Le plutonium n'existe pas dans la nature. C'est un produit
artificiel radioactif créé par l'homme à partir des combustibles
nucléaires irradiés. Au départ, il était uniquement destiné à la
fabrication des bombes. Aujourd'hui, une partie est « retraitée »
pour servir de combustible aux centrales nucléaires.
Le circuit du retraitement en France
En France, c'est à l'usine de La Hague (dans le Cotentin) que le
plutonium est extrait des combustibles nucléaires irradiés. Il
traverse ensuite le pays pour rejoindre Marcoule (dans le Gard).
Là, il est mélangé à de l'uranium pour former un combustible appelé
le « Mox » (Mixed Oxydes). Ce Mox est ensuite envoyé vers
les vingt réacteurs qui s'en servent comme combustible. Une fois
utilisé, ce combustible est envoyé à La Hague où il est stocké.
C'est ce circuit que l'industrie nucléaire appelle le «
retraitement » du plutonium.
Les risques du retraitement
Le retraitement n'a rien à voir avec un recyclage. Pour trois
raisons. D'abord, il n'est pas sans fin, puisqu'il y a stockage en
bout de course. Ensuite, il génère un grand volume de déchets.
Enfin, les usines de retraitement (comme celle d'Areva à La Hague)
polluent la mer et l'atmosphère par leurs rejets. Alors que le
recyclage est propre, le retraitement est sale.
En plus, il est dangereux. Un milligramme de plutonium inhalé
(soit la taille d'une poussière), c'est l'assurance d'un cancer des
vois respiratoires. Pourtant, 300 à 450 kilos de plutonium pur
circulent chaque semaine entre La Hague et Marcoule! Ces transports
qui traversent la France constituent une véritable menace pour les
populations. Ils empruntent des autoroutes parfois surchargées (A6,
A7 et A13), des viaducs, des tunnels. Que se passerait-il en cas
d'accident ?
Alors que ces itinéraires devraient être secrets et
régulièrement modifiés pour des raisons de sécurité, ils sont très
facilement accessibles et les camions aisément reconnaissables. Des
terroristes n'auraient pas besoin de beaucoup de recherches pour
savoir comment les faire exploser ou s'en emparer.
On oublie trop souvent qu'il s'agit de convoi de matériaux
hautement radioactifs et que 4 à 8 kg de plutonium suffisent pour
fabriquer une bombe atomique. Il est incroyable que l'industrie
nucléaire prenne un risque aussi insensé. Que se passerait-il si ce
plutonium arrivait dans les mains d'un groupe terroriste ou d'un
Etat malintentionné ? Les risques de prolifération sont réels.
Le lobby nucléaire cherche à nous faire croire qu'il existe une
frontière entre l'utilisation pacifique et l'utilisation militaire
du plutonium. Mais il n'y en a pas. Chaque pays produisant de
l'énergie nucléaire possède la matière première pour élaborer une
bombe atomique. La distinction entre nucléaire civil et nucléaire
militaire est une fiction. Une dangereuse fiction.