L'histoire du nucléaire dans le monde est ponctuée d'accidents.
Une « échelle internationale des événements nucléaires » les
classent, en fonction de leur gravité, de 0 à 7 : écart (niveau 0),
anomalie (niveau 1), incident (niveaux 2 et 3), accident (de 4 à
7). L'accident le plus grave jamais enregistré est celui de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Il était de
niveau 7. Mais d'autres accidents ont eu lieu aux Etats-Unis, au
Royaume-Uni et au Japon.
En France, les accident les plus graves étaient de niveaux 4.
Ils ont eu lieu dans la centrale de St-Laurent-des-Eaux
(Loir-et-Cher) en octobre 1969 et en mars 1980. Dans les deux cas,
des combustibles ont fusionné dans un des réacteurs de la centrale.
D'autres accidents aussi graves ont été évités de justesse. Le 12
mai 1998, un des réacteurs de la centrale de Civaux (Vienne) a
perdu son réfrigérant suite à une rupture de canalisation. Lors de
la tempête de décembre 1999, le réacteur de la centrale nucléaire
de Blaye (Gironde) a dû être arrêté d'urgence après que tous les
systèmes de sécurité aient été inondés : les digues de protection
n'avaient pas résisté à la force des vents. Lors de la canicule de
2003, c'est la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) qui avait pris
chaud. Elle a dû être arrêtée en urgence. En 2006, de nouveau à
Civaux, un opérateur a posé un livret sur un clavier de commande,
entraînant un dépassement de la puissance thermique autorisée !
Certes, les incidents de niveau 2 ou 3 sont relativement rares
en France : l'incendie d'un silo de stockage à La Hague en 1981,
une mauvaise vis dans le système de protection de Gravelines en
1989, l'inondation de la centrale du Blayais en 1999, la perte de
plutonium à Cadarache en 2009, etc. Mais l'Autorité de Sûreté
Nucléaire, chargée du contrôle du nucléaire en France, reconnaît
que plusieurs centaines d'écarts de niveau 0 et une centaine
d'anomalies de niveau 1 ont lieu chaque année. Les incidents qui se
sont produits sur les sites du Tricastin en 2008 et de Gravelines
en 2009 relèvent, officiellement, de cette catégorie 1.
Ces incidents ou accidents, souvent sous-évalués, parfois évités
de justesse, nous confortent dans notre rejet de l'industrie
nucléaire. Ni le circuit de production de l'énergie nucléaire, ni
l'organisation de la sécurité des installations ne nous semblent
rassurants. L'industrie nucléaire nous assure pourtant qu'en cas
d'accident majeur dans une installation française, aucune
conséquence ne pourrait se faire sentir à l'extérieur du site. Mais
cet optimisme frise l'irresponsabilité et semble oublier que le
parc nucléaire français est vieillissant.
L'industrie nucléaire et le pouvoir politique font aussi peu de
cas des rejets radioactifs libérés quotidiennement par les
installations nucléaires au cours de leur fonctionnement normal, en
particulier à La Hague. Chaque jour, de grandes quantités de gaz et
d'effluents radioactifs sont
rejetés, légalement et illégalement, dans les rivières, les
eaux côtières et dans l'air. Nous ne vivons pas seulement sous la
menace d'un nouveau Tchernobyl. Nous subissons quotidiennement le
manque de respect du lobby nucléaire pour l'environnement et la
santé humaine.