Greenpeace demande la création d'un réseau mondial de réserves
marines, qui couvriraient 40% de nos océans. L'objectif est de
préserver les écosystèmes marins.
Qu'est-ce que c'est ?
Les réserves marines sont l'équivalent en mer des parcs
nationaux. Il s'agit de protéger tout un écosystème de
l'exploitation humaine.
En mer, cela signifie interdire la pêche, l'exploitation minière
et l'élimination des déchets. Aucune extraction, aucune dégradation
n'est possible. C'est le plus haut degré existant de protection des
mers et des océans. Toutes les autres formes d'« aires marines
protégées » sont moins performantes.
Mais pour être efficaces, ces réserves doivent être conçues en
partenariat avec les pêcheurs.
Pourquoi ?
Les océans sont des écosystèmes fragiles. Leur avenir est
gravement compromis par les activités humaines, en particulier la
pêche. On croit trop souvent que les ressources de la mer sont
illimitées, peut-être parce qu'elles sont moins visibles que celles
sur terre. Mais elles sont malheureusement menacées d'épuisement et
l'encadrement de la pêche ne suffira pas. Il faut aller plus loin,
avec la création de réserves marines.
L'idée n'est pas nouvelle. Elle a déjà été évoquée lors des
Sommets de la Terre, à Rio en 1992 et à Johannesburg en 2002. Les
engagements internationaux et régionaux qui préconisent la mise en
place de réserves marines sont nombreux. Mais la volonté de passer
à l'action fait défaut.
En France, sur terre, 10% de la superficie est protégée dans le
cadre de parcs nationaux. En mer, à peine 1% est protégé !
Où ?
Greenpeace a établi une carte mondiale des
réserves marines à créer. Elles couvriraient 40% de nos océans. Ce
chiffre n'a rien de fantaisiste. Les scientifiques estiment que 20
à 50% de nos océans devraient être déclarés « réserves
marines ».
Ces réserves formeraient un réseau cohérent de grandes étendues
en haute mer et de plus petites superficies le long des côtes. Les
sites à privilégier seraient les zones de reproduction des
poissons, les habitats vulnérables (récifs coralliens, monts
sous-marins) et les zones abritant des espèces rares et/ ou
surexploitées.
Concernant la France, elle s'est engagée à créer 10% de réserves
marines dans ses eaux territoriales, notamment en Méditerranée et
dans le Pacifique, à l'horizon 2020. Cette décision avait été
annoncée à la suite des négociations du Grenelle de la Mer en
2009.
Quels effets ?
Des exemples concluants de réserves marines existent déjà en
Nouvelle-Zélande, aux Açores, en Corse. Quelle que soit la
superficie de ces réserves, leurs effets sont prouvés après
quelques années d'existence.
Le premier est bien sûr le repeuplement. Protégés de tout
prélèvement, les poissons se reproduisent tranquillement, leur
taille augmente. Les écosystèmes sont restaurés, leurs capacités de
résistance renforcées.
Une réserve participe aussi à la reconstitution des zones
environnantes et augmente le rendement des pêcheries adjacentes
(soit parce que les poissons sortent de leur zone, soit parce que
les œufs et larves migrent vers les zones de pêche).
Les pêcheurs sont ainsi les principaux bénéficiaires de la
création de réserves marines.