Page - 15 octobre, 2009
Les agrocarburants sont des carburants produits à partir
de matières organiques, à la différence des carburants fossiles
(dérivés du pétrole par exemple). On parle parfois de
biocarburants, le préfixe « bio » faisant référence à la biomasse.
Greenpeace refuse ce terme qui peut laisser croire que ces
carburants seraient « bio ». Ce n'est malheureusement pas le cas.
Greenpeace préfère le terme d'agrocarburants qui souligne bien
qu'il s'agit de carburants issus de la production agricole. Tout le
problème est là.
Les agrocarburants ont pu apparaître comme une solution face aux
dérèglements climatiques. Remplacer les carburants fossiles,
fortement émetteurs de gaz à effet de serre (GES), par ces nouveaux
carburants, supposés renouvelables, a semblé être une bonne idée.
Mais en réalité, cela ne fait que déplacer le problème. Pour
produire plus d'agrocarburants, il faut augmenter la superficie des
terres agricoles. Cela se traduit par la destruction de zones
forestières, elle-même génératrice de gaz à effet de serre.
Les émissions de GES dues au secteur des transports peuvent
bien baisser : celles dues à la déforestation augmentent ! Il
n'y a pas réduction des émissions de GES, mais transfert (et
parfois hausse) de ces émissions.
Ce transfert se fait aux dépends des pays en développement. Les
émissions de GES ne sont plus le fait des véhicules dans les pays
industrialisés, mais des zones forestières transformées en terres
arables dans les pays en développement. Les pays riches se
dédouanent ainsi des efforts qu'ils ont à fournir en terme de
réduction de leurs émissions de GES sur le dos des pays pauvres qui
voient leurs émissions augmenter !
En outre, la déforestation dans les pays en développement met en
péril la biodiversité des zones forestières et le cadre de vie des
populations qui y résident. Elles rapportent bien plus aux
industries agro-alimentaires qu'aux pays qui voient leurs forêts
partir en fumée. L'exemple de la culture de palmier à huile en
Indonésie en est l'exemple le plus spectaculaire. Les terres
voisines de Papouasie-Nouvelle-Guinée pourraient suivre.
Enfin, l'augmentation des cultures destinées à la production des
agrocarburants fait grimper les prix des produits alimentaires et
diminuer les réserves alimentaires mondiales.
Les agrocarburants ne sont donc pas une solution face aux
dérèglements climatiques. Ils créent de nouveaux problèmes sans
régler les précédents. Pourtant, l'Union Européenne veut qu'ils
constituent 10% de ses carburants d'ici 2020. La Chine mise sur 15%
à la même date, tandis qu'en Inde, 20% du diesel proviendra des
agrocarburants d'ici 2012. Greenpeace dénonce ces objectifs et
demande aux gouvernements de les abandonner. Le recours aux
agrocarburants est une fausse bonne idée, dangereuse pour la
planète.