Page - 18 juin, 2008
Tout le monde se souvient des campagnes « anti-gaspi » menées
dès la fin des années 1970 par l'Agence française pour la maîtrise
de l'énergie (ancêtre de l'Ademe).
Suite aux deux chocs pétroliers, la France a déjà mené avec
succès une politique d'économies d'énergie. Dans une note datant de
1987, la Direction générale des matières premières (DGMP) calcule
que le programme d'économies d'énergie mené depuis 1973 a coûté
100 milliards de francs et a permis d'économiser 34 millions de
tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) pour l'année 1987. Dans le même
temps, le programme nucléaire lancé par Pierre Mesmer a produit
56 Mtep, soit une quantité d'énergie du même ordre de grandeur,
pour un coût de... 500 milliards ! Et la DGMP de conclure :
« Cette comparaison met en évidence l'intérêt des économies
d'énergie pour la collectivité nationale. »
Pourquoi la France n'a-t-elle pas persévéré dans cette voie ?
Parce que, en 1985, le prix du baril s'est effondré, les pouvoirs
publics ont baissé la garde et sont repartis dans une logique de
consommation. Depuis, aucune politique d'économies d'énergie
ambitieuse, contraignant les entreprises à mettre sur le marché les
produits les plus effaces et incitant les consommateurs à les
acheter, n'a été menée.