Le Jeudi 19 avril 2007, une délégation de six personnes a été reçue à
la DDAF de Perpignan, comprenant des membres du Collectif Anti-OGM 66, de la
Confédération Paysanne et de Greenpeace – dont trois apiculteurs.
Nous avons été reçus par le
Directeur de la DDAF, Monsieur Pasacal Augier, qui a déploré ne pouvoir
s’entretenir avec nous plus de dix minutes en raison de son agenda. Nous lui
avions fait parvenir par fax au préalable (deux jours auparavant) une lettre
(ci-dessous) lui exposant les questions que nous souhaitions aborder. Mr Augié
a dit n’avoir pris connaissance de cette lettre que la veille et n’avoir donc
pas eu le temps de nous répondre pour fixer un RV. Il reste disposé à nous
revoir ultérieurement. Il a confié à Mr Chevallier le soin d’approfondir avec
nous les points évoqués dans cette lettre et nous a quittés en s’engageant
oralement à nous fournir une réponse rapide par écrit.
Nous avons passé plus de 45mn
avec Mr Chevallier, chef du service économique, qui a eu à cœur de bien cerner
les questions et leur contexte avec nous et a pris beaucoup de notes.
- Concernant la question de savoir s’il existe des
demandes de cultures OGM sur le département, il a répondu NON. Nous lui
avons demandé si les activités du programme Génoplante menées en lien avec
l’Université ne comprenaient pas d’essais de cultures GM sous serre. Il a
répondu « pas à ma connaissance mais il faudrait vérifier. »
- Concernant la question des distances (50m)
préconisées mais non inscrites dans les décrets, il est apparu que Mr
Chevallier –dont ce n’est pas la mission- ignore le contenu des décrets et
les problèmes générés par la coexistence entre cultures GM et non GM. Nous
l’avons informé de l’expérience menée en Aquitaine à proximité des champs
de Mr Ménara établissant les faits de contamination, ainsi que de
l’existence de multiples rapports internationaux permettant d’affirmer
aujourd’hui que la coexistence est impossible. Nous l’avons également
informé des difficultés majeures auxquelles sont exposés les agriculteurs
soumis à des cahiers des charges bio ou à des labels de qualité, qui
voient leur activité mise en danger avec les cultures GM.
- La lecture de l’ensemble des points a fait dire à
Mr Chevallier que l’ensemble des
points lui paraissent à première vue relever davantage des missions du
SRPV et qu’il s’engage à voir ensemble avec ce service comment
s’articulent les missions respectives de la DDAF et du SRPV. Il nous a
appris qu’une antenne du SRPV existe à Perpignan.
- Il a affirmé
prendre conscience du flou juridique et des carences de définition des
missions incombant aux services décentralisés de l’Etat sur cette
problématique de coexistence des cultures GM et non GM.
Nous lui avons
fourni des informations concernant :
- La position des scientifiques affirmant les dangers
des OGM
- Les affirmations des experts officiels qui ne sont
pas légalement responsables des conséquences, des hommes politiques qui se
défaussent sur les experts, …au final personne n’étant responsable puisque
même les assurances refusent de couvrir les risques des cultures GM. Mr
Chevallier a alors demandé des précisions concernant les rendus des
experts : il a paru consterné d’apprendre que ce sont les firmes
elles-mêmes qui produisent leurs expertises et, comme on l’a vu avec le
MON 863, détournent les conclusions de leurs propres experts. Consterné
également d’apprendre que nous ne devons la vérité sur le MON 863 qu’au
travail d’un centre indépendant, le CRIIGEN et aux associations
écologistes.
- La situation économique catastrophique aux USA avec
la disparition en masse des abeilles (jusqu’à 70% du cheptel dans certains
états) –une étude scientifique du Pr Kaatz permettant d’établir un lien
possible entre ces disparitions et les cultures de Bt, et avec la
contamination du riz long Clearfield par trois variétés GM non autorisées
de Bayer qui plonge la filière dans le désastre.
- L’introduction des OGM dans le département par le
biais de l’alimentation destinée au bétail achetée en Espagne. Non
seulement les produits dérivés (lait, viande, œufs) sont contaminés (sans
être soumis à étiquetage) mais rien ne permet d’affirmer que le maïs
importé n’est pas utilisé –même par inadvertance- à des fins de semis,
notamment par les chasseurs qui ensemencent des parcelles de maïs à
destination des sangliers.
Nous avons
discuté de la problématique du fonctionnement des services décentralisés de
l’Etat : le gouvernement demande à ces services d’appliquer des décrets
sans leur donner les moyens de les appliquer. Plus grave, l’activité des
lobbies de l’industrie, visant à orienter les législations en faveur des
intérêts de l’industrie. Mr Chevallier a confirmé
que l’activité du lobby des semenciers le contraint à applique au département
des mesures inadaptées au terrain, la production semencière étant quasi
inexistante dans les Pyrénées Orientales.
Mr Chevallier
nous a remerciés de l’avoir alerté sur tous ces problèmes et nous a assurés
d’une prompte réponse.
Ayant appris
qu’une antenne du SRPV existe à Perpignan, nous nous sommes rendus sur place à
la suite. Le responsable de l’antenne, Mr ….(ne s’est pas présenté) a d’abord
refusé de nous recevoir « parce que nous n’avions pas RV » et a
finalement accepté de parler cinq minutes « pas plus » sur le pas de
la porte après l’explication de notre visite à la DDAF et notre découverte de
l’existence de l’antenne. Celle-ci ne comprend plus que trois fonctionnaires (6
au départ).
Mr … a déclaré
qu’il « n’a pas de dossier OGM. »
et que « cela n’est pas dans ses
attributions mais dépend du SRPV de Montpellier ». Ses attributions
comportent le contrôle des entrées de semences effectué par des prélèvements
ponctuels ou sur demande spécifique de Montpellier, et le contrôle des
pépinières (y compris celles de l’Aude). Mr.. a reconnu que dans les missions
du SRPV il y a bien les OGM mais « une partie seulement » a-t-il
précisé.
A suivre...
Nous lui avons
remis une copie de la lettre que nous avions destinée à la DDAF en lui
demandant de bien vouloir nous répondre par écrit pour nous dire ce qu’il
venait de nous dire oralement, à savoir que cela n’était pas dans ses
attributions. Il a répondu que seul son chef à Montpellier est en mesure de le
faire. Devant notre insistance (nous avons plaidé pour notre désir légitime de
compréhension des attributions respectives des différents services), il a dit
qu’il le ferait (sans conviction).