
Dans le cadre de sa lutte contre la destruction des forêts,
Greenpeace défend le bois « durable » et dénonce le bois
« illégal ». Que signifient ces deux expressions ?
Le bois « illégal »
Il s'agit d'un bois qui est coupé, transformé, transporté ou
commercialisé en violation des lois nationales ou internationales.
Cette violation peut intervenir aux différentes étapes de la chaîne
de production et de vente du bois :
- l'obtention de concessions forestières par des moyens illégaux,
notamment la corruption
- la coupe d'essences protégées ou dans des zones protégées
- la coupe hors taille, la surcoupe et la coupe en dehors des
zones prévues
- le non-paiement de taxes, notamment aux collectivités
locales
- l'utilisation de documents frauduleux pour commercialiser le
bois
- la déclaration frauduleuse aux douanes de la marchandise
exportée
Ce bois illégal représente 20 à 40% du bois importé en France et
en Europe.
Le bois « durable »
En 1992, le Sommet de la Terre à Rio a défini ce qu'est une
« gestion forestière durable ». Elle est écologiquement
adaptée, socialement bénéfique et économiquement viable. Mais cette
bonne gestion n'est qu'une première étape. Il faut dans un second
temps aider le consommateur à faire le bon choix pour qu'il achète
ce bois « durable » plutôt qu'un autre. C'est ainsi qu'est
née l'idée d'un label de bonne gestion des forêts. En 1993 est donc
apparu le label FSC (pour Forest Stewardship Council, Conseil de
bonne gestion forestière).
Derrière ces trois lettres, on trouve des représentants
d'organisations de protection de l'environnement (dont Greenpeace),
de défense des peuples indigènes, de forestiers et de revendeurs de
produits en bois. Ils ont établi une liste de dix critères qui
garantissent notamment le respect des ressources forestières, les
droits des communautés locales et ceux des ouvriers.
D'autres labels existent, mais le FSC est celui qui a le cahier
des charges le plus exigeant (sans être parfait non plus). C'est la
plus haute norme écologique, sociale et économique d'exploitation
forestière. C'est un bon compromis pour les consommateurs
(particuliers ou collectivités) soucieux de la provenance de leurs
achats de bois et de ses dérivés (contreplaqué, papier, etc.).
Actuellement, 116 millions d'hectares sont certifiés à travers
le monde. Il faut continuer à faire pression sur les gouvernements
et les entreprises pour que le FSC soit généralisé et s'applique à
l'ensemble des forêts de la planète. Il faut que les produits bois
et papiers consommés à travers le monde soient FSC. Il faut enfin
que le système d'écocertification reste crédible. Dans le bassin du
Congo, en Russie, en Europe du Nord, au Canada, le label est
décrié. A chaque fois, Greenpeace se bat pour maintenir le FSC à un
haut niveau d'exigence.
Le développement de l'exploitation industrielle des dernières
forêts anciennes n'est plus acceptable. Il faut passer d'une
logique d'exploitation à une logique de protection de ces forêts
pour assurer un avenir « durable » à la planète.