Le nucléaire est régulièrement présenté comme la solution pour
faire face aux
dérèglements climatiques. C'est faux. La filière nucléaire est
à la fois hors-jeu, hors-délai et sera de plus en plus
hors-service.
Hors-jeu
Certes, le nucléaire n'émet presque pas de CO2. Mais il est
hors-jeu, car il ne peut pas influer sur les émissions de gaz à
effet de serre (GES) dues aux transports, au secteur agricole ou à
la déforestation. Il ne peut avoir d'intérêt que pour réduire les
émissions de GES liées à l'électricité. Il faudrait alors
généraliser le recours au nucléaire.
Cette solution ne serait que de courte durée puisque les
réserves d'uranium seront épuisées au plus tard d'ici 60 ans. En
plus, elle serait dérisoire. Si l'on multipliait par quatre le
nombre total de réacteurs, les émissions mondiales de GES ne
baisseraient que de 6%. Le nucléaire ne peut pas jouer de rôle
majeur dans la réduction des émissions de GES.
Le nucléaire rend également impossible le développement d'une
politique d'économies d'énergie. Pour amortir le coût d'une
centrale nucléaire, il faut qu'elle tourne en permanence, sans lien
avec les besoins réels. Le nucléaire pousse à la consommation. En
plus, le coût d'une centrale est tel qu'il empêche durant des
années toute diversification des sources d'énergie.
Hors-délai
Pour éviter que la température n'augmente de plus de 2°C d'ici à
la fin du siècle, il faut que les émissions de GES baissent dès
2015. Le nucléaire ne peut pas nous y aider. Si l'on décidait
aujourd'hui de construire de nouvelles centrales, elles seraient en
service en 2020. Ce serait trop tard.
En outre, les réserves d'uranium s'épuisant, ces centrales ne
fonctionneraient que quelques décennies. C'est d'ailleurs pour cela
que le lobby nucléaire envisage des réacteurs de quatrième
génération et le recours à la fusion nucléaire. Mais les premiers
seraient prêts vers 2040, le second en 2100. Est-il possible
d'attendre si longtemps ? Non. Le nucléaire est hors-délai au
regard de l'urgence climatique.
Hors-service
Les dérèglements climatiques rendent périlleux le recours à
l'énergie nucléaire. On a déjà pu le constater à deux reprises. La
tempête de décembre 1999 a provoqué l'inondation de la centrale du
Blayais en Gironde. La canicule de l'été 2003 a obligé à arroser le
toit de la centrale de Fessenheim en Alsace.
De manière générale, les installations nucléaires étant situées
en bord de mer ou de rivière, elles seront particulièrement
exposées à la montée des eaux prévue à moyen terme, avec tous les
risques d'inondations que cela peut entraîner. De plus en plus,
l'énergie nucléaire sera hors-service.