Nucléaire et dérèglements climatiques

Page - 16 octobre, 2009

Le nucléaire est régulièrement présenté comme la solution pour faire face aux dérèglements climatiques. C'est faux. La filière nucléaire est à la fois hors-jeu, hors-délai et sera de plus en plus hors-service.

Hors-jeu

Certes, le nucléaire n'émet presque pas de CO2. Mais il est hors-jeu, car il ne peut pas influer sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) dues aux transports, au secteur agricole ou à la déforestation. Il ne peut avoir d'intérêt que pour réduire les émissions de GES liées à l'électricité. Il faudrait alors généraliser le recours au nucléaire.

Cette solution ne serait que de courte durée puisque les réserves d'uranium seront épuisées au plus tard d'ici 60 ans. En plus, elle serait dérisoire. Si l'on multipliait par quatre le nombre total de réacteurs, les émissions mondiales de GES ne baisseraient que de 6%. Le nucléaire ne peut pas jouer de rôle majeur dans la réduction des émissions de GES.

Le nucléaire rend également impossible le développement d'une politique d'économies d'énergie. Pour amortir le coût d'une centrale nucléaire, il faut qu'elle tourne en permanence, sans lien avec les besoins réels. Le nucléaire pousse à la consommation. En plus, le coût d'une centrale est tel qu'il empêche durant des années toute diversification des sources d'énergie.

Hors-délai

Pour éviter que la température n'augmente de plus de 2°C d'ici à la fin du siècle, il faut que les émissions de GES baissent dès 2015. Le nucléaire ne peut pas nous y aider. Si l'on décidait aujourd'hui de construire de nouvelles centrales, elles seraient en service en 2020. Ce serait trop tard.

En outre, les réserves d'uranium s'épuisant, ces centrales ne fonctionneraient que quelques décennies. C'est d'ailleurs pour cela que le lobby nucléaire envisage des réacteurs de quatrième génération et le recours à la fusion nucléaire. Mais les premiers seraient prêts vers 2040, le second en 2100. Est-il possible d'attendre si longtemps ? Non. Le nucléaire est hors-délai au regard de l'urgence climatique.

Hors-service

Les dérèglements climatiques rendent périlleux le recours à l'énergie nucléaire. On a déjà pu le constater à deux reprises. La tempête de décembre 1999 a provoqué l'inondation de la centrale du Blayais en Gironde. La canicule de l'été 2003 a obligé à arroser le toit de la centrale de Fessenheim en Alsace.

De manière générale, les installations nucléaires étant situées en bord de mer ou de rivière, elles seront particulièrement exposées à la montée des eaux prévue à moyen terme, avec tous les risques d'inondations que cela peut entraîner. De plus en plus, l'énergie nucléaire sera hors-service.

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