Les pôles sont les premières victimes des dérèglements
climatiques. Ils sont plus fragiles que les autres régions du globe
et se réchauffent plus vite : +3°C en Antarctique durant les
cinquante dernières années, contre +0,7°C au cours du XXème siècle
pour le reste du monde.
A ces dérèglements climatiques s'ajoutent la surpêche, le trafic
maritime, l'extraction d'hydrocarbures et parfois le tourisme. S'il
est déjà trop tard pour éviter certains phénomènes, nous pouvons
limiter la catastrophe.
En Antarctique
Le 7 avril 2009, en Antarctique, la plaque de Wilkins s'est
rompue. C'est le plus grand effondrement de glace jamais
enregistrée en Antarctique : 16 000 km². De manière générale, les
glaciers ont reculé de 87% durant les soixante dernières années en
Antarctique. Cette transformation des contours du continent austral
est un des signes les plus spectaculaires des dérèglements
climatiques en cours.
Elle s'accompagne de menaces sur la biodiversité (parfois dues à
la surpêche). On connait tous le cas des baleines et celui du
manchot-empereur. On connait moins les risques qui pèsent sur le
krill (une crevette typique des eaux froides). Cela peut sembler
anecdotique, mais le krill est la base de l'alimentation de tous
les prédateurs de la zone (pingouins, baleines, albatros, etc.). Si
le krill venait à disparaître, c'est toute la chaîne alimentaire de
ces animaux qui serait bouleversée.
L'Antarctique est pourtant un des continents les plus préservés
du monde. Plusieurs règlements internationaux (traité sur
l'Antarctique de 1959, protocole de Madrid de 1991, création d'un
sanctuaire baleinier en 1994) en ont fait une région dédiée à la
paix et à la science, où la nature doit être préservée.
Greenpeace demande d'étendre ce modèle à l'océan Austral en y
créant une réserve marine.
En Arctique
Contrairement à l'Antarctique, l'Arctique n'est pas du tout
protégé. Les activités humaines l'endommagent quotidiennement :
surpêche, dégradations liées aux activités d'extraction, pollution
de l'air et de l'eau, acidification des océans causée par les
émissions de gaz à effet de serre. La situation est extrêmement
inquiétante.
L'exemple le plus spectaculaire de cette dégradation est bien
sûr la fonte des glaces, due aux dérèglements climatiques.
Certaines prévisions suggèrent que l'océan Arctique pourrait être
libre de glace l'été dès 2030. D'autres avancent la date de 2012 !
Cela menace tous les écosystèmes de la zone et les modes de vie des
populations arctiques. Mais pas seulement.
Les effets pervers seraient nombreux. La fonte des glaces
offrirait de nouveaux passages pour le trafic maritime, avec tous
les risques de pollution que cela comporte. Elle libérerait l'accès
à des ressources (pétrolières notamment) jusqu'à présent
inaccessibles. Les conflits entre Etats et/ou industriels se
multiplieraient. Aux dérèglements climatiques
toujours plus grands s'ajouteraient de nouvelles tensions
économiques et politiques.
Greenpeace demande donc que l'Arctique soit protégé par un texte
international aussi contraignant que le traité sur l'Antarctique et
qu'un moratoire sur le développement industriel dans la région soit
décrété.
N'oublions pas que l'avenir des pôles nous concerne directement,
même s'ils sont loin de nous. Si les glaciers de l'Antarctique
fondaient totalement, le niveau mondial des mers augmenterait de 62
mètres !