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Avignon 3 mars 2007 - Action "révolution énergétique" sur le Pont d'Avignon (St-Benezet)

Actualité - 4 mars, 2007
Samedi 3 mars dans l'après-midi, une vingtaine de militants du groupe local greenpeace ont investit le célèbre Pont d'Avignon et déployé sur toute sa longueur et en surplomb de l'axe routier des banderolles proclamant "Il n'est pas trop tard", invitant - face aux dérèglements climatiques - la population et les élus à la révolution énergétique.
L’EPR (de l’anglais, European Pressurized Reactor), projet de réacteur à eau pressurisée, dit « révolutionnaire » ou « de troisième génération », développe une puissance électrique de 1 600 mégawatts (mW), quand ses prédécesseurs avoisinent une moyenne de 1 000 MW. Il est conçu pour utiliser jusqu’à 100 % de « Mox », un mélange de plutonium et d’uranium appauvri qui, une fois utilisé, est plus radioactif que le combustible à l’uranium normalement utilisé ! Le recours à cette énergie engendre ainsi des risques supplémentaires liés au retraitement, au transport et au stockage des déchets.

Par cette action des militants de Greenpeace l’objectif clairement affirmé vise, à court terme et en liaison avec l'actualité française, à interpeller tous les candidats à l'élection présidentielle pour qu'ils se prononcent pour l’abandon du projet du nouveau réacteur nucléaire EPR, le lancement d’un vaste plan de rénovation de l’habitat ancien (efficacité énergétique), le renforcement de la réglementation thermique existante pour le neuf et son élargissement aux bâtiments existants, le développement des énergies renouvelables thermiques pour couvrir les besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire. L'enjeu est que d’ici 2050 les pays limitent la hausse globale des températures à 2°C par une  réduction de 50% de l’ensemble des émissions de CO2. Cela veut dire réduire par 2 au niveau mondial les émissions de GES d’ici 2050 (par rapport au référentiel 1990). Pour la France et les pays occidentaux (principaux responsables actuels et historiques) cela veut dire diviser par 4 nos émissions ! Cet objectif est officiellement reconnu en France à travers le facteur 4, qui figure la loi d’orientation sur la politique énergétique française votée en 2005. Hausse considérée comme pouvant être gérable pour nos sociétés et au-dessus de laquelle un emballement climatique peut se déclencher (relâchement de CO2 par la biosphère, déstockage des hydrates de méthane…). Cette limite a été officiellement reconnue par la dernière réunion internationale de novembre à Nairobi. Or les accords de Kyoto prévoient une réduction de 5 % des émissions de gaz effet de serre d’ici 2012 alors qu'il faut les réduire de moitié d’ici 2050 pour contenir le réchauffement climatique !

Face à ces enjeux et tendances, le discours actuel et les choix proposés sont : continuons comme avant, faisons des mesures à la marge et reverdissons des vieilles technologies sales (nucléaire et séquestration du carbone). Des scénarios effectués par Global Chance montrent clairement que ces « solutions » ne sont pas concluantes et sérieuses : si on multipliait par 3 le parc nucléaire d’ici 2030, on n’économiserait que 9% des émissions prévues pour 2030; en développant un programme massif sur la séquestration (en limitant à 1000 km les tuyaux de CO2 entre les lieux de production et de séquestration) on ne réduirait que de 7% environ les GES. Greenpeace estime qu’il est possible de diminuer par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 ET de répondre aux besoins énergétiques de chacun SANS recourir au nucléaire et à la séquestration du carbone. Aujourd’hui personne ne peut, comme dans les années 70 ou 80, ne pas reconnaître les importants risques que constituent le nucléaire : déchets sans solutions, accident majeur et prolifération. Enfin, un tel développement du nucléaire nécessiterait des capitaux et des subventions si importants qu’il étranglerait les investissements nécessaires pour développer l’efficacité et les renouvelables. Les énergies renouvelables poursuivent une croissance impressionnante : de 30 milliards de dollars d’investissements en 2004 à 38 milliards en 2005. 10 pays ont installé plus de 300 MW d’éolien en 2005, contre 5 pays en 2004. A l’inverse, et contrairement aux annonces répétées depuis 30 ans, le nucléaire stagne (au mieux) et ne représente que 3% du marché mondial des infrastructures d’électricité. La France n’aurait pas besoin d’un EPR avant plusieurs décennies car elle produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme. 16 % de cette électricité sont exportés à perte à l’étranger, ce qui correspond à la production de dix réacteurs nucléaires ! L’EPR coûtera au minimum 3,3 milliards d’euros. Cet argent pourrait être utilisé pour produire autant d’électricité avec les énergies renouvelables, et créer ainsi quinze fois plus d’emplois, selon une étude publiée par la coopérative d’intérêt collectif Les 7 vents du Cotentin, spécialisée dans la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables.

En outre, il faut ajouter à ces 3,3 milliards d’euros les coûts de gestion des déchets nucléaires, non chiffrés, et surtout reportés sur les générations futures, comme l’est le coût du démantèlement des centrales, à prévoir dans à peine soixante ans.

Après avoir investit le Pont d'Avignon, les militants de Greenpeace se sont rendus sur la place du Palais des Papes et dans l'artère principale de la cité avignonaise pour informer et discuter avec la population.