L'agriculture, une des causes des dérèglements climatiques
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les dérèglements
climatiques sont souvent associés dans nos esprits aux rejets
industriels, à nos déplacements en voiture et à notre politique
énergétique. On ne sait pas assez que l'agriculture participe elle
aussi aux changements climatiques. Elle est responsable de 14% des
émissions mondiales de GES.
Ces émissions sont principalement dues à deux gaz moins connus
que le CO2 :
- le méthane, émis par les ruminants, mais aussi par certaines
techniques de riziculture
- le protoxyde d'azote, lié à l'utilisation d'engrais
azotés.
A ces émissions, on peut ajouter celles liées à la
déforestation, puisque celle-ci est très souvent motivée par la
conversion de zones forestières en terres agricoles. Or, la
déforestation est à l'origine de 20% des émissions mondiales de
GES. Agriculture et déforestation sont ainsi responsables d'un
tiers des émissions mondiales de GES.
L'adoption d'autres techniques agricoles et la lutte contre la
déforestation sont donc indispensables pour réduire ces
émissions
L'agriculture, une des victimes des dérèglements
climatiques
Ces changements sont d'autant plus nécessaires que l'agriculture
serait l'une des principales victimes des dérèglements climatiques
à venir si l'augmentation de la température moyenne mondiale
dépassait les 2°C d'ici 2100.
Dans ce cas, nous assisterions à une multiplication de
phénomènes aussi extrêmes que variés :
- vagues de chaleur, sécheresses et désertification
- salinisation des terres
- variations imprévisibles de la pluviosité
- réduction des réserves en eau par endroits, inondations dans
d'autres régions
- développement des parasites et des maladies.
Ces phénomènes aboutiraient à une diminution des ressources
agricoles. Elle serait particulièrement marquée en Amérique
latine et en Afrique.
De manière générale, les populations les plus touchées par les
variations climatiques seraient les plus pauvres et les plus
dépendantes des fluctuations des prix des matières premières.
L'injustice climatique renforcerait les inégalités économiques et
sociales.
Quelles solutions ?
On peut d'abord envisager une baisse des émissions de gaz à
effet de serre par le secteur agricole. Cela passerait par une
réduction de la consommation de viande à travers le monde (et donc
de l'élevage bovin), l'amélioration de la riziculture par
inondation et un moindre recours aux engrais azotés. Ainsi, on
réduirait à la source les émissions de méthane et de protoxyde
d'azote évoquées plus haut.
Plus généralement, il faut abandonner une agriculture
industrielle qui est destructrice de l'environnement et
favoriser une agriculture durable, qui préserve la
biodiversité.
C'est une évidence. Plus on augmente le nombre d'espèces
différentes ou de variétés présentes dans un champ ou un
écosystème, plus forte est la probabilité qu'au moins certaines
d'entre elles puissent faire face aux variations climatiques. La
sécurité alimentaire s'en trouve alors renforcée.
On comprend d'autant mieux que Greenpeace refuse les OGM. D'une
part, ils s'inscrivent dans une logique productiviste, fortement
émettrice de GES. D'autre part, ils représentent une menace pour la
biodiversité. Autrement dit, les OGM aggravent le problème et
détruisent la solution