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Ramonville (31), 19 Juin 2004 : Formation "Les collectivités térritoriales face aux cultures OGM"

Actualité - 30 août, 2005
Le collectif DANGER OGM 31, dont Greenpeace fait partie, s'est constitué il y a 3 ans en réponse aux expérimentations d'Organismes Génétiquement Modifiés (1). Son rôle : mettre en évidence le manque de transparence autour des essais en plein champ et dénoncer les risques associés, informer les citoyens mais aussi les représentants des collectivités.

Un élu n'a légalement pas pouvoir à s'opposer à un essai sur sa commune. Pourtant le rôle d'un élu n'est-il pas d'assurer la cohabitation de ses administrés - est-ce possible lorsqu'une exploitation biologique se trouve à proximité d'un essai ? - et leur sécurité, notamment sanitaire - comment faire sans études scientifiques viables et sans un recul suffisant ? -.
Fort de ce constat , le collectif s'est associé au Cédis pour organiser une journée de formation destinée aux élus des collectivités locales. Pour cette deuxième édition du 19 Juin au sein de la Maison de l'Economie Solidaire, nous avons accueilli une vingtaine de participants, représentant 13 collectivités.

Lorsque les techniques dépassent les sciences…
Après un café d'accueil " bio et commerce équitable ", la journée de travail a pu commencer par une intervention de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherche de l'Institut National de Recherche Agronomique. Au cours d'un exposé d'une heure sur l'état des sciences et des techniques suivi d'un questions-réponses, l'accent a été mis sur cette mystification techno-scientifique de la biologie marchande (2) qui tend à une réduction du vivant. A ce jour, les techniques sont largement en avance sur les sciences. Si nous sommes à même de créer toutes sortes d'organismes génétiquement modifiés, qu'il est plus juste d'appeler " Chimère (3) ", aucune étude scientifique sérieuse n'est capable d'en connaître les conséquences. C'est donc dans un flou total que des transnationales se lancent avidement dans la diffusion d'organismes nouveaux, mais inutiles, sous couvert de progrès et à grands coups de slogans marchands, " de roublardises sémantiques ". Au cours de son intervention, Jean-Pierre Berlan a pu dénoncer une agriculture chimérique en train de se livrer à un véritable Hold-up sur le vivant, de faire la main basse sur les ressources génétiques, d'achever la mise sous tutelle des agriculteurs et la confiscation de notre alimentation et de notre santé (2).

OGM : derrière les slogans la réalité économique…
Epaulées par leurs experts en communication, les firmes semencières exposent au grand public leur altruisme au travers de recherches sur de nouveaux alicaments, médicaments, sur des solutions possibles contre la faim dans le monde. Une remise à plat des véritables enjeux économiques liés aux OGM devait être faite. Pour Arnaud Apoteker, biologiste et responsable de la Campagne OGM au sein de Greenpeace France, " les OGM s'inscrivent dans la logique de l'évolution d'une agriculture intensive. Après avoir épuisé les sols, combattu les ravageurs à grand renfort de pesticides, l'objectif pour les pétrochimistes-semenciers est à présent de rendre l'agriculture indépendante du sol, du climat afin d'inonder le marché mondial de LA variété - Monsanto, Bayer, Pioneer ou autre - ". 99% des plantes génétiquement modifiées cultivées sont des plantes insecticides ou tolérantes à un herbicide de même marque - double profit -. On est ici bien loin de la vitrine bienfaitrice.

Après un repas, occasion pour les participants de partager leurs expériences, l'après midi était orientée sur l'action. Que peut faire un élu pour faire appliquer le principe de précaution dans son espace d'administration ? Comment privilégier une agriculture soutenable, une alimentation saine dans les cantines collectives ? En plus de la richesse des interventions, l'accent a été mis sur l'échange d'expérience des différents participants.

OGM : les aspect juridiques…
Sylvie Roquain, avocate et spécialiste de la question des OGM
, est revenue sur les textes de loi encadrant les OGM et sur les points essentiels à mettre en avant lors de la rédaction d'un arrêté. Comme pour celui pris par le Maire de Mouchan, son sixième, un arrêté doit être limité dans le temps et dans l'espace - par exemple autour d'une exploitation biologique -. Juridiquement, un arrêté peut toujours être annulé par le tribunal administratif mais le temps ainsi gagné est précieux car, derrière, certains scientifiques et associatifs travaillent à faire respecter le principe de précaution.

Eduquer à l'alimentation…
Le combat des OGM c'est aussi faire prendre conscience aux gens de l'importance d'une alimentation saine et respectueuse de notre environnement. Stéphane Durant, technicien-animateur de l'association " Un Plus Bio ", a souhaité insister sur la " démarche éducative qui permet de proposer régulièrement des repas à base de produits biologiques " dans les cantines collectives. L'accompagnement proposé par Un Plus Bio repose sur l'éducation des convives, enfants ou adultes, mais aussi du personnel encadrant et des cuisines avec comme support pour ce projet éducatif , la ferme. Manger bio représente indéniablement un surcoût, mais de valeur !

Non, il n'est pas trop tard…
Cette journée aura permis aux élus d'acquérir un certain nombre de notions sur la problématique des OGM mais aussi des outils pour faire valoir leur pouvoir de représentant des citoyens d'aujourd'hui et de garant du bien vivre des citoyens de demain. Les OGM sont une illustration des dérives de notre société mais, même si la pression est forte, la résistance (4) a permis de maintenir un espoir face au tout chimérique. Merci aux élus présents pour leur engagement.


Notes :
(1) Avec plus de 40 expérimentations annoncées en 2004, Midi-Pyrénées comptabilise les 2/3 des essais français.
(2) Extrait de " La guerre au vivant ", Jean-Pierre Berlan, Ed. Agone
(3) " Chimère fonctionnelle " était le terme utilisé pour la première manipulation génétique dont le brevet fût accordé à Boyer et Cohen.
(4) Toutes les études de consommation effectuées depuis 1999 dans les 15 Etats membres de l'Union européenne (avant son élargissement) indiquent un rejet franc et massif des aliments transgéniques. Les résultats indiquent de façon régulière que 70 à 80% des citoyens européens réclament l'étiquetage des aliments transgéniques et que 60 à 70% d'entre eux ne veulent pas acheter d'aliments transgéniques

Bibliographie :
" La guerre au vivant ", Jean-Pierre Berlan, Ed. Agone "
Du Poisson dans les Fraises ", Arnaud Apoteker, Ed. Decouverte

Contacts :
Collectif " Danger OGM 31 " :

Organisme de formation " Cédis " :
Association " Un Plus Bio " :

Greenpeace Toulouse :