Retraitement et plutonium

Page - 16 octobre, 2009

Le plutonium n'existe pas dans la nature. C'est un produit artificiel radioactif créé par l'homme à partir des combustibles nucléaires irradiés. Au départ, il était uniquement destiné à la fabrication des bombes. Aujourd'hui, une partie est « retraitée » pour servir de combustible aux centrales nucléaires.

Le circuit du retraitement en France

En France, c'est à l'usine de La Hague (dans le Cotentin) que le plutonium est extrait des combustibles nucléaires irradiés. Il traverse ensuite le pays pour rejoindre Marcoule (dans le Gard). Là, il est mélangé à de l'uranium pour former un combustible appelé le « Mox » (Mixed Oxydes). Ce Mox est ensuite envoyé vers les vingt réacteurs qui s'en servent comme combustible. Une fois utilisé, ce combustible est envoyé à La Hague où il est stocké. C'est ce circuit que l'industrie nucléaire appelle le « retraitement » du plutonium.

Les risques du retraitement

Le retraitement n'a rien à voir avec un recyclage. Pour trois raisons. D'abord, il n'est pas sans fin, puisqu'il y a stockage en bout de course. Ensuite, il génère un grand volume de déchets. Enfin, les usines de retraitement (comme celle d'Areva à La Hague) polluent la mer et l'atmosphère par leurs rejets. Alors que le recyclage est propre, le retraitement est sale.

En plus, il est dangereux. Un milligramme de plutonium inhalé (soit la taille d'une poussière), c'est l'assurance d'un cancer des vois respiratoires. Pourtant, 300 à 450 kilos de plutonium pur circulent chaque semaine entre La Hague et Marcoule! Ces transports qui traversent la France constituent une véritable menace pour les populations. Ils empruntent des autoroutes parfois surchargées (A6, A7 et A13), des viaducs, des tunnels. Que se passerait-il en cas d'accident ?

Alors que ces itinéraires devraient être secrets et régulièrement modifiés pour des raisons de sécurité, ils sont très facilement accessibles et les camions aisément reconnaissables. Des terroristes n'auraient pas besoin de beaucoup de recherches pour savoir comment les faire exploser ou s'en emparer.

On oublie trop souvent qu'il s'agit de convoi de matériaux hautement radioactifs et que 4 à 8 kg de plutonium suffisent pour fabriquer une bombe atomique. Il est incroyable que l'industrie nucléaire prenne un risque aussi insensé. Que se passerait-il si ce plutonium arrivait dans les mains d'un groupe terroriste ou d'un Etat malintentionné ? Les risques de prolifération sont réels.

Le lobby nucléaire cherche à nous faire croire qu'il existe une frontière entre l'utilisation pacifique et l'utilisation militaire du plutonium. Mais il n'y en a pas. Chaque pays produisant de l'énergie nucléaire possède la matière première pour élaborer une bombe atomique. La distinction entre nucléaire civil et nucléaire militaire est une fiction. Une dangereuse fiction.

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