Page - 21 décembre, 2009

A Copenhague, les dirigeants de la planète devaient se mettre
d'accord sur un texte qui aurait succédé au protocole de Kyoto et
encadré les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour
l'après-2013. 20% de ces émissions étant causées par la
déforestation, celle-ci doit être vigoureusement combattue.
Copenhague a échoué, mais Greenpeace continue de défendre
l'objectif « Zéro déforestation » et propose la création
d'un fonds « Forêts pour le climat ». Ce fonds financerait
la réduction des émissions de GES liées à la déforestation et à la
dégradation des forêts dans les pays en développement (là où la
déforestation est la plus dramatique: en Amazonie, dans le bassin
du Congo, en Indonésie notamment). Ce fonds serait alimenté par les
pays industrialisés et rémunèrerait les pays en développement qui
mettraient en place des programmes de protection de leurs zones
forestières. Il veillerait à ce que des objectifs de préservation
de la biodiversité et de respect des populations autochtones soient
pris en compte.
L'une des originalités de notre proposition est que le
financement du fonds par les pays industrialisés viendrait en plus
de leurs efforts en matière de réduction des émissions de GES.
Non seulement ces pays devraient réduire sur leur territoire leurs
émissions de GES, mais ils devraient en plus aider les pays en
développement à réduire leurs émissions de GES dues à la
déforestation. Les deux obligations seraient même liées, puisque
les obligations de financement du fonds par les pays industrialisés
seraient calculées au prorata des émissions nationales de GES qui
leur seraient accordées. Cela signifie qu'un pays qui mettrait en
œuvre un plan de réduction drastique de ses émissions de GES
financerait moins le fonds « Forêt pour le climat ». A
l'inverse, un pays fortement émetteur de GES et peu soucieux de
réduire ses émissions se verrait financièrement pénalisé en devant
alimenter fortement le fonds.
C'est tout l'intérêt de ce dispositif par rapport à d'autres
mécanismes de compensation. Ceux-ci offrent aux pays industrialisés
la possibilité de se dérober à leurs obligations en matière de
réduction d'émissions de GES sur leur territoire en leur permettant
de financer à la place des réductions dans les pays en
développement. Ce qu'ils ne font pas chez eux, ils le font
ailleurs. Greenpeace demande qu'ils fassent les deux. La raison en
est simple : les pays industrialisés ont une responsabilité
historique dans la crise climatique que nous traversons. En
application du principe « pollueur-payeur », ils doivent
participer plus que les pays en développement à la lutte contre les
dérèglements climatiques. Greenpeace demande donc l'abandon des
mécanismes traditionnels de compensation au profit de solutions
innovantes à la hauteur des enjeux environnementaux, comme notre
fonds « Forêts pour le climat ».