Actualité - 8 février, 2007
Le 06/02/07 - Greenpeace publie un rapport qui révèle que les plus grands exportateurs, transformateurs et distributeurs du riz du monde rejettent le riz OGM.
Le rapport «
L'industrie du riz en crise » (synthèse en français,
version complète anglaise
téléchargeable ici) revient sur l'impact des scandales de
contamination génétique qui ont marqué la fin de l'année 2006. Il
recense les prises de position des principaux industriels du
secteur contre les cultures de riz transgénique et fait le point
sur les conséquences économiques catastrophiques qu'a subies
l'industrie du riz.
La fin de l'année dernière a été marquée par les découvertes
successives de traces de riz transgénique interdit à la culture
partout dans le monde, dans des produits commercialisés en Europe,
en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. En cause notamment, le LL
601, un riz OGM provenant des Etats-Unis, fabriqué par Bayer et
cultivé à titre expérimental uniquement jusqu'en 2001. « Cette
affaire évoque l'image du battement d'aile de papillon qui change
la face de la planète, résume Arnaud Apoteker, responsable de
la campagne OGM de Greenpeace France. Quelques hectares de riz
transgénique expérimental ont réussi à contaminer les
approvisionnements mondiaux de riz. »
Partout dans le monde, ces scandales ont provoqué une levée de
bouclier. Le Japon a stoppé net ses importations de riz américain ;
l'Europe les a suspendues et a imposé des contrôles ; le plus grand
transformateur mondial de riz, Ebro Puleva, a arrêté de
s'approvisionner aux Etats-Unis. Chute des exportations, perte de
confiance des consommateurs, contrôles et tests supplémentaires,
retours de produits, annulations de commandes… L'industrie mondiale
du riz affiche des pertes qui se montent à 150 millions de dollars.
Et les experts estiment que les exportations de riz américain
pourraient chuter de presque 16 % en 2006-2007.
De nombreux acteurs du secteur se sont déjà retournés contre
Bayer. Des agriculteurs américains ont entamé des actions de groupe
contre l'entreprise qu'ils jugent responsable de la contamination
et des pertes financières dont ils sont victimes. Ils demandent à
Bayer des indemnités qui pourraient s'élever à plusieurs millions
de dollars. En plus de ces actions de groupe, des poursuites
individuelles ont également été lancées, et certains négociants
européens envisagent aussi d'engager des actions en justice. «
Bayer refuse aujourd'hui encore d'assumer ses responsabilités et
de payer pour les importants dégâts financiers qu'a causés son riz
OGM non autorisé », affirme Adam Levitt, avocat du cabinet Wolf
Haldenstein Adler Freeman & Herz, de Chicago, l'un des
importants cabinets d'avocats engagés contre Bayer.
« Cette contamination générale et le rejet complet du riz OGM
sur le marché montre clairement qu'il serait désastreux de le
développer à une échelle commerciale, reprend Arnaud Apoteker.
Bayer doit répondre des dommages causés à l'économie, au marché
mondial et à l'environnement de la contamination par le riz OGM de
2006. Et les gouvernements doivent s'opposer strictement aux
demandes d'autorisation de cultures de riz transgénique. »