Actualité - 22 août, 2006
22/08/2006 - Alors que Greenpeace n’a toujours pas reçu de réponse formelle et écrite de la Communauté Urbaine de Marseille sur le séjour du Rainbow Warrior dans le Vieux Port, l’organisation écologiste tient à souligner que la pérennité du thon rouge en Méditerranée dépasse largement un conflit local entre Greenpeace et certains pécheurs. Tant en matière de diagnostic que de solutions, de nombreux acteurs sont impliqués.Interview video de Stephan Beaucher
Arrivée des thoniers senneurs au port de Marseille dans la
journée de lundi 21/08
Les autorités françaises, les scientifiques français et des
Nations-Unies, en particulier ceux de l'ICCAT*, s'accordent avec
les associations écologistes sur le niveau de surexploitation du
thon rouge en Méditerranée : autour de 50 000 tonnes péchées
l'année dernière, contre 32 000 tonnes autorisées et 28 000 tonnes
recommandées par les scientifiques. Le niveau de pêche illégale en
France est similaire à celui enregistré dans l'ensemble de la
Méditerranée, entre 40 et 50% (6 000 tonnes autorisées mais 9 500
déclarées à Eurostat** en ce qui concerne la France).
« La question du thon rouge ne peut se résumer à un conflit entre Greenpeace et quelques pécheurs dont les pratiques sont unanimement reconnues comme très prédatrices par les scientifiques et les autorités publiques. C’est maintenant aux autorités françaises, européennes et à l’ICCAT de fixer de nouvelles règles du jeu qui préservent la ressource et l’avenir des pêches responsables. Les règles actuelles sont insuffisantes et inappliquées. Il faut en changer si on ne veut pas que le thon rouge disparaisse de Méditerranée. »
déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace
France.
« Face à la menace qui pèse sur le thon rouge, l’État français et l’Union Européenne doivent maintenant prendre leurs responsabilités et proposer un moratoire sur l’exploitation de ce stock »
ajoute Stéphan Beaucher, chargé de campagne océans de Greenpeace
France.
Au-delà de la survie du thon rouge en Méditerranée, c'est
l'avenir des océans dans leur globalité qui est en question. Il est
aujourd'hui nécessaire de mettre en place des solutions concrètes
pour que ces écosystèmes complexes et fragiles continuent d'exister
et de se développer. La seule solution aujourd'hui viable est la
création de réserves marines à l'échelle internationale.
Greenpeace demande la protection de 40% des océans, soit pour la
Méditerranée la mise en place de 23 réserves marines. « Les pouvoirs publics doivent enfin prendre des mesures à la hauteur des enjeux de préservation des océans et instaurer à l’échelle nationale et internationale des réserves marines englobant 40% de la superficie des océans et de la Méditerranée »
conclut Stéphan Beaucher.
Notes:
* ICCAT : International Commission for the Conservation of
Atlantic Tuna
** Eurostat : Instance européenne chargée de la collecte et de
l'harmonisation des statistiques des états-membres.