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Action sur les cages à thon espagnoles

Actualité - 30 août, 2006
30/08/2006 - Des militants de Greenpeace ont aujourd'hui symbolisé un "cimetière du thon rouge" à l'intérieur d'une ferme d'engraissage de thons en Espagne, à l'aide de croix mortuaires factices et d'une banderole flottante : « Thon rouge - repose en paix - 1996-2006 ». Greenpeace renouvelle sa demande de moratoire sur l’exploitation du thon rouge en Méditerranée et l'établissement d'un réseau de réserves marines afin de protéger 40 % de cette mer et permettre ainsi la régénération des stocks de poissons(1).

Cage circulaire dans laquelle les thons capturés en mer sont acheminés vers les fermes d'engraissage

« Ces fermes d'engraissage représentent une industrie directement responsable de la disparition du thon rouge en Méditerranée, déclare Sébastian Losada de Greenpeace Espagne à bord du Rainbow Warrior (2). Une poignée d'acteurs économiques, aidés et financés par l'Union européenne, emploie actuellement des flottes de pêche pirates pour engraisser le thon rouge dans le seul but de faire fructifier leurs investissements. Cette stratégie à court terme est à la fois dangereuse pour la ressource et pour les pêcheurs artisanaux, premières victimes de cette surexploitation. »

Carthagène devait représenter la dernière escale d'une tournée de trois mois effectuée par les bateaux de Greenpeace en Méditerranée cet été mais, comme à Marseille, les autorités ont soudain décidé de refuser l'accès du bateau au port... Pourtant, ce périple a confirmé les pires craintes de l'organisation : les pêches au thon réalisées au large, notamment par les flottes espagnoles, françaises et turques, se caractérisent souvent par des pratiques illégales, la non-application des réglementations existantes et des quantités de prises au-dessus des quotas alloués. Au rythme actuel et sans aucune mesure concrète de contrôle et de régulation, ces flottes de pêche auront bientôt pillé la ressource en thon rouge. En Italie, les filets dérivants, ou "murs de la mort", l'une des pratiques de pêche les plus destructrices, sont par exemple toujours utilisés au mépris de leur stricte interdiction.

« La Méditerranée a désespérément besoin d’être traitée autrement, analyse Karli Thomas de Greenpeace International. Seul un réseau de réserves marines permettrait de le garantir. Les grandes flottes de pêche industrielles sont hors de contrôle tout comme les fermes d'engraissage de thons rouges. Cette  situation ne peut plus durer et l’ensemble des flottes méditerranéennes doivent être mieux régulées et plus surveillées. »

Un premier pas dans la bonne direction peut être fait en Novembre à Dubrovnik en Croatie lors de la réunion de la Commission des Nations unies en charge de la gestion des thonidés de l'Atlantique, la Cicta (ou ICCAT en anglais). « La France et l’Union européenne doivent tout mettre en place pour faire appliquer un moratoire sur l’exploitation du thon rouge en Méditerranée tant qu’il n’y aura pas de certitude sur le renouvellement des stocks. Pouvoirs publics et pêcheurs industriels doivent prendre acte des avertissements des scientifiques et cesser une fuite en avant irresponsable pour la Méditerranée et pour l’avenir de la pêche  » termine Ludovic Frère, responsable du pôle biodiversité à Greenpeace France

Notes:

1. voir nos rapports sur les réserves marines en Méditerranée et le thon rouge disponibles sur www.SOStamer.org

2. L'industrie du thon rouge est responsable de prises dépassant d'au moins 18 000 tonnes le quota légal et a touché plus de 34 millions de dollars de subventions européennes dans la dernière décennie. Les fermes d'engraissage ont une capacité d'au moins 51 012 tonnes représentant plus de … 50% du Taux de Capture Autorisé (TAC) adopté par la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de L'Atlantique (Cicta/ICCAT).