Supermarchés, certifications

Page - 27 mai, 2011
Supermarchés, restaurateurs et consommateurs : nous avons tous un rôle à jouer dans la préservation des ressources de la mer.

Les supermarchés

La grande distribution est un acteur majeur du circuit du poisson et des fruits de mer. De plus en plus de poisson est vendu par la grande distribution, que cela soit en frais, en surgelé ou en produits préparés.

Si elle prend ses responsabilités dans la lutte contre la surpêche et la pêche illégale, elle peut transformer profondément le marché. En bannissant les espèces les plus menacées, comme les espèces des grandes profondeurs, elle peut contribuer à soutenir une pêche à échelle humaine, artisanale et durable.

Il faut noter que quelques initiatives vont dans le bon sens,comme le retrait du thon rouge chez plusieurs acteurs du secteur ou l'arrêt de la vente de certains requins des profondeurs. Mais les efforts réalisés par la grande distribution restent minimes. La plupart des chaînes de supermarché n'offrent pas ou très peu de poissons issus de la pêche durable.


Pour la transparence sur le poisson que nous mangeons

Les supermarché n'offrent généralement que très peu d'étiquetage pour les produits de la mer. Quand il existe, il reste trop imprécis, alors qu'il devrait offrir une traçabilité maximale, mentionnant les lieux de pêche, les techniques utilisées... Les acteurs de la grande distribution doivent aussi abandonner les noms commerciaux trompeurs. Par exemple, les saumonettes, les chiens de mer ou veau de mer sont en fait des requins, bien souvent menacés.

Greenpeace demande donc à la grande distribution

  • De retirer toutes les espèces menacées de leurs rayons. Et donc de s'approvisionner en produits de la mer pêchés et élevés durablement
  • De proposer un étiquetage complet et précis dans ses magasins : nom du poisson, zone et technique de pêche.
  • D’avoir toutes les garanties de légalités du poisson commercialisé.
  • De ne pas commercialiser les poissons pêchés pendant les périodes de reproduction.

Dans la jungle des labels

D’abord,  certains acteurs de la grande distribution ont créé leurs propres auto-certifications, qui en général n’ont rien de durable et qui ne sont que des outils de marketing. Pour être crédible, un label se doit d’être indépendat des distributeurs.
Certaines chaines de supermarchés proposent des produits labellisés MSC (Marine Stewardship Council, Conseil pour la bonne gestion des mers). Mais ce label, pour Greenpeace est loin d’être une bonne garantie.

Le MSC, créé dans les années 1990,  a d’abord contribué à faire évoluer les pratiques. Malheureusement, la volonté de pouvoir certifier des volumes de plus en plus importants s’est traduite par une baisse de l’exigence. Récemment les critiques à l’égard du MSC se sont multipliées, de la part des ONGs et des scientifiques, comme Daniel Pauly, par exemple.

Aujourd’hui, le  MSC accorde en effet son label à des pêcheries industrielles qui pêchent des stocks surexploités, ainsi qu'à des pratiques destructrices comme le chalutage de fond. De plus,  le MSC s’apprête à donner son logo à des pêcheries qui ne sont pas destinées à la consommation humaine directe : les pêches destinées à la fabrication de farine pour l’élevage de poissons mais aussi de porcs ou de volailles. Le MSC serait aussi en train d’étudier la certification d’une pêcherie de krill dans les eaux australes. Le krill est  une minuscule crevette à la base de l’alimentation des baleines et des oiseaux de mer. Le développement de cette pêcherie est une menace pour ces espèces déjà en danger. Il est inadmissible que le MSC certifie des pêcheries qui ne sont pas directement destinées à l’alimentation humaine.

Le MSC n’est donc pas une garantie suffisante pour le consommateur,  Il est même trompeur car il laisse croire au consommateur que les produits labellisés sont vraiment durables…

Thèmes