Agriculture et dérèglements climatiques

Page - 16 octobre, 2009

L'agriculture, une des causes des dérèglements climatiques

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les dérèglements climatiques sont souvent associés dans nos esprits aux rejets industriels, à nos déplacements en voiture et à notre politique énergétique. On ne sait pas assez que l'agriculture participe elle aussi aux changements climatiques. Elle est responsable de 14% des émissions mondiales de GES.

Ces émissions sont principalement dues à deux gaz moins connus que le CO2 :

  • le méthane, émis par les ruminants, mais aussi par certaines techniques de riziculture
  • le protoxyde d'azote, lié à l'utilisation d'engrais azotés.

A ces émissions, on peut ajouter celles liées à la déforestation, puisque celle-ci est très souvent motivée par la conversion de zones forestières en terres agricoles. Or, la déforestation est à l'origine de 20% des émissions mondiales de GES. Agriculture et déforestation sont ainsi responsables d'un tiers des émissions mondiales de GES.

L'adoption d'autres techniques agricoles et la lutte contre la déforestation sont donc indispensables pour réduire ces émissions

L'agriculture, une des victimes des dérèglements climatiques

Ces changements sont d'autant plus nécessaires que l'agriculture serait l'une des principales victimes des dérèglements climatiques à venir si l'augmentation de la température moyenne mondiale dépassait les 2°C d'ici 2100.

Dans ce cas, nous assisterions à une multiplication de phénomènes aussi extrêmes que variés :

  • vagues de chaleur, sécheresses et désertification
  • salinisation des terres
  • variations imprévisibles de la pluviosité
  • réduction des réserves en eau par endroits, inondations dans d'autres régions
  • développement des parasites et des maladies.

Ces phénomènes aboutiraient à une diminution des ressources agricoles. Elle serait particulièrement marquée en Amérique latine et en Afrique.

De manière générale, les populations les plus touchées par les variations climatiques seraient les plus pauvres et les plus dépendantes des fluctuations des prix des matières premières. L'injustice climatique renforcerait les inégalités économiques et sociales.

Quelles solutions ?

On peut d'abord envisager une baisse des émissions de gaz à effet de serre par le secteur agricole. Cela passerait par une réduction de la consommation de viande à travers le monde (et donc de l'élevage bovin), l'amélioration de la riziculture par inondation et un moindre recours aux engrais azotés. Ainsi, on réduirait à la source les émissions de méthane et de protoxyde d'azote évoquées plus haut.

Plus généralement, il faut abandonner une agriculture industrielle qui est destructrice de l'environnement et favoriser une agriculture durable, qui préserve la biodiversité.

C'est une évidence. Plus on augmente le nombre d'espèces différentes ou de variétés présentes dans un champ ou un écosystème, plus forte est la probabilité qu'au moins certaines d'entre elles puissent faire face aux variations climatiques. La sécurité alimentaire s'en trouve alors renforcée.

On comprend d'autant mieux que Greenpeace refuse les OGM. D'une part, ils s'inscrivent dans une logique productiviste, fortement émettrice de GES. D'autre part, ils représentent une menace pour la biodiversité. Autrement dit, les OGM aggravent le problème et détruisent la solution 

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