22 ans après, la catastrophe continue
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986 a eu lieu à la centrale nucléaire
de Tchernobyl la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire,
dont les conséquences perdurent et s’aggravent au fil du temps.
Dans les zones les plus touchées, des millions de gens dont condamnés à
consommer des productions agricoles contaminées, en particulier au
césium. En Ukraine et Biélorussie, l’espérance de vie diminue
continuellement, les maladies s’aggravent, les malformations génétiques
se multiplient...
Un nouvel accident comparable à Tchernobyl peut survenir n’importe
quand, dans tous les pays exploitant le nucléaire, y compris en Europe
de l’Ouest. Il s’en est ainsi fallu de peu en 1999 dans l’estuaire de
la Gironde (centrale du Blayais), en 2006 en Suède (centrale de
Forsmark), ou encore en 2007 à Kashiwasaki (Japon).
Le samedi 26 avril, dans le monde entier, des actions ont lieu pour dénoncer le risque nucléaire :
http://www.chernobyl-day.org
L’Organisation Mondiale de la Santé est bâillonnée sur le nucléaire !
Du fait d’un accord datant de 1959, l’OMS (Organisation Mondiale de la
Santé) n’a pas le droit de s’exprimer ou d’enquêter sur le nucléaire et
ses conséquences sans l’aval de l’AIEA (Agence Internationale de
l’Energie Atomique). Cela concerne en premier lieu les conséquences de
Tchernobyl, mais aussi celles des essais nucléaires et des rejets
quotidiens de la filière nucléaire en fonctionnement "normal".
L’étude des conséquences de la radioactivité sur la santé humaine, en
particulier des faibles doses ingérées, est donc muselée. Depuis le 26
avril 2007, tous les jours ouvrables, entre 1 et 3 personnes se
relaient en permanence devant le siège de l’OMS à Genève pour exiger de
cette instance qu’elle reprenne son indépendance... et fasse enfin la
vérité sur les conséquences sanitaires du nucléaire.
Le collectif brestois (AE2D, les Verts, Belarus ha Breiz, Greenpeace,
LCR, ...) dénonce la politique de prolifération nucléaire de la France.
NUCLEAIRE MILITAIRE
Par la modernisation de son armement et la préparation de nouvelles
armes nucléaires, la France bafoue de plus en plus le TNP (Traité de
Non-Prolifération) qu'elle a signé. En voulant imiter la doctrine
américaine de "guerre préventive", elle aggrave les risques de
prolifération nucléaire. Que nos futures armes soient à une ou six
têtes nucléaires, elles restent des armes de destruction massive !
A la pointe de la Bretagne, se trouvent 288 têtes nucléaires, ce qui
représente 2000 fois la puissance destructrice d’Hiroshima. Comme si
cela ne suffisait pas, la France continue de développer son arsenal
notamment avec la construction de nouveaux missiles M51, qui
transportent des mini-bombes.
Le PPI (Plan Particulier d'Intervention) concernant Brest, la Rade,
l'Ile Longue et la presqu'île de Crozon, annoncé depuis 1996, récemment
révisé, n'est toujours pas appliqué. Les exercices de sécurité civile
sont inexistants, les plans communaux de sauvegarde toujours en
gestation…
NUCLEAIRE CIVIL
La France et la Finlande portent les espoirs de l'industrie nucléaire
en Europe : ils souhaitent construire chacun... un réacteur, l'EPR du
français Areva. Le chantier finlandais, le seul à être lancé, est un
véritable calvaire : officiellement 18 mois de retard officiellement,
au moins trois ans en réalité. Le constructeur Areva perdrait dans
l'affaire près d'un milliard d'euros. On ne saurait trop conseiller à
la France de renoncer à construire l'EPR prévu à Flamanville.
Du fait de l'activisme pro-nucléaire du président français Sarkozy, qui
n'a de cesse de vouloir livrer des réacteurs à des dictateurs comme
Kadhafi, les citoyens français ont une responsabilité particulière :
ils doivent donner l'exemple de l'opposition au nucléaire, cette
énergie qui nuit autant à la démocratie qu'à la santé et à
l'environnement.
Le démantèlement du bloc réacteur de la centrale de Brennilis, suspendu
par le Conseil d'Etat, se voulait exemplaire et devait servir de
vitrine. Or, l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), suite à une
inspection, a constaté de graves anomalies et a "épinglé" EDF. Il y a
de quoi s'inquiéter ! Le démantèlement entraînera des rejets à des
niveaux comparables à ceux d'une centrale nucléaire en fonctionnement.
Le risque permanent pour les travailleurs, la population et
l'environnement, ajouté à la complexité et la difficulté des opérations
de démantèlement de la centrale de Brennilis nous laissent penser qu'en
matière de démantèlement le pire est à venir.
La mise en oeuvre massive de plans d'économie d'énergie et de
développement des énergies renouvelables est la seule parade face à la
montée inéluctable du prix du pétrole et de l'électricité nucléaire, et
la raréfaction puis l'épuisement des matières premières.