Page - 20 juin, 2008
Le problème
En mars 2007, lors du sommet de Printemps, les chefs des États
européens ont entériné l'objectif d'économiser 20 % de la
consommation énergétique de l'UE par rapport aux projections
établies pour l'année 2020. Mais, contrairement à la réduction des
émissions de gaz à effet de serre et au développement des énergies
renouvelables, cet objectif d'efficacité énergétique ne revêt pas
de caractère juridiquement contraignant. Le paquet
« énergie climat », la feuille de route de la politique énergétique
européenne, ne traite pas de la maîtrise de la demande.
Or les mesures incitatives existantes (directive sur les
bâtiments, sur l'efficacité énergétique dans les utilisations
finales de l'énergie…) ont fait la preuve de leur inefficacité :
l'Europe gaspille aujourd'hui au moins 20 % de son énergie.
Industriels du bâtiment, de l'éclairage, de l'électroménager ou
encore de l'automobile ne contribueront à la réalisation des
objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que
s'ils sont suffisamment contraints. Ils ont également besoin de
signaux forts et clairs pour réorienter leurs investissements et
développer de nouveaux produits et services. Les experts du Giec
confirment que « la majorité des accords [volontaires] n'a pas
conduit à des réductions significatives des émissions au-delà de
celles correspondant à la poursuite des activités en cours ». À
l'inverse, les experts internationaux notent que « des
réglementations et des normes fournissent une certaine certitude
sur les niveaux d'émission » (rapport 2007).
La solution
Pour réduire sa consommation comme elle s'y est engagée,
l'Europe doit rendre contraignant l'objectif de 20 % d'économies
d'énergie d'ici 2020, à l'image de celui concernant les 20 %
d'énergies renouvelables. Ainsi, l'ensemble des textes traitant des
économies d'énergie devra être révisé et renforcé, pour s'inscrire
en cohérence avec cet objectif global et contraignant. La France
peut jouer un rôle majeur en ce sens durant sa présidence de
l'Union européenne : Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy doivent
mettre à l'agenda européen une proposition sur le caractère
contraignant des 20 % de réduction de la consommation
d'énergie.
D'autant qu'un objectif contraignant en matière d'efficacité
facilite la réalisation de l'ensemble des ambitions européennes en
matière de protection du climat. En effet, il est plus facile de
développer les renouvelables à hauteur de 20 % de notre
consommation d'énergie si cette consommation est maîtrisée - voire
réduite - que si elle est galopante !