposant sur le prix carbone (ETS) ne conduirait qu’à développer les technologies matures au détriment des technologies nécessitant encore un soutien pour devenir prometteuses tant sur le plan énergétique qu’économique.

Une Europe qui choisirait de ralentir ou d’abandonner son projet de transition énergétique le paierait cher : augmentation de sa dépendance vis-à-vis des importations d’énergie (54% de l’énergie fossile consommée est importée), renoncement à ses avantages compétitifs dans l’économie verte, un outil pourtant au service d’une reprise économique, mise à mal des relations diplomatiques avec des pays qui représentent des marchés clefs et qui sont de plus en plus vulnérables aux risques climatiques…

Avoir un objectif renouvelables ambitieux et contraignant c’est aussi garantir une approche positive des politiques climatiques européennes en développant une industrie pourvoyeuse d’emplois.

 

La fuite en avant vers les nouveaux pétroles

Suite à la marée noire dans le Golfe du Mexique en avril 2010, la véritable tragédie serait de regarder en arrière dans 10 ans et de se dire que rien n'a changé, hormis la mise en place de meilleurs plans d'intervention et de sécurité.

Chaque fois qu'une catastrophe se produit, on se demande comment elle aurait pu être évitée. Mais le risque zéro n'existera jamais et la seule façon d'empêcher de nouvelles marées noires serait de mettre un terme au forage en mer et d'en finir avec notre dépendance au pétrole.

Pourtant, la diminution des réserves de pétrole dit conventionnel pousse les compagnies à chercher l'or noir de plus en plus loin, dans des conditions de plus en plus difficiles et dans des zones de plus en plus reculées. Des forages très profonds en Arctique notamment aux sables bitumineux, ce « nouveau pétrole » est plus cher, plus sale et plus risqué.

Alors que l'on fait face à une crise climatique sans précédent, le choix des pétroliers et des gouvernements serait aujourd'hui d'investir des milliards dans un pétrole à haut risque plutôt que dans les renouvelables et l'efficacité énergétique ?