Les accidents nucléaires en France

Page - 16 octobre, 2009

L'histoire du nucléaire dans le monde est ponctuée d'accidents. Une « échelle internationale des événements nucléaires » les classent, en fonction de leur gravité, de 0 à 7 : écart (niveau 0), anomalie (niveau 1), incident (niveaux 2 et 3), accident (de 4 à 7). L'accident le plus grave jamais enregistré est celui de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Il était de niveau 7. Mais d'autres accidents ont eu lieu aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon.

En France, les accident les plus graves étaient de niveaux 4. Ils ont eu lieu dans la centrale de St-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en octobre 1969 et en mars 1980. Dans les deux cas, des combustibles ont fusionné dans un des réacteurs de la centrale. D'autres accidents aussi graves ont été évités de justesse. Le 12 mai 1998, un des réacteurs de la centrale de Civaux (Vienne) a perdu son réfrigérant suite à une rupture de canalisation. Lors de la tempête de décembre 1999, le réacteur de la centrale nucléaire de Blaye (Gironde) a dû être arrêté d'urgence après que tous les systèmes de sécurité aient été inondés : les digues de protection n'avaient pas résisté à la force des vents. Lors de la canicule de 2003, c'est la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) qui avait pris chaud. Elle a dû être arrêtée en urgence. En 2006, de nouveau à Civaux, un opérateur a posé un livret sur un clavier de commande, entraînant un dépassement de la puissance thermique autorisée !

Certes, les incidents de niveau 2 ou 3 sont relativement rares en France : l'incendie d'un silo de stockage à La Hague en 1981, une mauvaise vis dans le système de protection de Gravelines en 1989, l'inondation de la centrale du Blayais en 1999, la perte de plutonium à Cadarache en 2009, etc. Mais l'Autorité de Sûreté Nucléaire, chargée du contrôle du nucléaire en France, reconnaît que plusieurs centaines d'écarts de niveau 0 et une centaine d'anomalies de niveau 1 ont lieu chaque année. Les incidents qui se sont produits sur les sites du Tricastin en 2008 et de Gravelines en 2009 relèvent, officiellement, de cette catégorie 1.

Ces incidents ou accidents, souvent sous-évalués, parfois évités de justesse, nous confortent dans notre rejet de l'industrie nucléaire. Ni le circuit de production de l'énergie nucléaire, ni l'organisation de la sécurité des installations ne nous semblent rassurants. L'industrie nucléaire nous assure pourtant qu'en cas d'accident majeur dans une installation française, aucune conséquence ne pourrait se faire sentir à l'extérieur du site. Mais cet optimisme frise l'irresponsabilité et semble oublier que le parc nucléaire français est vieillissant.

L'industrie nucléaire et le pouvoir politique font aussi peu de cas des rejets radioactifs libérés quotidiennement par les installations nucléaires au cours de leur fonctionnement normal, en particulier à La Hague. Chaque jour, de grandes quantités de gaz et d'effluents radioactifs sont rejetés, légalement et illégalement, dans les rivières, les eaux côtières et dans l'air. Nous ne vivons pas seulement sous la menace d'un nouveau Tchernobyl. Nous subissons quotidiennement le manque de respect du lobby nucléaire pour l'environnement et la santé humaine.

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