Surpêche & pêche pirate

Page - 15 octobre, 2009

 

Aujourd'hui, au niveau mondial, 80% des poissons sont surexploités ou au bord de la surexploitation. Pour les différentes espèces de  thon, le cabillaud, l'espadon et les requins, la situation est encore pire. Il y a trop de bateaux et plus assez de poissons. Au rythme actuel, les océans pourraient être vides de poissons dès 2048.

Les responsables sont connus, les solutions existent. Seule manque la volonté d'agir contre la surpêche et la pêche pirate.

La surpêche

Pêcher trop au vu des réserves de poissons. Mettre en danger les capacités de reproduction des poissons. Les exemples les plus célèbres sont ceux du thon rouge de Méditerranée, au bord de l’effondrement, ou  de la morue de Terre Neuve qui a disparu.  Elle a été pêchée pendant 5 siècles, mais à la fin du XX ième siècle, la pêche est devenue si importante que les réserves avaient disparu, dès 1992, la morue ne pouvait plus se reproduire. Sa pêche est interdite depuis 20 ans mais  rien n’y fait :  la morue a été pêchée jusqu’à "épuisement du stock", elle a perdu sa place dans l’écosystème.

Depuis plus de 20 ans, les captures mondiales stagnent autours de 100 millions de tonnes de poisson, pourtant, le nombre de bateaux augmente, tout comme leur puissance. Une seule explication : la surpêche s’accélère et les océans se vident. La technologie moderne, l’électronique et les moyens satellites ne laissent aucune chance au poisson.

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la surpêche est une activité tout à fait légale. Elle est autorisée, en toute conscience, par les organisations internationales de gestion des pêches.

Elle fait le bonheur de la pêche industrielle et de ses moyens surdimensionnés qui épuisent les fonds marins. Hier, dans les eaux des pays riches, aujourd'hui dans celles des pays en développement. La surpêche prive ces pays de précieuses ressources, pour des centaines de millions de personnes, les produits de la mer sont le seul apport en protéines animales. La surpêche affecte les économies locales et les équilibres sociaux, les premiers touchés sont les populations les plus pauvres et les femmes en particulier. C’est particulièrement vrai en Afrique de l'Ouest (en Mauritanie, au Sénégal notamment).  1% des navires, ceux de la pêche la plus industrielle, réalise 50% des prises à eux seuls ! Ils sont donc peu nombreux, à faire de gros dégats.

La pêche illégale ou "pirate"

C'est pêcher sans en avoir le droit : en  utilisant des techniques de pêche interdites (comme les filets maillants dérivants), pêcher  des espèces protégées, dans des zones non autorisées ou hors des périodes légales. C'est aussi dépasser les quotas autorisés ou pêcher sans licence.
C'est à ce point répandu à travers le monde qu'un poisson sur quatre est pêché de façon illégale !
Bien sûr, la pêche "pirate" participe ainsi à la surpêche. La différence c'est qu'elle est interdite, alors que la surpêche est cautionnée par les gouvernements et les institutions internationales.

La pêche illégale c’est aussi un chiffre d’affaire estimé à  10 milliards d’euros par an, et des millions dépensés pour le contrôle...

Que faire ?

La surpêche et la pêche « pirate » n'ont pas d'avenir. Elles détruisent ce dont elles vivent.Pour dénoncer leurs agissements, Greenpeace publie et met à jour une liste noire des navires pirates.

Pour lutter efficacement contre ces pratique, il est nécéssaire de :

  • établir un réseau de réserves marines qui couvriraient 40% de nos océans
  • promouvoir la pêche durable dans les 60% restants
  • lutter efficacement contre la pêche illégale (notamment en multipliant les contrôles)
  • repenser notre consommation de poissons.

Par leurs politiques de subventions, par leurs choix aux niveaux national ou international, les gouvernements ont les moyens d'agir. Ils le doivent. Il faut reformer la PCP , la Politique commune des pêches en Europe, mais aussi les conventions internationales des pêches. La surpêche et la pêche "pirate" mettent en danger l'avenir de nos mers et de nos pêcheurs.

La surpêche et la pêche « pirate » mettent en danger l'avenir de nos mers et de nos pêcheurs.

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