Depuis une réglementation européenne de 2004, les produits
qui contiennent plus de 0,9% d'OGM doivent être étiquetés.
Ainsi, vous pourrez lire par exemple : « sirop de maïs issu de
maïs génétiquement modifié ». Mais il est peu probable que cela
vous arrive. Sur 80 000 produits alimentaires commercialisés en
France, seule une trentaine sont étiquetés « OGM ». Il
s'agit essentiellement de produits importés des Etats-Unis ou
d'huiles de soja.
Malheureusement, cela ne veut pas dire qu'il suffit d'éviter ces
produits pour être certain de ne pas manger d'OGM. D'abord, parce
que le produit que vous achetez peut contenir moins de 0,9% d'OGM
(ce qui ne nécessite donc pas d'étiquetage obligatoire). Ensuite,
parce que les OGM arrivent dans nos assiettes via la nourriture
animale. Comment ?
80% des animaux d'élevage consomment des OGM, principalement du
soja importé du continent américain. Nos vaches, nos cochons, nos
volailles… sont presque toujours nourris aux OGM. Les produits
issus de leur élevage peuvent donc contenir des OGM. Or, la
réglementation sur l'étiquetage n'impose pas d'indiquer si ces
produits proviennent d'animaux élevés ou non aux OGM. Nous n'avons
donc aucun moyen de savoir si la viande, le lait, les œufs et tous
les produits dérivés (yaourts, biscuits…) que nous achetons
contiennent ou non des OGM. Nous consommons donc forcément des
OGM de manière indirecte. Par le biais de l'alimentation
animale, les OGM entrent dans la chaîne alimentaire.
Pour éviter cela, il faudrait que l'étiquetage précise
clairement si un produit est issu d'une filière non-OGM. Le
consommateur pourrait ainsi savoir si la viande, le lait, les œufs,
etc. qu'il achète sont issus d'animaux élevés ou non avec des
OGM.
Un premier pas a été fait en mai 2009. Le Conseil National de la
Consommation a admis que les industriels de l'agro-alimentaire qui
avaient fait le choix du « sans OGM » pouvaient le signaler
via l'étiquetage. La mention « Animaux nourris sans utilisation
d'OGM » pourra être apposée sur la viande, les œufs et les
produits laitiers issus de filières excluant l'alimentation à base
d'OGM.
Greenpeace prend acte avec satisfaction de cet avis qui devrait
permettre de pérenniser les filières sans OGM et d'orienter la
demande vers ces produits. Mais il faut aller plus loin. Il faut
rendre obligatoire l'étiquetage de tous les produits issus
d'animaux nourris avec des OGM et renoncer à nourrir les animaux
d'élevage aux OGM.
En attendant, il n'existe que deux moyens pour éviter les OGM
dans les produits provenant d'animaux :
- consommer des produits « bio » (puisque le cahier des
charges de l'agriculture « bio » exclut les OGM)
- utiliser notre « Guide des produits avec ou sans OGM » que
nous mettons à jour régulièrement depuis 1998 (la dernière version
date de 2009).