Actualité - 18 juillet, 2007
Le 17/07/07 - Une pomme de terre OGM va bientôt être autorisée par la Commission européenne. Il s'agira de la première autorisation de mise en culture d'un OGM depuis le maïs BT Monsanto 810 en 1998. Une majorité des ministres de l'agriculture des pays membres de l'Union se sont pourtant prononcés contre, lundi 15 juillet à Bruxelles, mais la majorité qualifiée n'a pas été atteinte. Greenpeace déplore que les gouvernements élus se déchargent une fois de plus de leur responsabilité au profit de la Commission.
6 pays se sont abstenus, 11 ont voté contre et 10 pour
l'autorisation de mise en culture de la pomme de terre OGM de
l'industriel allemand BASF… Faute de majorité dans un sens comme
dans l'autre, la décision va donc revenir à la Commission.
« Nous déplorons une fois de plus cette procédure biaisée : à
chaque fois la Commission européenne dit oui en se basant sur
l'avis de l'autorité européenne de sécurité des aliments »
déclare Arnaud Apoteker de Greenpeace. « Les ministres fuient
leur responsabilité alors que les opinions publiques européennes
sont majoritairement opposées à l'invasion des cultures et des
produits OGM ! »
En s'abstenant, le gouvernement français a permis d'éviter que
la pomme de terre soit adoptée immédiatement par le Conseil des
ministres, mais a fait l'autruche, fermant les yeux sur les 86% de
français hostiles aux cultures d'OGM.
La pomme de terre BASF contient un gène de résistance à la
néomycine et à la kanamycine, des antibiotiques réservés au
traitement des infections aigües. « La résistance accrue des
hommes et animaux aux antibiotiques est un grave problème médical.
Utiliser des gênes résistants alors que ce n'est pas indispensable
est tout à fait irresponsable ! » poursuit Arnaud
Apoteker.
Contrairement aux affirmations de la Commission, l'utilisation
de cette pomme de terre ne sera pas qu'à seule fin de production
d'amidon pour l'industrie du papier. Certains résidus pourront
servir à l'alimentation animale. Dans sa demande d'autorisation,
BASF n'exclut d'ailleurs pas que cet OGM puisse être utilisé ou
présent dans l'alimentation.
« En autorisant pour la première fois une pomme de terre OGM,
la Commission va faire un pas de plus vers l'irréparable. Comme
pour le maïs, le risque de contamination des cultures
conventionnelles et biologiques, et donc de passage dans la chaîne
alimentaire, ne peut être écarté » conclut Arnaud
Apoteker.