Menaces et dangers des OGM

Page - 16 octobre, 2009

Les défenseurs des OGM voudraient nous faire croire que les trois filières agricoles qui existent actuellement peuvent cohabiter : les cultures traditionnelles, les cultures « bio » et les cultures OGM. On pourrait produire des OGM sans menacer les autres formes d'agriculture.

C'est tout simplement faux. Nous ne pouvons pas maintenir des filières parfaitement étanches. La contamination des filières traditionnelles et bio par les OGM est inévitable.

Des exemples le prouvent. En 2009, Greenpeace Suisse a fait analyser 22 variétés de miels vendus dans le pays : plus d'un quart comportaient des traces de pollens OGM. En tout, depuis 1996, date d'arrivée sur le marché des OGM, 216 cas de contamination ont été enregistrés dans 57 pays !

Au-delà de ces chiffres, il a été démontré maintes fois que la coexistence des filières est impossible. Comment imaginer qu'il puisse y avoir côte à côte des champs OGM et des champs non-OGM sans que le vent, les abeilles, les oiseaux, les eaux souterraines ne viennent perturber ce bel ordonnancement ? Inéluctablement, la nature va mélanger les semences, les pollens, les fleurs. La contamination ne se cantonne pas aux champs. Elle se fait aussi par les machines agricoles, dans les silos de stockage, pendant le transport et la transformation des produits. La coexistence est par définition impossible.

Autrement dit, le développement généralisé des OGM signerait l'arrêt de mort de toutes les autres formes d'agriculture. Les cultures bio, l'agriculture traditionnelle telles qu'on les connaît aujourd'hui disparaîtraient. Développer les OGM, c'est en réalité leur assurer le monopole de l'agriculture.

On pourrait penser que ce n'est pas bien grave. Il n'y aurait que des OGM, et alors ? N'est-ce pas le progrès ? Et bien, non, ce n'est pas le progrès.

La généralisation des OGM représente une menace pour notre environnement, pour la santé humaine et animale, pour les équilibres économiques et sociaux et d'un point de vue éthique.

Voici pourquoi.

1. Les menaces sur l'environnement

2. Les menaces sur la santé humaine

3. Les menaces sur les équilibres économiques et sociaux 

4. Les menaces éthiques 


1. Les menaces sur l'environnement

Plus de pollutions, moins de biodiversité

Avec une plante non-OGM, l'agriculteur ne peut appliquer d'herbicide qu'avant la pousse. Avec une plante OGM résistante à un herbicide, il peut en utiliser tout au long de la pousse, puisque la plante est faite pour résister à cet herbicide. L'agriculteur va donc en utiliser beaucoup plus. Cela veut dire plus de pollutions des sols et des nappes phréatiques.

En outre, utiliser cet herbicide en permanence, c'est prendre le risque de voir apparaître de mauvaises herbes qui vont devenir résistantes à cet herbicide.

Dans le cas d'un OGM qui produit son propre insecticide (comme le MON 810 autorisé en Europe mais provisoirement interdit en France), c'est le même schéma. Les insectes peuvent développer une résistance à l'insecticide à force d'y être exposé. En plus, cet insecticide menace des insectes « non-ciblés » comme les papillons ou les coccinelles.

Et la barrière des espèces ?

Fabriquer des OGM, ce n'est pas comme croiser des roses pour en créer de plus belles. Ce n'est pas la même logique de croisement que celle de générations de paysans et de botanistes. Fabriquer des OGM, c'est prendre un gêne chez un animal ou un végétal et l'introduire chez un autre animal ou un autre végétal (par exemple mettre un gêne de poisson dans une fraise pour la rendre résistante au gel). C'est franchir la barrière des espèces. C'est une pollution vivante, incontrôlable et irréversible si on s'y livre en plein champ. Dans ce cas, il n'y a pas de retour en arrière possible. En avons-nous assez conscience ?


2. Les menaces sur la santé humaine

Il n'existe aucune étude à long terme sur les risques sanitaires liés à la consommation d'OGM. Leur innocuité pour la santé humaine n'a pas été démontrée. Personne n'est donc en mesure de garantir que les OGM sont sans danger.

Par contre, des risques potentiels ont été identifiés. Il y en a au moins trois :

- les risques d'allergies

Les allergies alimentaires sont provoquées par les protéines, elle-mêmes codées par les gênes dans l'ADN. Introduire de nouveaux gênes dans un organisme, c'est donc introduire de nouvelles protéines et multiplier les risques d'allergies.

Certes, on sait encore relativement peu de choses sur le sujet. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le développement des allergies n'est un pas un phénomène bénin. Il constitue un véritable enjeu de santé publique.

- l'affaiblissement des antibiotiques

Un certain nombre de plantes OGM contiennent un gène de résistance aux antibiotiques. Ce gène est inutile pour la plante, mais il sert dans sa fabrication. Le problème est que certains scientifiques craignent que ce gène de résistance passe dans le système digestif animal ou humain. Le risque serait alors que ce gène rende inefficace l'utilisation de certains antibiotiques pour soigner des maladies chez l'humain ou l'animal.

- un risque de toxicité

En 2007, une étude du professeur Seralini a montré que des rats nourris pendant 90 jours avec du maïs MON 863 présentaient des anomalies au foie, aux reins et au sang qui pourraient être des signes de toxicité.


3. Les menaces sur les équilibres économiques et sociaux

Les industriels des OGM voudraient nous faire croire que les OGM sont la solution à la faim dans le monde. Les chiffres prouvent le contraire. Les OGM n'augmentent pas significativement les rendements agricoles. Il est même arrivé pour certaines variétés de soja OGM que les rendements soient moins importants que ceux des sojas traditionnels !

Si les OGM ne peuvent être une solution à la faim dans le monde, c'est tout simplement parce que les industriels de l'agro-alimentaire ne les ont pas conçus pour ça. Leur objectif est de créer des plantes qui puissent résister aux insectes et aux herbicides, et de faciliter ainsi le travail des agriculteurs.

Ces multinationales mentent quand elles prétendent pouvoir sauver la planète. La meilleure preuve, c'est que les cultures OGM sont exportées vers les pays riches et destinées essentiellement à la nourriture animale.

De toute façon, pour stopper la faim dans le monde, il ne faut pas produire plus, mais répartir mieux. Il faut développer des infrastructures adaptées à chaque pays, à chaque région. Il faut permettre aux petits paysans du Sud, qui constituent les trois-quarts des mal-nourris, de mettre en œuvre des pratiques agricoles adaptées à leur milieu, viables sur le long terme et qui ne les rendent pas dépendants des firmes agrochimiques. Il faut promouvoir une agriculture durable.

Or, les industriels des OGM proposent exactement l'inverse :

  • une standardisation des pratiques agricoles à travers le monde
  • une dépendance totale des petits paysans à l'égard de grandes multinationales qui leur vendent semences, engrais et pesticides, et les obligent à les leur racheter chaque année
  • une agriculture qui ne respecte pas l'environnement.

Autrement dit, non seulement les OGM ne sont pas une solution à la faim dans le monde, mais ils peuvent même l'aggraver. Ils font le jeu de quelques grands groupes industriels qui imposent leur loi aux agriculteurs, voire aux Etats. Les OGM ne sont pas la réponse. Ils sont le problème : un danger pour la sécurité alimentaire mondiale.


4. Les menaces éthiques

Les OGM posent un problème éthique fondamental. Le choix de quelques-uns met en péril la liberté du plus grand nombre.

D'abord, parce que la culture des OGM empêche toute autre forme d'agriculture (on l'a vu). Pour arriver à créer une étanchéité toute relative entre cultures OGM et filières non-OGM, ces dernières doivent dépenser beaucoup d'argent. Le surcoût pour un agriculteur non-OGM est de 5 à 37 euros par tonnes de maïs non-OGM. C'est clairement une atteinte au principe du pollueur-payeur.

Dans les faits, ce n'est pas l'agriculteur OGM qui paie mais l'agriculteur non-OGM qui assume le choix imposé par son voisin. L'agriculture non-OGM doit alors se résoudre à baisser ses bénéfices ou à répercuter le surcoût sur le prix du produit, donc sur le consommateur.

A cette injustice s'ajoute un sérieux manque d'information et d'objectivité de la part des autorités. L'étiquetage des produits et la localisation des champs OGM a toujours posé problème en France. L'Afssa (l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments), en charge du dossier, est clairement pro-OGM. Idem pour son homologue européenne (l'EFSA). Sur les 42 avis émis par l'EFSA au sujet des OGM, tous sont positifs malgré les lacunes dans le processus d'évaluation. Les ministres de l'Environnement de l'UE ont d'ailleurs demandé en 2008 à ce que le système d'expertise soit revu. Dans les deux cas, ces institutions, censées éclairer de façon objective les décideurs politiques, sont clairement partisanes et privilégient des études à court-terme plutôt qu'une évaluation à long-terme des effets des OGM.

Ce manque d'expertise indépendante est d'autant plus problématique que la fabrication des OGM a commencé dans les années 90 et que nous manquons de recul sur ses effets. C'est « on essaie et on verra ensuite ». Dans la mesure où il s'agit de manipuler le vivant, cette légèreté est extrêmement inquiétante. Nous laissons des industriels uniquement préoccupés par la rentabilité de leurs investissements toucher à l'ADN et modifier les gènes. Ces firmes, comme Monsanto, n'hésitent plus à breveter leurs inventions, et donc le vivant. Dans le même temps, nous les laissons faire de nous les cobayes de leurs ambitions. Au final, c'est à une marchandisation du vivant que nous assistons.

L'opinion publique n'est pas dupe. Les sondages montrent régulièrement son opposition, et en tout cas son scepticisme vis-à-vis des OGM. Plus les citoyens sont informés sur le sujet, plus ils rejettent les OGM.

Les questions éthiques posées par les OGM appellent donc à un débat national et à un respect de l'Etat de droit qui ont trop souvent fait défaut. Le vivant (les semences, les plantes, leurs génomes) est un patrimoine commun de l'humanité. Il ne peut pas être détenu par quelques multinationales.

Nos documents sur le sujet