L'Allemagne décide un moratoire sur le maïs OGM MON810

Actualité - 21 mai, 2007
Le 21/05/07 - Au moment où le nouveau gouvernement français reçoit les principales organisations de l'environnement pour préparer le « Grenelle de l'environnement », l'Allemagne vient de décider d'un moratoire sur les OGM.

OGM, j'en veux pas !

Le gouvernement allemand a en effet suspendu par un décret du 27 avril la commercialisation de semences de maïs OGM MON810 de Monsanto, le seul OGM autorisé à la culture en Europe et qui pourrait être cultivé en France sur 30.000 ha en 2007 selon les semenciers. L'Allemagne a pris cette décision sur le fondement de « la clause de sauvegarde » prévue à l'article 23 de la Directive européenne 2001/18, qui permet à un gouvernement d'interdire un OGM si des études scientifiques parues depuis l'autorisation de l'OGM indiquent qu'il existe des risques pour la santé et l'environnement. Le gouvernement allemand estime que, depuis l'autorisation donnée en 1998 au maïs OGM MON810, de nouvelles études montrent son impact sur les organismes non ciblés (papillons, insectes prédateurs...) et sur les sols. Face à ce risque, l'Allemagne a donc choisi le moratoire. De plus, l'interdiction de ce maïs est justifiée dans le décret par l'absence d'un plan de biovigilance que Monsanto, aurait dû fournir afin d'évaluer les éventuels impacts de cette culture, et qui est obligatoire selon la même directive.

Ainsi, l'Allemagne réalise ce que les associations de protection de l'environnement et les défenseurs de l'agriculture biologique ne cessent de réclamer pour la France, comme d'ailleurs 86% des Français et 62% des agriculteurs1. « C'est sans doute utile de discuter aujourd'hui d'un Grenelle de l'environnement, déclare Arnaud Apoteker, de Greenpeace France, mais il est urgent d'empêcher cette contamination génétique de l'environnement que tentent d'imposer les semenciers. C'est aujourd'hui qu'il faut un moratoire sur les cultures d'OGM en plein champ, avant la pollinisation. Avec l'Espagne, la France risque d'être l'unique pays européen qui cultive à grande échelle des organismes génétiquement modifiés.  »

Il ne s'agit pas bien évidemment de « mettre la France à l'écart de la recherche sur les organismes génétiquement modifiés  », comme le prétend le nouveau ministre de l'environnement, Alain Juppé, mais bien au contraire de tracer la limite entre la recherche, qui ne doit se faire qu'en milieu confiné, et ses applications, qui, lorsqu'elles consistent à disséminer dans l'environnement des OGM incontrôlables, sont clairement inacceptables.

A voir :

Décision du gouvernement allemand du 27 avril 2007 (en allemand)

Etudes scientifiques sur les probables effets néfastes pour l'environnement de la culture du maïs génétiquement modifié MON810