Page - 16 octobre, 2009
La ligne THT Cotentin-Maine est un projet actuellement en
discussion et contre lequel Greenpeace milite activement. Une ligne
THT est une ligne à Très Haute Tension. Celle qui doit relier le
nord du Cotentin aux environs de Laval (la ligne Cotentin-Maine)
sera longue de 150 km et d'une puissance de 400 000 volts. Elle est
indissociable de la construction d'un
réacteur EPR dans la centrale nucléaire de Flamanville (près de
Cherbourg). Pour connecter cet EPR au réseau électrique et
acheminer l'électricité produite, il faut en effet construire une
nouvelle ligne THT.
Greenpeace s'oppose à la construction de cette ligne pour deux
raisons. D'abord, parce qu'elle s'articule au réacteur EPR de
Flamanville. Nous sommes contre ce recours à l'énergie nucléaire.
Nous lui préférons les énergies renouvelables, l'efficacité
énergétique et une gestion décentralisée plutôt qu'organisée autour
de grosses centrales. Nous dénonçons donc ce double projet (EPR à
Flamanville, ligne THT Cotentin-Maine) qui enferme un peu plus la
France dans une logique nucléaire coûteuse, inutile et
dangereuse.
En outre, les lignes THT mettent en péril la santé des
riverains. La coordination STOP-THT a publié en 2009 une enquête conduite sous
l'autorité de scientifiques indépendants . Leurs conclusions sont
extrêmement inquiétantes. « Une constante se dégage sur l'ensemble
des résultats : une dégradation significative des conditions de vie
et de travail est mise en évidence chez les riverains et dans les
exploitations [agricoles] exposées aux lignes THT. A proximité des
lignes, les troubles de l'état de santé des personnes sont majorées
dans des proportions […] significatives (irritabilité, maux de
tête, sommeil perturbé…). […] Les résultats obtenus commandent un
moratoire sur tous les projets de THT » et imposent des mesures
visant à protéger ceux qui vivent auprès de lignes existantes (200
000 personnes en France).
Greenpeace demande donc au ministère de l'Environnement, en
charge de ce dossier, de ne pas délivrer le décret déclarant
d'utilité publique le projet de ligne THT Cotentin-Maine.
Greenpeace n'est pas seule à protester. Les élus locaux, réunis
en collectif, sont toujours plus nombreux à s'opposer au projet. 39
maires ont pris un arrêté contre la ligne et 45 ont rendu un avis
négatif à l'organisation de l'enquête publique, soit 80% des avis
exprimés. Le Conseil général de la Manche a rendu un avis sous
condition et demandé qu'une distance de 300 mètres entre la ligne
et les habitations soit respectée. La chambre d'agriculture de
Mayenne a rendu un avis négatif. Les associations locales, les
collectifs départementaux et la Coordination interrégionale
STOP-THT se mobilisent. Elles ont lancé une contre-enquête publique
et une grande campagne d'information auprès des populations.
C'est dans ce contexte tendu que le 2 juin 2009 le préfet de la
Manche a lancé l'enquête publique sur le projet de ligne. Cette
enquête aurait du être lancée un an plus tôt. Grâce à la
mobilisation des associations et des élus locaux, le dossier a pris
du retard. Il faudrait qu'il soit purement et simplement abandonné.
La France n'a besoin ni de l'EPR, ni d'une nouvelle ligne THT.