Actualité - 5 juillet, 2007
Greenpeace a, cette dernière semaine, enchaîné des actions aux quatre coins de l'Europe pour interpeller les ministres de l'union Européen sur la nécessité de mettre en place un moratoire sur le maïs MON863. Déjà treize pays européens ont demandé à la Commission d’envisager l'interdiction de ce maïs, ce qui est une belle avancée.
Interview d'Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France.
L'action devant le ministère de l'Ecologie à Paris
Voir la vidéo de l'action en France
Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM chez Greenpeace France, devant le ministère de l'Ecologie
Quelle a été la stratégie de Greenpeace en amont du conseil des
ministres de l'environnement de l'Union Européenne ?
Arnaud Apoteker : Dans un premier temps, nous avons
envoyé par courrier, au ministère de l'Ecologie, nos demandes sur
ce maïs MON 863 et un rapport scientifique commandité par
Greenpeace qui démontre que lors des tests, les rats nourris avec
cet OGM ont été intoxiqués. Dans les jours précédents le Conseil
des ministres de l'Environnement de l'Union européenne où les
questions du maïs MON863 et de l'évaluation des risques des OGM
devaient être discuté ainsi que le jour même, Greenpeace a organisé
plusieurs actions dans différents pays européens pour attirer
l'attention des ministres de l'UE sur les incertitudes
scientifiques autour du maïs MON863 et les faiblesses des dossiers
d'évaluation réalisés par l'Autorité Européenne de Sécurité des
Aliments (AESA). A Paris, par exemple des activistes déguisés en
rats de laboratoire ont manifesté devant le Ministère de
l'Ecologie, de l'Aménagement et du Développement durables. Cette
action nous a permis, une nouvelle fois, de remettre à un membre du
cabinet du ministre Jean-Louis Borloo une lettre lui demandant de
se prononcer pour une interdiction du MON863. Le lendemain,
d'autres activistes étaient présents à Luxembourg devant le
bâtiment du Conseil pour réitérer cette demande et tenter de se
faire entendre.
Et les ministres vous ont entendus ?
A.A. : Oui ! A Luxembourg, la délégation française est
même allée discuter avec les militants de Greenpeace présents sur
l'action, pendant une bonne vingtaine de minutes, ce qui est un
signe de volonté de dialogue sur ces questions. D'autres
délégations ont fait de même, notamment la délégation irlandaise
(l'Irlande vient de se déclarer zone sans OGM) qui s'est fait
filmer devant notre action. Tout cela a été positif car au final,
douze Etats membres dont la France ont soutenu l'Autriche pour
maintenir la discussion sur le MON863 malgré un agenda très chargé.
L'Autriche a demandé à la Commission européenne d'envisager de
retirer l'autorisation de mise sur le marché de ce maïs
transgénique. Et donc au final, treize pays européens ont demandé à
la Commission d'envisager l'interdiction de ce maïs. C'est déjà une
première très belle avancée !
Quelles sont les prochaines étapes ?
A.A. : Les prochaines étapes sont à deux niveaux. Il faut
maintenant faire pression sur la Commission européenne, qui peut
décider ou non de suivre les demandes des ministres. Nous voulons
qu'elle reconnaisse les problèmes posés par le maïs OGM MON863, et
plus généralement qu'elle impose une révision radicale des
procédures d'évaluation des OGM afin de les rendre transparentes,
publiques, et contradictoires. Ces procédures ne doivent pas se
contenter d'avaliser sans réflexion les données des dossiers de
demandes d'autorisation des OGM, données qui sont fournies
uniquement par les industriels. Au niveau français, il faut que le
gouvernement soit cohérent avec les objectifs écologistes qu'il
s'est fixés et qu'il montre son soutien à l'Autriche et aux pays
qui ont pris un moratoire sur les OGM. Jean-Louis Borloo doit
immédiatement activer la clause de sauvegarde prévue dans les
textes européens pour interdire les importations du maïs MON 863 et
instaurer un moratoire sur la culture du maïs MON 810, le seul
autorisé à la culture et dont nous avons montré récemment qu'il
n'avait pas été évalué correctement.