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Italie - 22 juin 2006 - "Combattante de l'arc-en-ciel", Chapitre 13 : la campagne a commencé

Actualité - 24 juin, 2006
- Résumé des chapitres précédents - Le Rainbow Warrior a quitté Singapour le 9 mai 2006. Il vient d'atteindre l'Italie. A son bord, Anne, activiste du groupe local de Montpellier. Au cours du voyage l'équipage a entretenu le bateau, croisé des dauphins chasseurs de thons, bravé la tempête, été espionné, subi le racket du canal de Suez, pris quelques bains le dimanche dans la «piscine» du navire, rencontré l'Espéranza, autre bateau de la flotte de Greenpeace, et admiré des baleines et des tortues. Après quelques jours d'escale à Gênes le Rainbow part en campagne...

Chapitres précédents :
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La campagne a commencé

Jeudi 22 juin 2006

Cela fait trois jours que nous avons débuté la campagne contre les filets dérivants illégaux italiens, qui s'inscrit dans une campagne globale de sensibilisation à l'urgence de la protection de la Méditerranée, à la fois au niveau de la santé de ses ressources halieutiques (déclinaison des stocks) et à l'état de ses écosystèmes (destruction et pollutions diverses).

Cette campagne s'inscrit elle-même comme une des "manches" de la campagne internationale de Greenpeace "Un an dans la vie des océans", qui a débuté en décembre dernier dans l'océan Antarctique avec une campagne contre la chasse baleinière menée par la flotte japonaise, avec deux de nos bateaux : l'Espéranza et l'Artic Sunrise. L'Espéranza, le plus récent des deux navires, a ensuite continué vers les eaux ouest-africaines afin de documenter, repérer et aider à l'arrestation des navires de pêches illégaux qui pillent cette région au détriment des populations côtières locales pour lesquelles la pêche est une ressource vitale.

Puis le navire est ensuite arrivé en Méditerranée au mois de mai et a ouvert la campagne  "Protégeons notre Méditerranée", en documentant et traquant les thoniers-senneurs espagnols et plus particulièrement français qui ont la flotte de pêche la plus puissante et sont de cette manière fortement impliqués dans la raréfaction du stock de thons rouges en Méditerranée. (Depuis les années 90, 80 % du stock a disparu, ce qui compromet fortement l'avenir de l'espèce.)
Les dégâts de la pêche intensive du thon à la senne tournante (type de filet encerclant le banc de poissons) sont accentués par l'utilisation quasi systématique de fermes d'engraissement, dans lesquelles sont engraissés les poissons avant d'être vendus, ce qui facilite la capture de juvéniles ainsi que la non-déclaration des masses réellement capturées, donc une absence de réel contrôle des quotas. Les fermes d'engraissement sont également une source de pollution côtière par la concentration des déjections des poissons.

Pour prouver à quel point le thon rouge a disparu de la Méditerranée, l'Espéranza pendant plusieurs semaines a suivi quelques-uns des plus gros bateaux de pêche français, et n'a jamais eu l'occasion de passer à l'action car les pêcheurs n'ont tout simplement pas trouvé de thons !

Nous voilà donc ici avec le Rainbow Warrior pour continuer cette campagne pour la protection de la Méditerranée.
Les menaces sur cette mer sont de manière générale :
 - la pollution par diverses substances dont les hydrocarbures provenant de dégazages intentionnels ou d'accidents toujours plus fréquents dûs à un trafic maritime très dense : 2000 navires dont environ 300 pétroliers naviguent en permanence en Méditerranée, 370 millions de tonnes de pétrole y sont transportées en moyenne chaque année. La pollution par rejets de substances toxiques, d'eaux usées et de détritus plastiques depuis la côte est également non négligeable. Le fait que la Méditerranée soit une mer fermée accentue la concentration des polluants dans l'écosystème et la chaîne alimentaire.
- la surpêche dûe à une absence de management réellement efficace des pêcheries, avec une non-connaissance de l'état réel de certains stocks et un non-contrôle des quotas pour d'autres, une utilisation de méthodes de pêches illégales (filets dérivants) et destructrices (chalutage de fond), la présence de pêcheurs pirates (illégaux, non en règle et non déclarés) et l'intensification des outils de pêche à la pointe de la technologie pour dénicher le moindre banc de poissons.
Tout ceci mène à une raréfaction de la ressource de plus en plus évidente : ces dernières années les captures en Méditerranée et en Mer Noire approchaient les 1 500 000 tonnes, le double de ce qui était débarqué en 1950 ( 700 000 t), mais bien moins que les 2 000 000 de tonnes atteintes entre 1982 et 88. Les captures de nombreuses espèces ont atteint un pic à la fin des années 80 et sont maintenant en déclin.
- les dégâts provoqués sur la côte par le tourisme de masse et l'urbanisation non contrôlée, l'introduction d'espèces exotiques à l'écosystème ainsi que les menaces de changements climatiques sont également à prendre en compte.

Il y a un réel intérêt à protéger la Méditerranée : cette mer est une ressource économique et culturelle extrêmement importante partagée par de nombreuses différentes populations, elle représente un environnement riche et diversifié, avec de nombreuses espèces endémiques et des écosystèmes de haute importance.

Afin de sauvegarder la richesse de la Méditerranée pour les populations présentes et futures, Greenpeace demande la création d'un réseau de réserves marines à l'échelle globale le la Méditerranée, autant en haute mer que dans certaines zones côtières.
Les réserves marines, dans lesquelles toutes exploitations des ressources marines et minières sont interdites, sont le seul moyen de protéger les écosystèmes et assurer le maintien de la biodiversité et des niveaux de stocks soutenables.
Il a été démontré par le passé que la création de réserves marines permettait d'augmenter considérablement les stocks de poissons à leurs alentours et de ce fait pouvait assurer une pêche raisonnable et durable dans cette zone.
Au niveau planétaire, 40 % des mers et océans mériteraient une protection particulière type réserve marine si l'on voulait sauvegarder leur richesse et leur capacité à subvenir aux besoins des générations futures.

Alors, pas de temps a perdre, battons-nous pour les sauvegarder !

(A suivre...)