La déforestation est le processus de disparition des zones
forestières. Aujourd'hui, c'est l'activité humaine qui en est
principalement responsable. La forêt recule quotidiennement sous
les coups de l'activité économique : 13 millions d'hectares chaque
année. Avant tout, ce sont les forêts tropicales qui sont
sacrifiées: en Amazonie, dans le bassin du Congo, en Asie du Sud-Est. Pourquoi ?
Fournir du bois et des terres
La motivation économique du déboisement est double. D'abord,
alimenter le commerce du bois et répondre à la demande mondiale en
produits-bois (parquets, matériaux de construction, papier, etc.).
Les zones forestières sont éventrées pour faciliter l'accès aux
essences rares, couper les arbres, transporter ce qui peut être
vendu, laisser se décomposer ou brûler ce qui ne peut pas l'être.
Les forêts tropicales et boréales fournissent ainsi les gros
importateurs que sont l'Union Européenne, les Etats-Unis, le Japon
et la Chine. Le butin du pillage des forêts se retrouvent dans nos
magasins, nos bureaux, nos maisons sans que nous ayons conscience
du prix payé par l'environnement pour notre confort matériel.
L'industrie agro-alimentaire est l'autre grand responsable de la
déforestation. Les zones forestières disparaissent au profit de
cultures industrielles ou de domaines pastoraux. On y plante des
palmiers à huile, du soja. On y élève des bovins. Les géants de
l'industrie agro-alimentaire (Cargill, Unilever, Nestlé, Procter
& Gamble…) trouvent ainsi de nouvelles ressources pour faire
tourner leurs usines et alimenter le marché des produits
alimentaires, des cosmétiques, des détergents et des agrocarburants.
Quelle que soit la destination de ces nouvelles cultures, la
forêt recule au nom de logiques financières indifférentes aux
conséquences environnementales et sociales de cette
déforestation.
Corruption et absence de volonté politique
Ce pillage des ressources forestières par les industriels ne
pourrait se faire sans le soutien des pouvoirs politiques et une
corruption généralisée.
En Indonésie, le gouvernement mène une politique désastreuse de
soutien à l'industrie de l'huile de palme et de la pâte à papier.
En République Démocratique du Congo, la corruption et l'instabilité
politique ont permis aux industriels du bois d'étendre leurs
concessions en toute illégalité. Au Brésil, le gouvernement
subventionne l'extension des immenses élevages bovins qui font
partir en fumée la forêt amazonienne. La corruption y permet aux
exploitants illégaux de bois d'exporter en toute impunité leur
butin.
En Europe, les dirigeants politiques ne se sont toujours pas
entendus sur une réglementation exigeante du
commerce du bois. Ils défendent le recours aux agrocarburants et
participent ainsi à la destruction des ressources forestières. Au
niveau mondial, les négociations sur les changements climatiques
peinent à prendre en compte les 20% d'émissions de gaz à effet de
serre dues à la déforestation.
Au final, les pouvoirs politiques, par leur refus d'exercer un
contrôle efficace sur les industriels du bois et de l'agrobusiness,
sont autant responsables que ces derniers de la déforestation à
travers le monde.