Les dérèglements climatiques
En l'espace d'un siècle, la température moyenne à la surface de la planète a augmenté de 0,74°C. Une profusion de nouveaux résultats scientifiques montre que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes présentées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans son quatrième Rapport d'évaluation en 2007.
Au-delà d'une augmentation de 2°C, nous risquons de faire face à des bouleversements climatiques auxquels nous serons incapables de faire face. Or les scientifiques nous annoncent que ce réchauffement pourrait, si nous n'agissons pas, dépasser les 6°C en moyenne d'ici à 2100.
Derrière les moyennes globales, se cachent d'énormes différences. Ainsi, pour ce qui est du réchauffement constaté, l'élévation globale de 0,74°C s'est traduite par 1°C de plus en moyenne en Europe, et surtout 2°C à 4°C dans les régions polaires, ce qui menace déjà les écosystèmes et les habitants de ces régions. Dans les pays du Sud, les effets de ce réchauffement commencent déjà à se faire sentir. Le dérèglement du climat impacte les populations pauvres et accentue la difficulté d'accès à l'eau, la santé ou la sécurité. Les agriculteurs, qui ne peuvent plus compter sur les saisons, perdent récoltes après récoltes en raison des vagues soudaines de chaleur ou de fortes pluies…
Pour éviter les pires conséquences du dérèglement climatique, il faut commencer par inverser la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre, en croissance constante depuis des dizaines d'années, dans les 5 ans qui viennent, avant de parvenir à un niveau proche de zéro d'ici à 2050.
Accord mondial... en panne !
Notre capacité à éviter les pires impacts de ce dérèglement du climat dépend des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui seront adoptés au niveau mondial au cours des prochaines années.
Pour l'heure, les engagements pris à Copenhague par les pays industrialisés, non contraignants (et même s'ils étaient respectés), nous mènent droit vers une augmentation de 3, voire 4°C d'augmentation des températures.
Ils se chiffrent au mieux à -15% de réduction d'ici à 2020, par rapport aux niveaux de 1990. Et selon le pire des scénarios, les émissions pourraient même augmenter de 6,5% si les pays industrialisés s'en tiennent aux objectifs les plus faibles, et exploitent les échappatoires qu'ils ont mis en place. Or les dernières études publiées par les scientifiques amènent à la conclusion qu'un objectif de réduction d'au moins 40% d'ici à 2020 est nécessaire pour se donner un maximum de chances de maintenir l'augmentation des températures sous la barre des 2°C.
C'est cette incapacité des pays industrialisés à assumer leurs responsabilités face à la crise climatique qui est au cœur du blocage des négociations internationales sur le climat.
La fuite en avant vers les nouveaux pétroles
Suite à la marée noire dans le Golfe du Mexique en avril 2010, la véritable tragédie serait de regarder en arrière dans 10 ans et de se dire que rien n'a changé, hormis la mise en place de meilleurs plans d'intervention et de sécurité.
Chaque fois qu'une catastrophe se produit, on se demande comment elle aurait pu être évitée. Mais le risque zéro n'existera jamais et la seule façon d'empêcher de nouvelles marées noires serait de mettre un terme au forage en mer et d'en finir avec notre dépendance au pétrole.
Pourtant, la diminution des réserves de pétrole dit conventionnel pousse les compagnies à chercher l'or noir de plus en plus loin, dans des conditions de plus en plus difficiles et dans des zones de plus en plus reculées. Des forages très profonds aux sables bitumineux, ce « nouveau pétrole » est plus cher, plus sale et plus risqué.
Alors que l'on fait face à une crise climatique sans précédent, le choix des pétroliers et des gouvernements serait aujourd'hui d'investir des milliards dans un pétrole à haut risque plutôt que dans les renouvelables et l'efficacité énergétique ?